« Peu d’entreprises perçoivent la richesse, la motivation et, bien souvent, la pugnacité des personnes en situation de handicap. Elles passent à côté de véritables perles pouvant apporter une véritable plus-value économique. » C’est ce que fait ressortir Philippe Balin, directeur de Cap Humanis, une Ong française spécialisée dans la formation de personnes handicapées qui, à la demande de la Global Rainbow Foundation (GRF), a accompagné nombre de personnes se trouvant dans un contexte similaire. Cap Humanis soutient qu’il est urgent d’informer et de sensibiliser les entreprises et que « l’État doit donner l’exemple ».
Consultant en matière de formation à l’emploi, Philippe Balin explique d’emblée pourquoi on devrait désigner les personnes touchées par un handicap par “personne en situation de handicap” et non “handicapé”. Selon le directeur de Cap Humanis, « la situation du handicap ne réduit pas la personne à un handicap généralisé, mais plutôt à un ensemble de capacités et d’incapacités; plutôt que de dire “personne handicapée”, il est fortement recommandé d’évoquer la personne comme étant en situation de handicap ».
Analysant la compatibilité entre la situation de handicap et l’employabilité, Philippe Balin déclare que ces personnes sont privées, dans leur grande majorité, de leur droit au travail. « Elles sont obligées de faire appel à la solidarité de l’État et/ou du concitoyen, ce qui les place dans un état de dépendance économique et renforçant leur désavantage. » L’accès à la citoyenneté, souligne-t-il, se définit par « la faculté pour un individu d’aller et venir, de satisfaire ses besoins fondamentaux, se nourrir, se soigner, avoir une vie affective, d’étudier, de se former, se cultiver, et de vieillir dans de bonnes conditions de confort et d’intégrité ».
Philippe Balin est d’avis qu’il faut exercer une discrimination positive en guise de compensation. « La discrimination positive consiste à favoriser des personnes en situation de handicap, à travers la loi ou des aides financières, pour compenser les différences qui empêchent l’individu de trouver du travail ». Selon lui, « Maurice a réagi en décrétant que les entreprises comptant 45 employés ou plus ont l’obligation d’embaucher 3% de personnes en situation de handicap ». Mais bien souvent, les personnes souffrant d’un handicap sont sans-emploi à cause de la méconnaissance des particularités de leur handicap. « Les entreprises ne perçoivent pas la richesse et la pugnacité de ces personnes. » D’où l’urgence d’informer et de sensibiliser les entreprises.
« Des aménagements et des accompagnements par l’État ou des Ong sont possibles. » Outre la sensibilisation des entreprises, il importe, selon lui, d’informer les personnes concernées par un handicap de leurs droits, opportunités et capacités, et de les former afin qu’elles soient adaptables aux exigences de l’entreprise. Les décideurs doivent également être sensibilisés pour qu’ils renforcent le cadre de la loi, augmentent l’information et revoient les pénalités auprès des entreprises ne respectant pas cette discrimination positive. « L’État doit lui-même être irréprochable et donner l’exemple à travers une vraie campagne de sensibilisation, d’actions et d’embauche de personnes en situation de handicap. »