HANDISPORTS – NON-RESPECT DES RÈGLEMENTS: Les élections du MPC renvoyées 

L'Assemblée générale élective du Mauritius Paralympic Committee (MPC) qui s'est tenue lundi après-midi, au siège de Lizie Dans La Main, à Curepipe, n'a pu prendre fin en raison de la contestation des membres de la Mentally Handicapped Persons Sports Federation (MHPSF). Contestation justifiée selon son président Jean-Marie Malépa et ce, en raison du non-respect des règlements. Après deux heures de discussions sans réels débouchés, le président du MPC, Reynolds Permal, représentant de la Visually Handicapped Persons Sports Federation (MHPSF), a finalement décidé de renvoyer les élections à une date ultérieure à la suite d'une motion de Jean-Marie Malépa, secondée par Aneeraw Succaram.
Week-End l'avait prédit dimanche dernier : les élections MPC allaient être tendues compte tenu des problèmes évoqués au cours de ces derniers mois. Au final, les élections ont été reportées, et ce, à la satisfaction de Jean-Marie Malépa. « Une chose est sûre : nous avons perdu deux heures pour rien, alors que ceux censés avoir la responsabilité du MPC auraient dû prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer le bon déroulement de ces élections. Or, il est malheureux de constater que certains avaient d'autres idées en tête, autre que l'intérêt du handisport et des handisportifs », a-t-il déploré.
D'emblée, le président de la MHPSF a déploré qu'aucune mesure n'avait été prise pour que l'assemblée générale de lundi dernier se déroule en présence d'un electoral supervisor. « J'ai adressé une requête à la secrétaire (Ndlr : Véronique Marisson) pour que les élections se tiennent sous la supervision d'un officier du ministère de la Jeunesse ou une autre personne neutre », a-t-il précisé. Au-delà de cet aspect, Jean-Marie Malépa était très remonté contre la façon de faire de Reynolds Permal qui, a-t-il ajouté, a donné l'impression de vouloir bafouer certaines règles. « Le président du MPC a présenté son rapport que je considère comme erroné », a-t-il déclaré.
Pas de rapport financier
Le premier point de la discorde aurait été l'annonce d'un atelier de travail qu'a organisé le MPC en décembre dernier. « J'ai dit à Reynolds Permal que nous n'avions pas été invités et en guise de réponse, il a déclaré que la fédération des handicapés mentaux avait démissionné du MPC ! Je lui ai tout de suite fait remarquer que ce sont les membres qui avaient démissionné en octobre dernier et non la fédération. Il n'a rien dit et pour moi, tout cela ne relève pas du sérieux. » Ce que Jean-Marie Malépa déplore encore plus, c'est l'arrogance de Reynolds Permal. « À chaque fois que nous demandions à la secrétaire de prendre note de nos requêtes, il répondait ironiquement par  : 'marke taler zot pou kone'. Venant de la part d'un président, je considère cela comme inélégant. Et puis, ki kone nou pou kone ? », s'est-il demandé.
Le rapport du trésorier a été l'autre point contesté par lui et ses deux autres représentants qu'étaient Hervé Runga et Christa Bauda-Gunesh, PRO et membre de la MHPSF respectivement. « Lors d'une assemblée générale, le rapport du trésorier doit être circulé parmi les membres présents. Or, lundi dernier, on a seulement précisé qu'il y avait quelque Rs 300 000 dans la caisse du MPC et que nous n'aurons pas de copie en raison du fait qu'aucune dépense n'avait été effectuée en 2016. Face à nos questions, Reynolds Permal a indiqué qu'il fallait voir avec le MJS pour consulter les chiffres. J'étais très agacé par ses propos, car j'avais l'impression qu'on était en train de nous prendre pour des imbéciles », s'est offusqué Jean-Marie Malépa.
Proposition pour un comité à sept membres
Pour ce dernier, la déclaration de Reynolds Permal selon laquelle le MPC n'avait rien dépensé en 2016 n'est pas sérieuse. « Comment le MPC a-t-il pu ne rien dépenser en une année ? Franchement, j'ai été stupéfait en entendant ces propos. Selon mon expérience d'ancien président du MPC, le MJS devrait avoir versé de l'argent en marge des Jeux paralympiques de Rio au Brésil. Comment M. Permal peut-il venir dire que le MPC n'a rien dépensé ? C'est révoltant », a-t-il souligné.
Autre fait marquant de la réunion de lundi demeure sans conteste la lecture de la Sports Act selon Reynolds Permal, a déploré Jean-Marie Malépa. « La loi sportive du pays stipule qu'un comité directeur doit être composé entre sept et 11 membres. Or, Reynolds Permal a lui demandé à l'assemblée de choisir entre sept, neuf ou 11 membres avant de proposer que le nouveau comité soit formé de sept membres seulement. C'était tout simplement du n'importe quoi », a expliqué Jean-Marie Malépa.
Ce qui le révolte encore plus, c'est le silence radio des représentants des autres fédérations handisportives présentes (physique, visuelle et sourde). Jean-Marie Malépa a toutefois tenu à remercier le président de la Aurally Handicapped Persons Sports Federation (MHPSF), Aneeraw Succaram, pour avoir soutenu sa motion de demande de renvoi de ces élections. « Fort heureusement, le bon sens a primé de la part d'un dirigeant autre que nos membres. Aneeraw Succaram a fait entendre la voix de sa fédération pour dire qu'il était aussi contre la proposition de Reynolds Permal pour un comité à sept membres seulement. Pourquoi cette proposition quand on sait qu'avec trois représentants pour chacune des quatre fédérations nous aurons 12 membres pour 11 places », a-t-il conclu.