À moins de deux mois des Championnats d’Afrique prévus au Cameroun (7-16 mai), les leveurs se cherchent toujours, car aucun d’entre eux n’a réussi à réaliser les minima samedi lors de l’épreuve qualificative tenue au centre national d’entraînement à Vacoas. Le comité technique se réunira toutefois demain pour désigner ses représentants, soit probablement deux en masculin et deux en féminin.
Les meilleurs du lot sont restés loin des marques qualificatives qui, il faut bien dire, n’étaient pas aussi élevés qu’on pourrait le penser. Les minima ont été établis en se basant sur les 4e ou 5e performances réalisées l’an dernier courant septembre aux Jeux d’Afrique au Congo-Brazzaville. L’épreuve qualificative avait été d’ailleurs repoussée de fin février à samedi afin de permettre aux meilleurs qui s’entraînent sur place de valider leurs tickets. Mais dans le giron, on est d’avis que d’ici à l’événement, les performances ne devraient pas s’améliorer au point d’atteindre la qualification vu qu’il n’y aura pas une autre épreuve de sélection.
Toujours est-il que le comité technique devra trancher demain en tenant compte fort probablement des performances qui se situent les plus proches des minima imposés. « On va désormais se concentrer sur les Championnats d’Afrique qui sont qualificatifs aux Jeux Olympiques de Rio. La seule qui pourrait à ce jour accrocher une médaille au plan individuel reste Roilya Ranaivosoa (ndlr : elle est en stage de préparation depuis fin janvier en Roumanie). Si elle est quasi assurée d’une médaille, elle cherche néanmoins à améliorer ses marques, soit 80 kg à l’arraché et 100 kg à l’épaulé-jeté pour décrocher sa place à Rio », analyse l’entraîneur national, Ravi Bhollah. La Fédération internationale d’haltérophilie rendra publique sa liste définitive des qualifiés le 20 juin prochain, indique-t-il.
Parmi les athlètes qui ont malgré tout réussi à se mettre en évidence, on retient les noms d’Emmanuella Lent-Labonne et Jonathan Coret, tous deux en -69 kg qui ont été élus meilleurs athlètes masculin et féminin, alors le juniors Anthony Madanameetoo a repoussé ses limites en battant ses records nationaux jeunes et juniors. L’athlète de 17 ans a réalisé 110 kg à l’arraché et 132e kg à l’épaulé-jeté au 3e essai pour culminer à un total olympique de 242 kg. Il avait raté ses deux tentatives précédentes.
« Je dédie ces records à Yvan Pierrot et à toute sa famille. C’est vraiment dur. Son absence est très ressentie. On pense toujours à lui dans des moments pareils », confie-t-il. Il dédie aussi ses records à sa famille, ses coéquipiers, et remercie le Trust Fund, la fédération et le MJS. « Ma préparation a débuté depuis l’an dernier. J’espère que je serai en forme en décembre pour les Championnats nationaux. »
Et la qualification pour les Championnats d’Afrique ? « Je ne suis pas déçu de pas m’être qualifié. Mais je suis content d’être là en sachant d’où je reviens. » Il avait écopé d’une année de suspension pour dopage avant sa participation aux Jeux des îles en août dernier à La Réunion.
S’agissant des deux meilleurs athlètes de la compétition, on note qu’Emmanuella Lent-Labonne a été créditée de 77 kg à l’arraché et 95 kg à l’épaulé-jeté au 2e essai (total olympique 172 kg). Elle avait raté d’entrée 75 kg, puis 80 kg au 3e à l’arraché et 100 kg au 3e essai à l’épaulé-jeté.
Jonathan Coret a soulevé 95 kg à l’arraché et 120 kg à l’épaulé-jeté pour un total olympique de 215 kg. Il a échoué à 100 kg à l’arraché et par deux fois à 125 kg à l’épaulé-jeté. À la table de cotation Sinclair, les deux leveurs enregistrent respectivement 223.512 pts et 310.585 pts.