Ainsi donc, la Gambling Regulatory Authority (GRA) a écrit officiellement au Mauritius Turf Club (MTC)  pour lui demandé des informations sur les 1er, 4e et 5e courses de la 5e journée, remportées respectivement par Tornado Man, Captain Magpie et Grey’s Inn Control. Trois chevaux qui sont entraînés par Rameshwar Gujadhur. L’information la plus importante demandée au MTC est le «betting trend» de ces course. Nous ne savons pas s’il faut en rire ou en pleurer ou encore moins se demander à quel jeu veut bien jouer la GRA. Car il est important ici de se demander qui est le mieux placée que la GRA, elle-même,  pour avoir un “genuine betting trend” sur tous les paris qui se sont faits à Maurice sur les course. Faut-il rappeler à Raouf Gulbul que la GRA dispose comme outil un serveur, qui a couté des millions à l’État pour justement tout savoir sur les transactions enregistrées par les bookmakers.
Amateurisme total
Toutefois la grande question que l’on doit se poser est la suivante : qui à la GRA a la compétence d’analyser, voir expertiser l’évolution de la cote d’une course ou d’un cheval ? Nous avons bien peur que la GRA ne possède ni cette compétence ni cette expertise. Et ce ne sont pas les deux Britanniques George Ben Gunn et John Paul Scotney qui nous diront le contraire. Ils savent mieux que nous qu’à la GRA on nage dans un amateurisme le plus complet. Du reste, la partie consacrée à cet organisme dans le rapport de la Commission d’enquête sur les courses en dit long sur ce que les deux Britanniques ont pu constater.
La GRA est non seulement en mesure de connaître l’évolutions des cotes de tous les chevaux engagés lors d’une journée de course, mais elle peut aussi avoir les détails des paris effectués pour initier des enquêtes. Mais au lieu d’attaquer le problème de front pour ne pas dire de fond, elle se contente comme toujours hélas, de beat around the bush et de se servir de la presse pour annoncer des actions, qui n’ont jusqu’ici pas eu de suite. Pour les turfistes, c’est toujours “Anne ma soeur Anne…” alors qu’on leur avait promis une vraie opération de nettoyage.
Si la GRA avait vraiment à coeur l’intérêt des parieurs, elle aurait dû autoriser (1) l’internet betting, (2) le commingling international, (3) le couplage des paris quand il y a des doublures, (4) les courses à moins de six chevaux et (5) le MTC à avoir accès aux informations du serveur. Dans la même foulée la GRA aurait dû tout faire pour mettre un frein aux : (1) paris à crédit, qui plus que jamais, a de beaux jours, et (2) paris dits doublés et triplés chez les bookmakers, qui se font clandestinement et qui ne rapportent rien à l’État et au MTC.
Bouledogue sans dents
L’équipe de Raouf Gulbul aurait dû également veiller que tous les bookmakers, qui ont une licence, soient opérationnels dès la parution du programme officiel. Elle aurait dû aussi s’assurer que les paris sur le football et sur les courses soient traités sur le même pied d’égalité tout en apportant une révision des règlements des paris en cas de retrait d’un coursier afin que les paris effectués initialement ne soient plus annulés. On se demande encore pourquoi la GRA n’a toujours pas un bureau opérationnel au coeur de cette industrie à savoir le Champ de Mars, où les turfistes pourraient faire leurs doléances, voire leurs complaintes de façon officielle. Ce serait sans doute une opportunité de mettre la Police des Jeux à contribution où chaque cas douteux lui est référé, par pour le moment cette unité de la police est comme un bouledogue sans dent.
Or, nous constatons que malgré le nettoyage et le changement promis, la GRA agit exactement comme un turfiste profane. Peu importent le problème ou la nature du problème, elle ne fait que frapper continuellement à la porte du MTC, qu’il soit responsable ou non. Le tout accompagné par des effets d’annonce, lancés à des heures de pointe pour démontrer qu’elle est en train d’agir.