Rashid Imrith entamera lui aussi une grève de la faim demain, à partir de midi. C’est ce qu’il a annoncé au Mauricien à la mi-journée, aux côtés de Boopa Brizmohun, qui en est à son deuxième jour de grève. À l’heure où nous mettions sous presse, aucun ministre ou personnalité n’avait encore rendu visite à la gréviste. Toutefois, les fonctionnaires étaient nombreux à témoigner de leur solidarité envers la secrétaire de la GGSU. Rashid Imrith les a également invités à se préparer à un jour de désobéissance civile.
« Les visites et les discussions engagées avec les fonctionnaires au cours de ces deux jours ont renforcé les raisons de la grève de la faim. Je suis plus déterminée, j’irai jusqu’au bout. » C’est en ces termes que Boopa Brizmohun s’est exprimée après son premier jour de grève. Elle estime que « quand on croit dans sa lutte, rien n’est difficile. »
Rashid Imrith annonce ainsi qu’il rejoindra Boopa Brizmohun à partir de demain. Il estime que cette grève de la faim a permis au public de prendre conscience de la situation. « Même ceux qui avaient accepté le rapport reconnaissent aujourd’hui le bien-fondé de la grève de la faim. » Rashid Imrith salue également la solidarité des autres syndicalistes. Pour lui, « si on en est là, c’est en raison du manque de dialogue entre l’État et ses stakeholders ». « Le gouvernement a mal interprété sa victoire de décembre 2014. Il croit avoir eu un chèque en blanc de l’électorat. Quand on refuse de recevoir les fédérations syndicales, c’est un signe d’arrogance. »
Rashid Imrith regrette que les recommandations faites au PRB avant la publication du rapport aient été ignorées. Il dresse un parallèle avec le rapport de 1987 qui avait soulevé des mécontentements. « À cette époque, sir Anerood Jugnauth était Premier ministre et sir Gaëtan Duval Deputy Prime Minister. C’est suite à des discussions avec ce dernier que Donald Chesworth avait été appelé à corriger les erreurs du PRB. Idem en 2012 quand Dev Manraj a été appelé pour la même tâche. »
Mais pour le présent exercice, estime Rashid Imrith, il y a « un manque de dialogue. » L’intervenant lance dès lors un appel aux autres syndicalistes à se joindre au mouvement et demande aux fonctionnaires individuellement à se préparer à un jour de désobéissance civile. Rashid Imrith fait ressortir que ces chamboulements dans la fonction publique surviennent au moment même où Maurice s’apprête à signer le Decent Work Country Programme avec l’Organisation internationale du travail. À cet effet, il invite le PRB à s’inspirer du Decent Work Country Programme pour rétablir le dialogue social.
Rappelons que la GGSU conteste le rapport du PRB rendu public le 1er avril dernier et qui selon le syndicat comprend des recommandations allant « à l’encontre de la classe des travailleurs. »