12 mai 2018: l’état-major de l’entraînement Gilbert Rousset ramenant Maxamore (Robbie Fradd) au paddock

Gilbert Rousset a été trouvé coupable par les Racing Stewards, sous la règle 208A(5) des Rules of Racing, de n’avoir pas « taken all reasonable and permissible measures to prevent the administration of illicit substances » à Maxamore et Aspara dans le cadre des enquêtes ouvertes pour faire la lumière sur ce double cas de dopage impliquant les deux chevaux.

Le verdict est tombé hier en milieu d’après-midi. L’entraîneur, sept fois champion, a, par la voix de son avocat, Me Gavin Glover, SC, signifié son intention de contester cette décision en appel.

Pour rappel, Maxamore et Aspara avaient été testés positifs en mai dernier au stanozolol et au hydroxystanozolol respectivement, deux produits interdits par les règlements, et ont été suspendus pour une période de six mois. Avant de prononcer le verdict de culpabilité, Stéphane de Chalain, qui présidait le board et qui était assisté de John Zucal et Hughes Maigrot, est revenu, entre autres, sur les points saillants de ces deux affaires, en particulier les aveux de l’ex-palefrenier Lavish Lalleebeeharry, qui a admis avoir administré le produit dopant à Aspara contre une forte somme d’argent, et les différents éléments versés au dossier à charge.

Il a aussi rappelé la règle à l’effet que tout entraîneur licencié du Mauritius Turf Club doit se plier aux Rules of Racing et que tout manquement à ce niveau est passible de sanction. Stéphane de Chalain estime que, dans le cas présent, les deux offenses sont « at the high end scale in seriousness » et ne doivent pas rester impunies.

C’est ainsi que le board a trouvé Gilbert Rousset coupable sous la règle 208A(5), qui stipule que « notwithstanding paragraph (4) (b) when a sample taken at any time from a horse under the responsibility of a licensed trainer, after analysis is found to contain any illicit substance, the trainer and any other person in charge of such horse at the relevant time shall be guilty of an offence and be liable to any of the penalties provided in Rule 11 (d) unless that person can prove to the satisfaction of the Racing Stewards that he had, at all times, taken all reasonable and permissible measures to prevent the administration of such illicit substance. »

Selon les Racing Stewards, Gilbert Rousset n’a pas été en mesure de démontrer qu’il avait pris toutes les mesures raisonnables et admissibles pour que les chevaux Maxamore et Aspara ne soient pas tampered with. Sous la règle 208(6), l’entraîneur encourt donc une disqualification de 12 mois, à moins qu’il démontre que « a special circumstance exists whereupon the penalty may be reduced. »

“Special circumstance”

S’adressant au board in mitigation of sentence, Me Gavin Glover a mis l’accent sur ce qui peut être qualifié de special circumstance. Tout en concédant que les rules ne définissent pas ce terme, l’homme de loi a soutenu qu’un special circumstance « will be dictated by the particular circumstances of a case. » Le Senior Counsel estime ainsi le fait que « the Maxamore case has not yielded any culpable instrument in the person who committed the foul play (…) and that we remain in total darkness in respect of that case » doit être traité comme un special circumstance.

Autre facteur qui peut etre qualifié de special circumstance selon Me Glover, c’est le témoignage du Chief Analyst Bertrand Baudot, qu’il a appelé comme témoin dans cette affaire mais qui, regrette-t-il, n’a pas été pris en compte par les Racing Stewards. « Mr Baudot has publicly admitted that he could not say in the case of Maxamore when the prohibited/illicit substance was introduced in the body of the animal. We have evidence that prior to the racing of Maxamore, for at least 24h+ before racing, the horse was under the dual control of the MTC and the Rousset stable », a rappelé l’avocat. Même si ce témoignage a été « overlooked » par les Racing Stewards, Me Glover a invité les commissaires a « look at this piece of evidence very carefully as this may prove yet another special circumstance that needs to be taken on board. »

En dernier lieu, Me Glover a intimé les Racing Stewards à ne pas occulter le fait que « we are probably dealing with the best-run stable in Mauritius, with arguably the most successful trainer and assistant-trainer of recent years » et que dans le cas du cheval Aspara, et Gilbert Rousset et Soodesh Seesurrun « were taken for a ride by of their trusted lieutenants. »

Après avoir écouté la plaidoirie de l’avocat de Gilbert Rousset, Stéphane de Chalain a déclaré que le board se pencherait sur les submissions in mitigation de Me Glover et prononcera la sentence qui sera infligée à l’entraîneur après la fin de la saison. Gilbert Rousset a pour sa part déclaré qu’il n’est pas satisfait du verdict et peu importe la sentence qui lui sera infligée, il a déjà donné des instructions à son avocat pour commencer les procédures d’appel.