HÔPITAL VICTORIA PRÉSENCE D'AMIANTE : La CTSP déplore « l’indifférence » du gouvernement et promet des actions

La Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP) déplore la présence d’amiante sur les toits en tôle de l’hôpital Victoria, à Candos, qui représente un problème majeur de santé publique. Son président, Reaz Chuttoo, lors d'une conférence de presse au siège de la CTSP à Rose-Hill, a annoncé des actions pour dénoncer « l’indifférence du gouvernement » face à ce problème. 
« Il est révoltant de voir qu’on fait de la politique avec la vie des gens », affirme Reaz Chuttoo. Ce dernier dit avoir rencontré Vishnu Lutchmeenaraidoo en 2015, alors qu’il était ministre des Finances. « Nous lui avons remis des photos démontrant la présence d’amiante dans plusieurs salles de l’hôpital Victoria. La situation est préoccupante car l’amiante descend jusqu’à moins d’un mètre de la tête d’une personne qui se tient debout sous ce toit. De plus, aucune protection n’a été installée pour empêcher que des particules ne sortent de ces tôles à l’amiante. Nous avons également constaté de grandes fêlures sur ces toits, produites par la pluie et le vent », déplore Reaz Chuttoo. 
Le président de la CTSP souligne aussi qu’à l’issue de la réunion avec Vishnu Lutchmeenaraidoo, une somme de Rs 100 millions avait été prévue dans son budget pour remplacer ces toits en tôle. Or, à ce jour, aucun travail n’a été entrepris. « Où sont passées les Rs 100 millions ? » se demande-t-il, ajoutant que l’hôpital Victoria représente « un danger pour la santé publique », notamment aux malades venant se faire soigner, aux patients qui y sont admis, de même qu’aux personnels hospitaliers et aux milliers de visiteurs. 
Le syndicaliste précise qu’en 2015, la CTSP avait également adressé une lettre au ministre Showkutally Soodhun pour lui rappeler qu’en 2006, alors que Ashraf Dulull occupait le fauteuil du ministère des Terres et du Logement, il était convenu de vendre des maisons de cités EDC. Showkutally Soodhun avait alors objecté car il estimait « incorrect de vendre des logements contenant de l’amiante » à des Mauriciens. « En 2015, il a mis sur pied un “high-powered committee”, composé de 55 membres, présidé par le ministre de l’Environnement d’alors, Raj Dayal. L’objectif visait à démolir ces logements. À l’époque il y en avait plus de 3 113, mais aujourd’hui, il en reste encore environ 2 000, qui sont dans un état pitoyable. Ils se situent dans 43 endroits différents à travers le pays. La CTSP avait proposé d’utiliser l’argent du CSR, qui aurait amplement suffi pour construire une maison de la même superficie en béton. Mais l’histoire “Bal Kouler” a tout chamboulé, jusqu’à mardi dernier, quand on a appris qu’un nouveau comité a été mis sur pied pour considérer la région ouest du pays », fait-il ressortir. 
Il devait également rappeler qu’en 2000, le corps d’un défunt membre de la CTSP, Claude Marguerite, a été déterré et qu'un échantillon de ses poumons avait été envoyé en Angleterre à des fins d’analyses, lesquelles avaient révélé la présence de 86 000 particules d'amiante sur le prélèvement. En 1999, poursuit-il, la Consummer Protection Act avait été amendée pour empêcher l’importation d’amiante à l’état pur. L'année suivante, Paul Bérenger, alors Premier ministre, « avait réclamé un rapport sur l’amiante » et un expert du Commonwealth, John Adison, avait commandé une étude. La CTSP a été appelée à déposer mais, à ce jour, le rapport « n’a été publié par aucun gouvernement ». 
Reaz Chuttoo menace de mener une campagne sur la toile pour dénoncer « l’indifférence » du gouvernement. « Pour protéger l’image du pays, nous n’avons pas fait de campagne. Mais si le gouvernement continue de cette manière, nous irons de l’avant avec notre campagne sur le net. Nous remettrons ces photos au ministre des Finances actuel, qui est aussi Premier ministre, ainsi qu'aux ministres de la Santé et de l’Environnement », soutient-il. La CTSP compte également encourager les victimes à loger une plainte en Cour suprême.