Photo illustration

Le Mauritius Turf Club (MTC) a formulé une demande pour un permis spécial à la police pour que le quotidien de l’industrie hippique ne soit pas mis à l’arrêt avec le confinement de la population. Le MTC est d’avis que cela nuirait à la santé des chevaux et pourrait même causer la mort de plusieurs d’entre eux. L’association des entraîneurs s’est réunie hier pour discuter de la question d’un éventuel confinement et il a été décidé qu’il fallait demander un permis spécial pour que les chevaux ne restent pas dans leur box.

« On a eu une réunion jeudi et on a par la suite demandé au club de formuler une demande à la police pour que l’entraînement puisse continuer, et ce, avec la contribution des palefreniers et jockeys. On ne savait toutefois pas que la décision du gouvernement allait intervenir aussi tard dans la soirée. Il avait été prévu qu’il y aurait une conférence de presse dans la journée de jeudi, mais elle n’a pu avoir lieu pour des raisons qu’on ignore. Si la décision était intervenue à 14 h30, on aurait alors eu tout le temps nécessaire pour entreprendre les démarches. Il y a eu un cafouillage ce matin au Champ de Mars et les chevaux se sont contentés de faire de la marche à la rue Shakespeare. Par contre, au centre Guy Desmarais, tout s’est déroulé comme d’habitude et les chevaux ont pu travailler », devait dire Patrick Merven, le président de l’association des entraîneurs.

Mettre les chevaux à l’arrêt ne peut être envisagé à un stade où ces compétiteurs étaient prêts à reprendre la compétition la semaine prochaine. Le début de la saison avait été programmé pour le 21 mars, avant d’être repoussé d’une semaine en raison du mauvais temps qui a prévalu pendant plusieurs jours. Ce qu’il faut aussi savoir, c’est que les chevaux ne sont pas nourris de la même manière que pendant l’intersaison quand s’approche la compétition.

Risque de colique et de fourbure

L’entraîneur Chandradutt Daby s’explique : « La nourriture pendant l’intersaison et celle pour la compétition diffère complètement. Les chevaux sont déjà prêts pour prendre le départ et ils sont gonflés à bloc. On ne peut tout arrêter d’un coup et les confiner dans leur box. Un cheval qui a été nourri pour la compétition doit travailler, effectuer des galops. Un manque de travail aura des conséquences très graves. Il restera excité et pourrait se blesser dans son box. S’il ne travaille pas, il pourrait aussi avoir une colique ou une fourbure qui, comme vous le savez, peut être mortelle. Remettre le cheval dans la condition de l’intersaison prendrait prendre environ trois semaines. » L’entraîneur a aussi tenu à préciser que comme la compétition était derrière la porte, provision n’avait pas été faite pour de la nourriture « cool » et que tout était concentré sur les courses.

« Un cheval demande aussi beaucoup d’entretien. Il a besoin de son palefrenier pour être lavé et nourri. Un cheval fait ses besoins dans son box et celui-ci doit aussi être nettoyé tous les jours. Il faut également qu’un camion puisse venir tout enlever. Il a aussi besoin d’un jockey. Je sais que ce ne sera peut-être pas facile que tous les palefreniers soient sur place tous les jours. De mon côté, j’ai déjà pris des dispositions pour que quatre d’entre eux élisent domicile au sein de mon établissement. On devra peut-être mettre en place un système de rotation et l’entraînement doit continuer. Il y va de la vie des chevaux. »