HÔPITAL JEETOO—ALLÉGATIONS DE PRÉLÈVEMENT « ILLÉGAL » DE PEAU: « L'absence de réaction des autorités » déplorée

Dans une lettre au Mauricien, le leader des Verts Fraternels, Sylvio Michel, et l'époux d'Hélène Tuyau, Leoville David, déplorent « l'absence de réaction des autorités concernées » et réitèrent leur demande pour une enquête policière et administrative sur ce cas. Les proches de cette dernière soutiennent qu’on aurait « illégalement enlevé une partie de la peau du fessier » d'Hélène Tuyau alors qu’elle était sous traitement à l’hôpital Jeetoo.
« Depuis que ses proches (ceux d’Hélène Tuyau, Ndlr) ont fait une déposition le 19 août 2017 au poste de police de Saint-Pierre, ils sont restés dans l'ignorance. Ils ne savent toujours pas si la police a mené une enquête. Par ailleurs, ils n'ont eu aucune explication auprès du surintendant de l'hôpital Jeetoo quand ils sont allés le voir ce même samedi 19 août », écrivent le leader des Verts Fraternels, Sylvio Michel, et l'époux d'Hélène Tuyau, Leoville David, dans une lettre commune au Mauricien. Cette correspondance intervient en réaction à un communiqué de presse du ministère de la Santé en date du 6 septembre.
Hélène Tuyau, âgée de 77 ans, a été admise le 2 août à l’hôpital Jeetoo à la suite d’un AVC. Le 17 août, elle avait reçu l’autorisation de quitter l’établissement. Mais elle a commencé à se plaindre d’atroces douleurs. Le 19 août, alors qu’il lui donnait son bain, son compagnon, Léoville David, a alors découvert une large plaie à vif, sans pansement ni bandage, sur le postérieur de la septuagénaire.
Dans son communiqué, le ministère de la Santé a démenti tout « trafic d'organe » au sein de l'hôpital Jeetoo. « L'époux de Mme Tuyau a été informé de manière appropriée sur sa condition médicale par le médecin traitant », affirme le ministère. Chose que Leoville David a catégoriquement niée dans une déclaration au Mauricien. Or, le ministère insiste : « L'époux ainsi que la petite-fille de ce dernier ont été informés au préalable et de manière appropriée sur la condition médicale de Mme Tuyau par le médecin traitant. D'ailleurs, le ministère dispose des signatures de ces derniers suite à une demande de leur consentement pour les besoins de traitements. »
« En l'absence de réaction des autorités concernées, j'ai téléphoné le 1er septembre au surintendant de l'hôpital. En vain. J'ai alors téléphoné au PS du ministère (de la Santé, Ndlr), qui était en réunion, selon sa secrétaire particulière. Le PS ne m'a jamais rappelé en dépit de ce que sa secrétaire m'a promis. La même démarche a été faite en vain auprès du commissaire de police pour savoir si une enquête avait été enclenchée », déplorent Sylvio Michel et Leoville David dans leur lettre commune.
Ces derniers s'interrogent en outre sur l'affirmation du ministère de la Santé, qui soutient que la plaie d'Hélène Tuyau est le résultat « d'une longue période d'alitement ». Et de faire observer : « Toute personne qui a l'habitude de soigner les malades serait étonnée du fait que la “plaie” se limite à une partie du fessier gauche de la malade et ne se soit pas étendue plus que cela. » Sylvio Michel et Leoville David campent malgré tout sur leur position. « Quant à “tous les soins nécessaires” que le ministère affirme avoir prodigués à la patiente, nous tenons à souligner qu'il n'y avait aucun pansement sur la “plaie” quand nous avons découvert avec horreur cette “plaie”, qui la faisait souffrir énormément. C'est suite à notre déposition au poste de Saint-Pierre que la police a fait venir d'urgence une ambulance de l'hôpital pour être réadmise à l'hôpital Jeetoo, où elle continue à recevoir des soins pour cette “plaie”. La famille reste encore aujourd'hui sans information de la part de l'hôpital sur la cause et la nature de cette “plaie” », élaborent Sylvio Michel et Leoville David.
« Le public peut donc comprendre que, dans une telle situation, nous avons toutes les raisons de soulever la question de prélèvement illégal », concluent-ils, avant de réitérer leur demande pour qu'une enquête policière et administrative soit lancée sur cette affaire. « Nous espérons que le ministère de la Santé ne se contentera pas de régler le problème à travers la presse et que l'enquête que nous demandons auprès de ses services et du commissaire de police sera menée en toute impartialité pour établir la vérité », écrivent-ils.