Longtemps annoncé, c’est finalement hier matin que la presse a relayé une publicité indiquant que le Mauritius Turf Club (MTC) est à la recherche d’un Chief Executive Officer (CEO). En effet, six mois après que le board des Administrateurs du MTC ait accepté l’idée de muter Benoit Halbwachs du poste de general manager à celui de director of racing, le Club de la rue Eugène Laurent ne disposait pas vraiment de management. Ce qui explique sans doute le nombre important de gaffes enregistrées au niveau directionnel depuis le début de l’année. Lesquelles se sont culminées vendredi dernier en un communiqué du club, qui visait à se dissocier des propos tenus par son président, Mukesh Balgobin, après que ce dernier a tenu une conférence de presse en tant que directeur de la compagnie MBL Ltd.
La décision du board des Administrateurs du MTC de lancer, enfin, cet appel à candidatures pour le poste de CEO agite quelque peu l’ensemble de ceux au sein du monde hippique. D’autant que le MTC se donne deux mois pour trouver l’oiseau rare, recherché tant sur le plan national qu’international.
Le MTC veut se doter d’un CEO « to lead the organization with the support of a team », cite l’appel à candidatures. Le CEO devra, en outre, être apte à agir comme un conseiller du board des Administrateurs, faire preuve de leadership, être un fin stratège et capable d’entretenir des relations de même que de diriger des gens, entre autres. Parmi ses responsabilités, le CEO devra maintenir de façon compréhensive toutes les données de cette industrie, assurer la santé financière du club, son développement structurel et la « compliance » du MTC vis-à-vis de la GRA. Il aura pour tâche d’apporter de la vision au sein de la gestion des affaires du club et, « last but not least », devra avoir une connaissance de l’industrie hippique. Selon la notice publiée dans la presse hier, le MTC se donne jusqu’à la fin d’octobre pour choisir son CEO, puisque ce dernier doit entrer en fonction à partir du 1er novembre.
Le cyclone ?s’est calmé
Si le MTC a pris son temps pour lancer cet appel à candidatures, par contre, au sein du board des Administrateurs, les choses se sont accélérées entre la conférence de presse de Mukesh Balgobin et la réunion du board de mardi dernier. Il semblerait que le cyclone annoncé se soit vite calmé. Tout laisse croire que ceux qui voulaient avoir la tête du président du MTC se sont rendu compte qu’ils n’avaient nullement la majorité nécessaire pour arriver à leur dessein.
La publication émise vendredi dernier par le service de communication du MTC se lit comme suit : « Le Mauritius Turf Club a pris connaissance des propos tenus par M. Mukesh Balgobin en tant que CEO de MBL Limited dans une conférence de presse, ce matin, à l’Hôtel St George. M. Mukesh Balgobin n’a pas été mandaté par le conseil d’Administration du MTC pour avancer les propos tenus concernant le Club. En conséquence, le conseil d’Administration se dissocie des propos tenus lors de cette conférence de presse ». Mardi, tout laissait croire qu’à la réunion du board allait être choisi un nouveau président.
Sauf que le trio composé de Frantz Merven, Kamal Taposeea et Edgard Julienne n’avait pas prévu que Paul-France Tennant ne marche pas avec eux, comme ce fut le cas lors de l’émission du communiqué du vendredi 21 juillet. Selon nos recoupements, l’Administrateur était en train de chasser lorsque Benoit Halbwachs l’a informé que ce communiqué allait être émis, tout en soutenant que « les autres sont d’accord ». De son côté, l’Administrateur Jean Marc Fayolle n’allait pas les suivre dans cette voie. Ainsi, face à une voix, Mukesh Balgobin allait, sans aucun doute, utiliser son « casting vote » pour faire pencher la balance.
La réunion de mardi dernier n’a cependant pas été de tout repos. Nous apprenons que Mukesh Balgobin a cherché à discuter de son cas en conclusion de la réunion, toutefois, il a été poussé à en parler dès le début, et ce, sous l’insistance d’Edgard Julienne. Or, il semblerait que les discussions de coulisses du week-end dernier aient fait souffler le vent dans une autre direction. « On ne dira pas que l’ordre et la sérénité sont revenus, mais certains ont été mis devant leurs responsabilités. D’autres ont dû ramasser leurs couteaux », a expliqué à Week-End un proche du board des Administrateurs.