Il y a 300 ans – début de la colonisation française

Il y a 300 ans de cela, plus précisément en septembre 1714, le Roi Louis XIV de France, le fameux Roi-Soleil, décida d’annexer l’île « Mauritius » au territoire du Royaume de France avec des ordres précis de la renommer après « Isle de France ». En effet, le ministre Jérôme de Pontchartrain faisait parvenir alors à Guillaume Dufresne d’Arsel, commandant du vaisseau Le Chasseur, les instructions du Roi pour prendre possession de l’île au nom du Roi de France. Dufresne d’Arsel se trouvait cependant alors en 1714 au port de Moka au Yémen. Les directives furent données à Monsieur de la Boissière, capitaine du vaisseau L’Auguste, partant de France, de lui remettre ces instructions à Moka afin que celui-ci procède rapidement vers la nouvelle Isle de France pour y planter le drapeau français.  L’île était alors inoccupée, elle était terra nullius ce qui veut dire une terre inoccupée et n’appartenant à personne car les derniers hollandais étaient partis de l’île en 1712 après l’avoir occupée pendant 114 ans, dès l’année 1598. Nous rappelons ici que les hollandais l’avaient déjà appelé « Mauritius », prenant le nom du stadtholder de Hollande, le Prince Maurits van Nassau. Il est aussi de triste renommée que les hollandais avaient mangé les dodos de l’île pendant leur occupation et il semble que les dodos avaient disparu en 1714. Sur une note plus positive, les hollandais avaient introduit la canne à sucre et le fameux cerf de Java qui est toujours présent sur l’île pour le plaisir des chasseurs et des amateurs de bonne chair.
Terra Nullius
Il faut savoir qu’en droit international public, il y a plusieurs façons d’acquérir un territoire étranger et qu’un des moyens les plus simples est de l’annexer quand elle est terra nullius. Suite à l’annexion de l’île Mauritius par le Roi de France, il est intéressant de noter le manque de réaction et l’absence d’objection de la part des hollandais qui avaient définitivement abandonné l’île. Pour la petite histoire, les français qui débarquèrent après furent surpris de découvrir un allemand, Wilhem Lechnig qui vivait dans les hauts de l’île sur sa propriété. Le district des Plaines Wilhems lui doit son nom. Il est aussi probable que lors du départ des hollandais, des esclaves en fuite, des esclaves marrons vivaient cachés dans des coins retirés. Il est clair aujourd’hui en 2014, qu’il n’y a plus de terra nullius sur la planète et que les moindres recoins de la terre peuvent être dépistés par n’importe qui sur un smartphone en utilisant Google Earth!
 On prend aussi note du rôle important de la puissante Compagnie des Indes, une société dûment constituée selon le droit français, qui gérait les comptoirs commerciaux de France en Asie. Elle fut officiellement informée de la prise de possession de l’île Mauritius dès novembre 1714 et c’est elle qui devait prendre la gestion de l’île. C’est cependant en 1715, en septembre plus exactement, que Le Chasseur avec Dufresne d’Arsel, devait atteindre notre île en provenance de Moka. Notons aussi que le village de Moka et celui dudit district à Maurice tiennent leurs nom de cette ville du Yémen qui était alors un port d’attache fort pratique pour les navires de la région.
Commencement de la colonisation française
Notre île fut ainsi annexée de facto à la Couronne de France. La colonisation française commençait donc en 1715 mais les premiers français s’établirent quelques années après arrivant de Bourbon et de France. Cette colonisation française devait être phénoménale car en moins de 100 ans, les français jetèrent les bases de l’île Maurice du futur en construisant des villes, des villages, des routes, des canaux, des hôpitaux, des écoles et de nombreuses infrastructures. Parmi les gouverneurs qui contribuèrent le plus subséquemment à l’émergence d’une Isle de France plus forte culturellement, politiquement et économiquement, il en eut un qui émerge du lot, Mahé de Labourdonnais un des premiers de l’époque française, arrivé de Goa en 1735. Il fut un gouverneur farouchement orienté vers le développement de l’île, vers l’avenir et la modernité. On lui doit aussi une réforme agraire centrée sur la canne à sucre. Il est probablement l’un des plus grands parmi les grands à avoir géré, émancipé et dirigé notre île durant ces trois derniers siècles.
Au niveau juridique, notre île hérita par la suite en 1808 de nouvelles lois et surtout des Codes de Napoléon, nommément, le Code civil, le Code de commerce, le Code pénal et le Code de procédure civile. Ces codes sont toujours présents dans notre droit mauricien, aujourd’hui droit hybride où se côtoient les codes français et le Common Law anglais.
Il est intéressant donc de noter que toute cette aventure française chez nous commençait exactement il y a trois siècles.   
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LÉGENDE
HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Portrait_de_Louis_XIV_en_costume_de_sacre" \o "Portrait de Louis XIV en costume de sacre"Portrait de Louis XIV en costume de sacre par HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/Hyacinthe_Rigaud" \o "Hyacinthe Rigaud"Hyacinthe Rigaud en HYPERLINK "http://fr.wikipedia.org/wiki/1701" \o "1701"1701 (Source : Internet)


Commentaires

L’article parle des Codes français qui étaient en usage dans l’île durant les trois siècles écoulés, mais reste silencieux sur le Code noir. Pas un seul mot ! Pourquoi ?
Or, « Le Code noir a été promulgué par Louis XIV, en 1685. Il concernait la réglementation de l’utilisation de l’esclavage dans les Antilles françaises. Le roi Louis XIV voulait étendre son pouvoir sur l’ensemble des colonies françaises. Un texte inspiré de ce code a été adopté à Maurice. Il a favorisé l’arrivée d’un grand nombre d’esclaves à Maurice, provenant généralement de Madagascar et de l’Afrique orientale.
Ce texte est composé de 54 articles qui précisent le cadre juridique de l’esclavagisme. Il précise notamment que l’esclave est une personne de non-droit, considéré comme un objet, un « bien-meuble ». Généralement, l’espérance de vie de l’esclave ne dépassait pas les 40 ans. C’est le 1er février 1835 que l’Angleterre abolit l’esclavage à l’île Maurice. »
( voir http://ilemaurice.com/code-noir-que-representait-il-pour-les-esclaves-de...)

Quant au Code civil, le reproche qu’on lui fait souvent et ce, dans presque tous les domaines, c’est sa relative inflexibilité, son emphase sur le droit seulement, d’où des jugements y découlant sont perçus comme étant injustes.
Contrairement au droit anglais, le droit français ne permet pas au Juge de juger en équité. Or, il n’y a de véritable justice sans l’équité, sa sœur jumelle !

L'histoire nous apprend qu'a l'arrivée des Français, Monsieur Wilhem Lechnig habitait ou occupait déjà l'ile.Le manque de résistance de sa part, ce qui est compréhensible, est-ce qu'en droit international public, l'île est considérée comme Terra Nullius?

pas de mention des contributions des esclaves a batir l'ile

Bien entendu, les Français se sont lancés dans les grands travaux et ont tout construit de leurs propres mains ....

Non Malala, je trouve votre remarque un tantinet sarcastique, je vous propose d'imaginer plutôt le revers hypothétique de la médaille, serait-ce avec un sarcasme aussi mesuré... si les français n'avaient pas eu le sens de l’entreprise et utilisé les moyens de l'époque pour faire avancer et progresser le pays, nous serions peut-être tous en langoutis et charette aujourd'hui au lieu de nous pavaner en Saville Row et Rolls Royce un cigar cubain au bec au son du djembe!!!

"Être en langouti et charette " C'est pas si mal Monsieur Colon Fige dans le Temps . On n'est pas en costume Europeen encombrant et la charette ne pollue pas comme un Rolls!