« La liberté sans le civisme, la liberté sans la capacité de vivre en paix, n’est absolument pas la vraie liberté ! » [Nelson Mandela – 1918-2013]

JACQUES DINAN

Une haie est, selon le dictionnaire, une structure végétale linéaire associant arbres, arbustes et arbrisseaux, sous-arbrisseaux et autres plantes indigènes qui poussent librement, ou sont entretenus pour former une clôture entourant une unité foncière.

Deux mots de la définition ci-dessus retiennent notre attention et méritent que nous les soulignons : « … structure végétale linéaire … » et «… sont entretenus … »

 

L’illustration ci-dessus est un exemple flagrant des nombreuses haies hors normes de nos villes et villages. Faute d’être linéaires et faute d’être entretenues, ces haies gagnent graduellement en largeur et finissent par empiéter une bonne partie de la rue. Les piétons sont alors obligés de marcher au milieu de la rue ou encore de la traverser et marcher du mauvais côté avec tous les risques que cela comporte de marcher avec les véhicules à l’arrière de soi. Quant aux cyclistes, motocyclistes, automobilistes et chauffeurs de poids-lourds, ils n’ont pas d’autre choix, lors de croisements de véhicules, de se frotter à la haie au risque de se blesser, de rayer leur véhicule ou même d’accrocher le véhicule venant en sens inverse !

Il fut un temps où les autorités locales veillaient de près afin que les haies n’empiètent sur la voie publique. Tout contrevenant recevait rapidement une note des autorités l’intimant à entretenir sa haie, faute de quoi il serait passible de poursuite !

Sans doute, les autorités croient plus aujourd’hui au sens de responsabilité des riverains des rues de nos cinq villes et de nos villages et s’attendent à ce que ceux-ci agissent de leur propre chef sans qu’ils doivent y être contraints. Ils y croient à tort, semble-t-il, puisque les exemples ne manquent pas de ces haies envahissantes et débordantes qui constituent de vrais dangers pour tous.

D’autres riverains vont même plus loin et se débarrassent de vieilles voitures, de vieux réfrigérateurs, de meubles de toutes sortes, entre autres, en les déposant au bord des rues ou encore dans les caniveaux. Ces derniers, ainsi obstrués d’ailleurs, ne peuvent évacuer les eaux de pluie et sont souvent causes d’inondations ! Quant aux objets ainsi jetés dans la nature, ils retiennent l’eau de pluie et contribuent à la multiplication des moustiques !

Certes, de telles fautes ne sont attribuables qu’à une minorité de personnes. Toutefois, si rien n’est fait pour éviter la propagation de telles fautes, de telles pratiques irresponsables, celles-ci serviront vite d’exemples et deviendront rapidement la norme !

Il est essentiel de veiller à ce que les bonnes pratiques soient encouragées et respectées. C’est à ce prix que l’esprit civique pourra progresser dans notre île Maurice cinquantenaire pour le mieux-être non seulement des 1,27 million de Mauriciens résidents mais aussi des quelque 1,4 million de touristes qui nous visitent chaque année.

Souhaitons qu’à l’instar de Nelson Mandela, ceux qui nous gouvernent nous servent d’exemples et nous encouragent à développer davantage notre sens patriotique, en cette année jubilaire de notre pays, afin que nous ayons à cœur le bien commun et qu’il prime sur nos intérêts personnels.  Sans nul doute, notre société en sortira grandie !