Protesters gather outside the police headquarters in Hong Kong on June 21, 2019. - Thousands of protesters converged on Hong Kong's police headquarters on June 21, demanding the resignation of the city's pro-Beijing leader and the release of demonstrators arrested during the territory's worst political crisis in decades. (Photo by Philip FONG / AFP)

Les militants pro-démocratie de Hong Kong maintenaient la pression samedi, poursuivant leur sit-in à l’aéroport international auquel s’est ajouté brièvement un rassemblement de plusieurs centaines de familles en soutien à leur mouvement qui entre dans son troisième mois.

Enfants dans les poussettes, d’autres munis de ballons, plusieurs centaines de familles sont descendues dans les rues de Hong Kong samedi matin pour manifester leur soutien au mouvement pro-démocratie.

L’ambiance bon enfant de ce rassemblement contrastait avec les affrontements de plus en plus violents qui ont marqué les récentes manifestations pro-démocratie à Hong Kong.

Sur un petit dépliant multicolore distribué dans les rangs des familles qui manifestaient, un abécédaire explique le mouvement de protestation de manière ludique aux enfants : A pour « Angry » (colère), D comme « demonstration » (manifestation) ou encore P comme « protestation » (contestation), etc.

Faye Lai, employée dans un théâtre, avec sa nièce de trois ans en poussette, déclare manifester dans l’espoir que ce rassemblement aide les plus jeunes à comprendre la crise qui secoue Hong Kong depuis plus de deux mois.

« Nous devons expliquer aux enfants la situation dans laquelle se trouve actuellement Hong Kong et leur apprendre à quoi ressemble une bonne société », souligne-t-elle auprès de l’AFP. « L’avenir appartient aux enfants. L’avenir de Hong Kong leur appartient », a-t-elle ajouté.

– Sit-in à l’aéroport –

« A ce stade, nous nous devons de participer à tous les événements, surtout ceux qui ont à coeur les générations futures, pas seulement les manifestations et les marches », a estimé Roger Cheng, un employé de bureau âgé de 50 ans. « Comme aujourd’hui, c’est à la prochaine génération de comprendre l’importance d’un avenir ».

Un peu plus tôt samedi, des personnes âgées avaient organisé un rassemblement, baptisé « cheveux d’argent », et délivré des pétitions au quartier général de la police et au bureau de la cheffe de l’exécutif de Hong Kong Carrie Lam, pour marquer leur soutien au mouvement contestataire.

La mobilisation des familles, qui se veut un rassemblement pour « l’avenir de nos enfants « , avait été autorisée par les autorités contrairement à plusieurs autres prévues par les protestataires qui prévoient d’intensifier leurs manifestations au cours du week-end, y compris la poursuite d’un sit-in de trois jours à l’aéroport international commencé vendredi et rassemblant des milliers de personnes.

Les manifestant espèrent ainsi sensibiliser à leur cause les visiteurs étrangers qui débarquent à Hong Kong.

Née du rejet d’un projet de loi controversé de l’exécutif hongkongais pro-Pékin qui voulait autoriser les extraditions vers la Chine, la mobilisation a depuis considérablement élargi ses revendications avec, en ligne de mire, le pouvoir central chinois.

Les militants pro-démocratie demandent  l’élection d’un successeur de Carrie Lam au suffrage universel direct, et non sa désignation par Pékin, comme c’est le cas actuellement.

– « Pas de concessions » –

Ils exigent aussi une enquête sur les violences dont ils accusent la police et l’abandon pur et simple du projet de loi controversé, officiellement suspendu.

Le territoire du sud de la Chine et « hub » financier international connaît sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession par Londres en 1997, avec des manifestations et des actions presque quotidiennes qui ont souvent dégénéré en violences entre activistes radicaux et forces de l’ordre.

La cheffe de l’exécutif de Hong Kong a exclu vendredi toute concession aux manifestants, tout en mettant en garde contre une grave crise économique engendrée par leur mouvement.

« Je ne crois pas que nous devrions faire des concessions dans le but de faire taire les manifestants auteurs de violences », a déclaré Carrie Lam lors d’une conférence de presse surprise, deux mois jour pour jour après le début de la mobilisation.

« Ce qui est bon pour Hong Kong (…) c’est de mettre un terme à la violence, et de dire +non+ à la situation chaotique que Hong Kong a connu ces dernières semaines, afin que nous puissions avancer », a-t-elle ajouté.

Carrie Lam a reçu dans cette crise un soutien total de Pékin, qui a musclé son discours et intensifié ses menaces à l’égard des manifestants.

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