Fait quasi exceptionnel ce matin au QG de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) ce matin. Deux membres de la majorité parlementaire, soit le ministre des Affaires étrangères, Vishnu Lutchmeenaraidoo, sur qui pèse un « Report on Departure », un quasi-mandat d’arrêt  depuis lundi après-midi, et l’ancien ministre de l’Environnement, Raj Dayal, se succéderont à moins d’une heure d’intervalle pour des séances d’interrogatoire dans deux enquêtes différentes sous les dispositions du Prevention of Corruption Act. Le premier attendu à l’ICAC, ce mercredi matin, devra être Vishnu Lutchmeenaraidoo pour l’opération Goldfinger avec l’Euro-Loan de 1,1 million d’euros de la State Bank of Mauritius et ensuite Raj Dayal dans l’opération HELICAC avec en toile de fond l’octroi d’EIA Licence pour le morcellement de Gros-Cailloux contre des « balles kuler » pour la récente fête Holi.
Dans les deux cas, les Police Headquarters des Casernes centrales seront en Stand-By pour la réception des dossiers de l’ICAC en vue du feu vert du commissaire de police, Karl Mario Nobin, pour des « Further Actions »  sous la section 7 du Prevention of Corruption Act. C’est du moins ce que craint l’entourage du duo Lutchmeenaraidoo/Dayal. La question, qui se pose est quelle sera la posture politique, qu’adopteront-ils en cas d’inculpation provisoire en cours de journée. De son côté, le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, a clairement indiqué qu’en cas de charges de l’ICAC, Vishnu Lutchmeenaraidoo devra soumettre sa démission du gouvernement. La question reste encore ouverte quant à sa démission de l’Assemblée Nationale.
Toutefois, depuis lundi, le ministre des Affaires étrangères a déjà balisé son champ de manoeuvre politique avec une attaque à deux volets, soit une virulente sortie verbale lors du comité parlementaire de Lalyans Lepep contre le ministre des Services financiers, Roshi Bhadain, et ensuite des paragraphes écrits au vitriol contre le même ministre Bhadain dans un affidavit, qui n’a pas été entretenu par le juge Asraf Caunhye, siégeant en référé, lundi après-midi, en vue d’une injonction contre l’ICAC pour un arrêt des procédures pour son interrogatoire Under Warning.
Des extraits de cet affidavit pour soutenir une demande d’injonction et de Habeas Corpus contre l’ICAC, confirmant, si besoin est, que les ponts sont définitivement coupés entre Vishnu Lutchmeenaraidoo et Roshi Bhadain:
« The Respondent No.3 (Roshi Bhadain) has been on a spree to malign my reputation by, inter alia, leaking to the press and to the public at large the following false and malicious information , viz :- (i) that I have used my position as the then Minister of Finance to obtain a loan of EUROS1.1Million from the State of Bank of Mauritius and that the said loan was approved without following the procedure; (ii) that I have been paid kickbacks to the tune of Rs.45Million in the joint venture project of YIHAI and State Investment Corporation Limited for Domaine Les Pailles; 11.”
“The Respondent No.3 (Roshi Bhadain)  is a Honourable Minister, who has been managing his Ministry like the KGB with his arms spread everywhere in most of the ministries, has aspired to become the next Minister of Finance by ousting me by any means from the present government.”
 
La teneur de l’affidavit de Vishnu Lutchmeenaraidoo confirme l’information publiée par le groupe Le Mauricien que la demande d’emprunt logée auprès de la State Bank of Mauritius en juillet 2015 est pour un montant de 1,1 million d’euros. Il confirme également que le prêt avait été finalisé entre les parties le 11 septembre 2015 avec un taux d’intérêts de 1,5%. Néanmoins, le ministre des Finances d’alors devait ajouter  que “on 19.01.2016, the said loan, at my request was reduced from EUROS1.1Million to EUROS 400,000.- under the same conditions.   On 20.01.2016, the sum of EUROS 700,000.- was debited from my account and paid to the State Bank of Mauritius Ltd”.
Vishnu Lutchmeenaraidoo revient à la these du complot en alléguant dans l’affidavit que “it is therefore undoubtedly clear that the Respondent No.3 (Roshi Bhadain) has provoked and manipulated the said campaign to exit me from the present government and by referring the matter to the Respondent No.1 so that I be humiliated, interrogated, arrested and be forced to resign from the present government. Since I am a man of integrity and probity, I am ready and willing to face an enquiry provided such enquiry is without any political interference from the Respondent No.3 and follows the conditions set out by law.”