HÔTELLERIE ET RESTAURATION : Mövenpick Resort racheté pour Rs 1,2 milliard

Réouverture de l'établissement hôtelier vers la fin de l'année sous le nom d'Outrigger Mauritius Resort and Spa après rénovation

Alors que des changements sont encore à prévoir au niveau du Club Med, dont deux unités sont opérationnelles à Maurice, avec l'offre publique d'achat amicale (OPA) lancée sur le marché boursier en France, un établissement hôtelier à Maurice, le Mövepick Resort and Spa, situé à Bel Ombre, a changé de propriétaire en fin de semaine. Cette transaction, portant sur la somme de Rs 1,2 milliard (US $ 40 millions), a été officialisée en fin de semaine sur la Saudi Stock Exchange. À un degré moindre, des mouvements sont également à prévoir avec la décision de la State Investment Corporation de sonder le marché en vue de la vente ou de la location du Tourist Village de Belle-Mare ou encore la location de toute la gamme de restaurants, soit six au total, dans le complexe du Domaine Les Pailles.
Les nouveaux propriétaires de Mövenpick Resort and Spa de Bel Ombre sont basés à Hawaii, soit Outrigger Hotels and Resorts, qui sont principalement présents dans la région Asie et Pacifique. Après le deal portant sur un montant de $ 40 millions avec les anciens promoteurs de Kingdom Hotel Investments de Dubaï, ce groupe hôtelier assurera une première à Maurice. Jusqu'ici, il gère également des complexe hôteliers à Bali (Indonésie), à Phuket (Thaïlande) en République populaire de Chine et au Vietnam.
Dans un premier commentaire après le rachat du Mövenpick Resort and Spa, le président et Chief Executive Officer (CEO) d'Outrigger Hotels and Resorts, David Carey, déclare que "cette acquisition marque une étape intéressante dans l'expansion du groupe dans l'océan Indien. Avec plus de 66 ans d'expérience dans la gestion de destinations touristiques balnéaires, ce nouveau fleuron hôtelier s'inscrit parfaitement dans nos stratégies d'expansion. L'objectif demeure de disposer des meilleurs établissements balnéaires".
La priorité des nouveaux propriétaires est de mettre en chantier un vaste programme de rénovation de l'établissement au coût de Rs 300 millions environ, ambitionnant une mise à niveau et aux normes d'Outrigger. Les 181 chambres, dont 21 suites, et l'enceinte de l'hôtel seront remis à neuf au cours des prochains six mois avec la décision de fermer l'établissement à partir de cette semaine.
Ouverture à la fin de l'année
À la réouverture, coïncidant avec la prochaine haute saison, vers la fin de cette année, Outrigger Mauritius Resort and Spa sera doté de trois piscines, d'un spa couvrant une superficie de 1 800 mètres carrés, de trois restaurants de luxe, d'un club pour enfants avec piscine dédicacée. "The renovated resort will have an exclusive Club level of guest rooms and suites with all the personal touches that Club guests are accustomed to receiving", note une communication officielle à cet effet. Avant d'être connu comme le Mövepick de Bel Ombre, cet hôtel, qui est entré dans le circuit en 2007, s'appelait le Voile d'Or. À partir du 29 mai, il change de nouveau de nom pour devenir Outrigger Mauritius Resort and Spa.
Avec la vente de son hôtel à Maurice, la Kingdom Holding d'Arabie Saoudite semble privilégier la destination touristique des Seychelles. Ce groupe saoudien détient 3% du capital de The Raffles Seychelles Resort and Residence. Ce dernier établissement hôtelier de luxe a été inauguré avec faste aux Seychelles au cours de la semaine dernière en présence du prince saoudien Alwaleed bin Talal, la 17e plus grosse fortune personnelle au monde.
Rentabiliser les investissemnts dormant
Plusieurs crans plus bas, la State Investment Corporation, qui détient des intérêts dans le secteur des loisirs et de l'hôtellerie, envisage de rentabiliser des investissements jusqu'ici dormant. Ainsi, la SIC est à la recherche de propositions venant d'opérateurs privés soit pour la vente soit pour la location du Tourist Village de Belle-Mare. Les offres cachetées devront être officiellement soumises à la SIC au plus tard à 16h le 12 juin.
Le Belle-Mare Tourist Village faisait partie d'un vaste projet de développement touristique initié par l'ancien ministre des Finances Rama Sithanen, en 2006. Finalement, l'unique village touristique qui sera construit sera celui de Belle-Mare, au coût de Rs 200 millions, car les autres, à Mahébourg, Pamplemousses, Trou-d'Eau-Douce et Le Morne, seront abandonnés en cours de route. Toutefois, depuis la livraison du complexe de Belle-Mare au début de 2010, aucune activité économique liée au tourisme n'a été organisée dans l'enceinte de ce village touristique, Xavier-Luc Duval, alors vice-Premier ministre et ministre de l'Intégration sociale, au lendemain des élections générales de 2010, donnant le coup de grâce au projet de Sithanen.
L'appel d'offres lancé par la SIC ouvre la porte à la transformation du Belle-Mare Tourist Village. Les acquéreurs ou locataires éventuels pourront se lancer dans des "alternative uses like office space, commercial centre, recreational park or combination thereof". La direction de la SIC semble se réveiller à l'idée que le moment est venu de rentabiliser ces investissements engagés à partir des fonds publics.
D'autre part, toujours en ce qui concerne la gestion de la SIC, de nouveaux locataires/opérateurs sont recherchés pour les différents restaurants situés dans le complexe du Domaine Les Pailles. La date limite pour des offres a été fixée également au mercredi 12 juin. Les restaurants concernés par cet exercice de location sont le Clos St Louis Restaurant (cuisines européenne et créole), l'Indra (cuisine indienne), le Fu Xiao (restaurant chinois), La Dolce Vita (cuisine italienne), La Petite Cannelle (salle de conférences) et Canelle Rouge (Banquet Rouge).
Force est de constater qu'à pareille époque l'année dernière, la SIC avait lancé des Expression of Interests pour la gestion des casinos à Maurice et également pour la Strategic Disposal of State Properties. Mais que dès la fermeture pour la soumission des cotations, en date du 16 juillet 2012, aucun détail n'a transpiré en public quant à la décision de la SIC sur ces questions de gestion des biens de l'État et des avoirs publics.