Ce 17 juillet : 9 ans depuis le décès du cardinal Jean Margéot

Ce 25 juillet : 50e anniversaire de la publication de l’encyclique de Paul  VI : « Humanae Vitae »

Monique Dinan

Ces deux anniversaires remettent à l’avant-plan l’important travail de ces deux apôtres du XXe siècle qui ont souligné et balisé l’importance du respect de la vie. En vrais prophètes, ils ont précisé les critères à respecter pour que les grandes avancées de la médecine et de la génétique servent essentiellement au bien-être et au progrès de la personne humaine.

Mgr. Jean Margéot, évêque du diocèse de Port-Louis de 1968 à 1993, a été à l’avant-plan avec des propositions concrètes pour faire face, de façon positive, aux problèmes de surpopulation, diagnostiqués dans les Rapports Titmuss et Meade au début des années 1960. Au lieu de recourir à la vaste panoplie de préservatifs et de pilules contraceptives proposés par le Family Planning, Mgr Margéot a fait venir les Drs François et Michèle Guy qui ont mis sur pied l’Action Familiale pour enseigner les méthodes naturelles de régulation des naissances. Il s’agit d’apprendre aux couples de savoir reconnaître la période exacte de l’ovulation où l’ovule attend d’être fécondé, un temps où ils doivent s’abstenir de relation sexuelle, s’ils ne désirent pas avoir un enfant. Un immense travail de formation des éducateurs a été mis en train. Leurs visites à domicile ont resserré les liens  au sein de toutes les communautés. Les couples ont compris l’importance d’un vrai dialogue conjugal pour mieux vivre leur sexualité et consolider leur couple. La période d’attente n’étant qu’un levier pour plus de plaisir sexuel; le don des corps mieux rythmés sur les échanges et le plaisir partagé. Des couples qui veulent s’aimer dans la durée, des familles plus solides, mieux capables de bien encadrer leurs enfants.

Il y a 50 ans, le 25 juillet, le Pape Paul VI a publié la lettre encyclique sur le mariage et la régulation des naissances : « Humanae Vitae ». Cette encyclique a suscité de multiples critiques et des contre-attaques, dans le sillage de la révolution sexuelle que vit le monde contemporain. Néanmoins, l’enseignement de Paul VI se révèle en même temps comme étant la charte et le garde-fou pour une société où l’amour conjugal prime sur les jouissances factices. Il se révèle de plus en plus que les méthodes naturelles de régulation des naissances protègent mieux le corps humain que les multiples dérivés d’une industrie pharmaceutique motivée par des gains commerciaux.     

Cette encyclique ne se limite pas qu’à la question de la contraception mais éclaire aussi les fondements que la science moderne doit respecter et valoriser.

Elle prévoyait déjà que la procréation pouvait devenir un acte technique de fabrication dans les éprouvettes des laboratoires. Ce qui a ouvert par la suite la voie au commerce des œufs fécondés et des mères porteuses pour les couples stériles et, dans d’autres cas, des bébés configurés selon les desiderata de leurs parents. Ce sont ces dérives qui font l’objet d’âpres débats en France, notamment, où les valeurs éthiques risquent d’être contournées devant les lobbies de la gestion par autrui (GPA).

L’encyclique refusait que les bébés à naître qui s’annonçaient sans être programmés, anormaux ou handicapés soient susceptibles d’être avortés – une pratique qui se répand, sous le vocable : interruption volontaire de grossesse (IVG).

Cette encyclique n’avait pas pour but de condamner et de culpabiliser. Les papes qui ont succédé à Paul VI – Jean-Paul II, Benoit XVI – cheminant avec les progrès de la médecine et de la science ont maintenu la ligne de conduite tracée dans « Humanae Vitae ». Voilà que c’est l’actuel Pape François qui va canoniser Paul VI le 14 octobre prochain à Rome. Une façon de souligner que le prophète avant-gardiste qu’il a été n’avait pour but que de mettre en valeur l’amour conjugal et le total respect dans lequel toute vie humaine doit commencer et se développer.