L’ancien magistrat Joy Ramphul est poursuivi pour harcèlement sexuel devant la Cour intermédiaire. La victime présumée a été appelée à la barre des témoins. Les magistrates Véronique Kwok Yin Siong Yen, Wendy Ramgan et Asha Ramano-Egan entendent la suite de l’interrogatoire de la jeune femme aujourd’hui.
Le procès intenté par le directeur des poursuites publiques (DPP) à l’ex-magistrat de la Cour de district de Pamplemousses Shaheel Kumar Joy Ramphul et à Soodesh Kumar Mohabeer s’est poursuivi hier devant les magistrates Véronique Kwok Yin Siong Yen, Wendy Ramgan et Asha Ramano-Egan.
Joy Ramphul est accusé de fraudulent alteration of public document, d’agression et de harcèlement sexuel respectivement sous les articles 107, 230 (1) et 254 (1) du Code criminel. Soodesh Mohabeer est quant à lui accusé d’attempt at hindering public officer en vertu des articles 2 et 45 de l’Interpretation and General Clauses Act et l’article 3 (1) (a) et (2) de la Public Officer’s Protection Act. Ils ont plaidé non-coupable aux charges reprochées par la police.
La poursuite, composée du Senior assistant DPP Me Rashid Ahmine et du State Counsel Me Madeven Armoogum, a appelé le témoin à charge et victime présumée Swarn Kamal Moorli. Cette dernière était accusée devant le tribunal de Pamplemousses de détournement de fonds. Elle a expliqué que son ancien employeur avait constaté que de l’argent avait disparu de son magasin et l’avait « accusé à tort ». La victime présumée devait comparaître devant le magistrat Joy Ramphul qui siégeait à cette époque à la Cour de Pamplemousses. Elle était alors représentée par Me Hervé Lassémillante. La jeune femme a soutenu que le procès s’est tenu le 25 mars 2008 et que le jugement devait tomber deux jours après.
Swarn Kamal Moorli a affirmé que le 27 mars 2008, elle est arrivée tôt le matin pour prendre connaissance de la décision de la Cour. Elle a souligné que son avocat n’était pas présent ce jour-là. La victime présumée a avancé que tous les cas passaient en chambre ce jour-là.
Me Ahmine : Ki sanla inn dir ou ou case pe apele ?
Swarn Moorli : Prosecutor la
Me Ahmine : Ki ou ti fer lerla ?
Swarn Moorli : Monn suiv li
Me Ahmine : Et lerla ki ou finn trouve ?
Swarn Moorli : Ti ena mazistra Ramphul ti pe asize. Ti ena prosecutor et usher aussi. Apre banla inn ale.
Le témoin à charge a précisé qu’elle était seule avec Joy Ramphul. Celui-ci lui aurait dit que son affaire était très compliquée et qu’il voulait l’aider. « Linn demann mwa mo nimero telefonn et monn donn li », a-t-elle affirmé. Le magistrat devait faire un appel manqué (missed call) sur le téléphone portable de Swarn Moorli. L’ancien magistrat lui aurait dit que le jugement serait renvoyé au 4 avril 2008. Elle a avancé que le représentant de la justice lui a ensuite demandé de l’attendre dehors.
Me Ahmine : Lerla ki ou finn fer ?
Swarn Moorli : Mo ti al lor semin… Pa ti enn zafer abituel sa alor mo dir less mo atann.
Me Ahmine : Ki ti arive apre sa ?
Swarn Moorli : Mo telefonn inn sone… Ti mazistra Ramphul sa. Lerla linn dir mwa atann li enn 20 minit coumsa pou li sorti… Monn atann apre linn telefonn ankor ek li dir mwa atann dan enn semin one way.
Me Rashid Ahmine a expliqué à la Cour que le témoin se contredit en disant que le magistrat l’avait appelé une nouvelle fois. Dans sa déposition du 25 avril 2008 au Central Criminal Investigation Department (CCID), elle avait expliqué que le magistrat lui avait fait un appel manqué. Interrogée par Me Ahmine, elle a expliqué que la version qu’elle a donnée à la police est la bonne. La victime présumée a expliqué qu’elle a rappelé le magistrat parce qu’elle était curieuse de savoir comment le magistrat allait l’aider.
Swarn Moorli a ensuite affirmé que le prévenu est passé la prendre en voiture alors qu’elle était toujours à Pamplemousses. Swarn Moorli a raconté que Joy Ramphul lui aurait dit qu’il était connu dans les environs et ils sont alors partis dans le parking d’Espace Maison à Cottage.
Le témoin de la poursuite a avancé que le magistrat lui a fait comprendre qu’il avait le pouvoir de la condamner si l’envie lui en prenait. « Se sa plim la ki pou desid lavenir. Swa to al fer enn semenn Beau-Bassin to al fer kamarad laba swa to sorti san nanie. » Joy Ramphul lui aurait alors pris la main et l’aurait embrassé. Le prévenu aurait également proposé à la jeune femme de faire un tour dans un hôtel de Grand-Baie pour « passer quelques heures » en sa compagnie. La jeune femme aurait refusé. Elle aurait aussi refusé un autre rendez-vous à Port-Louis le lendemain, soit le 28 mars 2008 que lui aurait donné le magistrat car c’était le dernier vendredi du mois, le jour du magistrate meeting. Elle a ensuite accepté de voir Joy Ramphul le 29 mars 2008.
Le témoignage de Swarn Moorli se poursuit aujourd’hui en Cour intermédiaire. Joy Ramphul est représenté par un panel d’avocats en l’occurrence sir Hamid Moollan (QC) et Me Ivan Collendavelloo (SC). Soodesh Mohabeer est défendu par Me Ritesh Sumputh.
Comments
"Joy Ramphul est représenté par un panel d’avocats en l’occurrence sir Hamid Moollan (QC) et Me Ivan Collendavelloo (SC)..."Tiouuuu,bane tenor la em!!!
Absolutely DISGUSTING.
Babu my beta not good.
Well written. I was in Court at the same time and that's one of a good description.
C'est la SAGA des PAGAILLES à l'Ile Maurice! Les Mauriciens ont l'air d'être trempés jusqu'aux OS dans les VICES ... Quelle déplorable Education...
1- Toute nuance disparaît dans l’appréciation des faits relayés par un commentaire médiatique qui gonfle, déforme et se retourne avec désinvolture. Ainsi la notion d’agression sexuelle qui recouvre des actes de gravités diverses (du harcèlement à la tentative de viol, en passant par des attouchements) se voit de plus en plus systématiquement remplacée par le mot «viol» : ce qui ramène toutes les hypothèses à la plus terrible. Le dragueur lourdingue, l’amant trop insistant se rapprochent du criminel. Dans les affaires de pédophilie, les distinctions concernant la nature des faits et l’âge des victimes s’effacent également. La main du curé sur les genoux d’un collégien il y a vingt-cinq ans, l’échange de caresses vaguement consenties avec une mineure entrent dans la même catégorie que le meurtre d’enfant.
2- Les affaires sexuelles exigent un châtiment particulièrement dur. Relayée par les cabinets d’avocats, l’argumentation psychologique moderne abuse de cette notion selon laquelle la victime ne pourrait se «reconstruire» qu’en mesure de la punition du coupable. Né d’un courant progressiste inspiré par la psychanalyse, le féminisme a changé d’objectif. Il demande un nivellement judiciaire par le bas. Même lorsque l’abus sexuel est impossible à établir, il doit être traité comme un crime violent et conduire aux peines lourdes qui se comptent en années de prison. Ouvertement inspirée par la lutte des classes (à laquelle on a renoncé par ailleurs), la répression sexuelle est entrée dans une période de Terreur.
Tres interressant,merci pour l'info.
"la victime ne pourrait se «reconstruire» qu’en mesure de la punition du coupable."
C'est vrai sa??