Les critiques pleuvent sur les sapeurs- pompiers depuis l’incendie, qui a éclaté dans l’entrepôt de Shoprite dimanche en début de soirée. Pourtant, plus de 80 soldats du feu ont été mobilisés sur les lieux pour venir à bout des intenses flammes et ont été sur la brause pendant plus de 44 heures d’affilée se succédant avec pour seul objectif de maîtriser le sinistre. Leurs témoignages en contre-poids à ces critiques et face à l’émotion des proches du jeune Dinesh Domah, porté manquant dans les cendres de Shoprite depuis dimanche dernier.
Face aux critiques, les soldats du feu tempèrent. « Nous nous sommes rendus sur les lieux dès que nous avons reçu l’appel. Le dispositif s’est mis en place. Les pompiers sont obligés de quitter la caserne dans un délai de deux minutes après un appel. Le public ne peut nous critiquer sans savoir la vérité. Leurs paroles nous blessent. Certains vont même jusqu’à nous maudire, mais nous essayons de les ignorer », affirme José Chung-Foo, Acting Divisional Officer.
Il explique que peu importe l’ampleur d’un incendie, les pompiers sont appelés à entrer dans le bâtiment pour le maîtriser. Bien évidemment, ils sont équipés pour leur mission. « Ils portent des uniformes spéciaux, les protégeant contre les flammes, des masques pour les protéger contre la fumée, ainsi que des bottes, entre autres. Ils sont munis d’un breathing apparatus cylinder et d’un spray spécial pour les rafraîchir ainsi que l’atmosphère à l’intérieur. Ils pénètrent dans le bâtiment jusqu’à ce que la situation leur permette » , fait-il ressortir.
Son collègue, Eddy Bheemul, également Acting Divisional Officer, souligne que les pompiers sont formés pour avancer dans un bâtiment en feu, soit en marchant, soit à quatre pattes, soit même en rampant. L’équipe qui sera appelée à mener les opérations est dirigée par des Lead firefighters, avec une dizaine d’années d’expérience. Un officier restera à l’extérieur pour assurer la sécurité de son équipe.
« À l’intérieur de l’entrepôt, les faux plafonds se sont écroulés, les crépissages sont tombés. Donc, il faut quelqu’un pour assurer la sécurité des pompiers qui sont à l’intérieur. De plus, à l’extérieur, il y a un superviseur, un sub officer, un station officer, un divisonal officer, un assistant chief fire offcier, un DCF command officer, entre autres, pour contrôler la situation. Toute une équipe du personnel descend sur les lieux pour que la mission soit accomplie de manière adéquate. Chaque officier est muni d’une radio de communication pour un compte rendu régulier de la situation », révèle Eddy Bheemul.
L’officier indique  que chaque opération dure 30 à 40 minutes, soit jusqu’à l’épuisement du gaz dans les « BA cylinder ». Plus de 80 sapeurs-pompiers ont été déployés au Trianon Shopping Park. Les pompiers sont entrés par trois entrées principales. Sept lignes d’eau ont été envoyées à l’intérieur de l’entrepôt pour maîtriser l’incendie. Des ouvertures, à trois endroits différents, ont été faites sur le toit afin d’évacuer la fumée. « Nous avons tout fait pour maîtriser l’incendie. Nous avons certes pris trois jours pour le faire, mais nous sommes parvenus à le réaliser », soutient-il.
José Chung-Foo précise qu’ils ont travaillé inlassablement pour non seulement maîtriser le feu, mais également pour chercher le jeune disparu. « Contrairement à ce que nous avons vu dans un journal, les pompiers ne sont pas oisifs sur le terrain. Quand ils sont sous la tente, c’est qu’ils viennent de terminer leur opération et qu’une autre équipe a pris la relève. Normalement, ils doivent se reposer pendant trois heures avant de reprendre leur boulot. Mais ces officiers n’ont pris qu’une heure. Ils voulaient à tout prix retrouver Dinesh Domah », affirme José Chung-Foo. À noter que deux sapeurs-pompiers ont souffert de douleurs musculaires lors des opérations et ont dû se faire soigner à l’hôpital.