Le juge Prithviraj Fekna, siégeant en cour d’Assises, a condamné Marie-Ange Madaram à 13 ans de prison pour l’agression mortelle de son époux, James Lindsay Madaram, le 5 septembre 2010 à Rivière-Noire. Le juge a fait ressortir que la victime tentait d’éviter une dispute conjugale mais que l’accusée avait porté un coup fatal en pensant que son mari voulait l’agresser.
Initialement poursuivie pour “manslaughter”, Marie-Ange Madaram avait plaidé coupable sous une charge réduite de “wounds and blows without intention to kill”. Elle était défendue par Me Aran Aroughen alors que le Parquet était représenté par Me Nadya Jeewa. Une dizaine de témoins ont été entendus dans cette affaire, dont l’ASP Mohamad Irfaad Bundhoo, qui avait enregistré la déposition de l’accusée. Marie-Ange Madaram, alors âgée de 27 ans, et son époux vivaient ensemble aux Salines, à Rivière-Noire, après s’être mariés en 2007. Travaillant comme cuisinière et lui comme jardinier, ils avaient eu deux filles. Leur relation avait commencé à se détériorer quand l’accusée avait appris que son époux avait une liaison avec une autre femme. À la police, elle avait indiqué que son mari la laissait souvent seule à la maison avec ses enfants pour rencontrer une autre femme.
Le jour du drame, elle revenait de chez sa mère quand elle avait constaté que son époux n’était pas à la maison. Elle était alors allée chez sa belle-mère pour voir s’il y était, mais devait apprendre en route qu’il y avait une fête chez sa belle-soeur. Sur place, Marie-Ange Madaram a reproché à son époux de ne pas l’avoir informée. Ce dernier l’avait alors traînée dehors et aurait commencé à l’insulter. Marie-Ange Madaram soutient avoir pris un couteau de cuisine ce jour-là pour se défendre, car prévoyant que leur dispute serait violente et « ne supportant plus d’être une femme battue ». Lors de la dispute, son mari aurait tenté de la frapper et elle l’avait poignardé au ventre sans vouloir porter un coup fatal. Elle était ensuite allée se cacher avant d’alerter la police.
Lors d’une précédente comparution en cour, Marie-Ange Madaram avait soutenu que son époux avait commencé à la frapper un mois après leur mariage, devant même être admise à l’hôpital en une occasion alors qu’elle était enceinte de huit mois. Elle a réclamé la clémence de la cour, soutenant avoir une fille de quatre ans à charge. Celle-ci était restée avec elle à la prison de Beau-Bassin pendant ses 16 mois de détention. Le juge Fekna a cependant fait ressortir que l’accusée « ne pouvait se soustraire à toute responsabilité dans l’affaire », soulignant que le mari avait tenté d’éviter la dispute en lui tournant le dos, mais que c’est elle qui avait provoqué la dispute et que la victime ne l’avait pas agressée ce jour-là.