De dérive en dérive, François Hollande revient sur les grandes valeurs qui fondent la République française et pour lesquelles la gauche (diverses gauches, du PS/PSU au PCF) s’est battue sans relâche pendant des décennies, voire des siècles.
Typique de ces politiciens qui s’éloignent petit à petit du peuple, Hollande tente de maintenir sa cote de popularité dans le sillage des attentats terroristes du 13 novembre dernier et de rogner quelques votes à droite par l’adoption de mesures draconiennes (état d’urgence, projet de déchéance de nationalité…) plutôt que de défendre bec et ongles les principes qui découlent des grands combats en France, de la révolution de 1789 à nos jours.
Pourquoi sombrer aussi bas en allant pêcher dans les eaux lepénistes et en se désolidarisant de sa ministre de la Justice, Christiane Taubira ? C’est le cas de le dire ! Le Président français se rend-il compte, par exemple, que le 6 décembre, au premier tour des régionales, un tiers des catholiques a voté pour le Front national ? (Libération, 23 décembre 2015). Ne ferait-il pas mieux de se soucier de cette tendance dangereuse vers l’extrême droitisation chez tant d’électeurs au lieu de renoncer à ses promesses électorales (par exemple, le droit de vote des étrangers) et de dilapider certaines des grandes valeurs qui ont jusqu’ici fait la grandeur de la France ?
En surpassant Sarkozy ou en voulant « ratisser large » et donc faire mieux, à droite, que son prédécesseur à la Présidence, Hollande devient la risée de bon nombre d’observateurs en France et à l’étranger. Des voix se lèvent partout pour dénoncer ses retournements de veste et ses multiples volte-face, les unes plus ridicules et tristes que les autres. Voilà donc un Président qui ne cherche pas à terminer sa carrière en beauté et à léguer quelques belles réalisations aux générations futures. Malgré son alignement sur la position américaine en politique étrangère (« guerre contre le terrorisme ») et ses mesures rétrogrades et populistes en France, François  Hollande n’est pas pour autant aimé à droite de l’échiquier politique. Et maintenant, de par son entêtement et aveuglement, il devient impopulaire à gauche et au sein même de son parti, le Parti socialiste. Sa chute sera d’autant plus vertigineuse.