INDUSTRIE CANNIÈRE : La PRA réclame un partage équitable des revenus de la mélasse

Salil Roy

Le président de la Planters Reform Association (PRA), Salil Roy, réclame un partage équitable des revenus obtenus de la mélasse, sous-produit de la canne à sucre utilisé comme matière première dans la production d’éthanol et autres. « Les planteurs subissent un manque à gagner sur le prix de la mélasse. We are being treated most unfairly in the given circumstances where prices are falling », dit-il, avant de demander à la Mauritius Cane Industry Authority (MCIA) et au Control Board d’assumer leurs responsabilités et de bien faire la part des choses.

Salil Roy estime que la baisse du prix du sucre en raison de l’abolition des quotas de production des betteraviers en Europe ne relève pas de notre ressort ». Il ajoute : « Faisons de notre mieux pour améliorer nos revenus sur le plan local. Nous n’avons aucun contrôle sur le prix du sucre à l’étranger, face à qui la compétition est très féroce. Mais nous pouvons faire beaucoup de choses sur le plan local et l’une d’elles consiste à augmenter le prix de la mélasse pour les planteurs. » Selon lui, Maurice a produit environ 118 000 tonnes de mélasse en 2016, dont 39 000 sont allées à Omnicane, qui utilise ce produit dans la production d’éthanol ; 26 500 à Alcohol and Molasses CO (AMCO) à des fins d’exportation ; 3 500 tonnes à Livestock et 29 000 tonnes à Grays et Médine pour être utilisées dans la fabrication de produits alcoolisés. « Omnicane, AMCO et Grays paient Rs 1 989 par tonne pour sa mélasse alors que Livestock paie Rs 3 500 la tonne », indique-t-il, avant d’aborder les inquiétudes des planteurs par rapport au prix qu’ils obtiennent pour leur mélasse. « Nous avons obtenu Rs 2 284.84 par tonne de mélasse pour la coupe de 2016, payée très tard, alors qu’un comité technique du Control Board nous a informés que nous devrions être payés 40 % du prix affiché par le Landbrow Economic Institute (LEI), une référence sur le plan mondial. Si le prix LEI est de Rs 6 000, nous devrions obtenir Rs 2 400. J’ai appris que ce comité a recommandé dans son rapport le prix de Rs 2 621 la tonne aux planteurs, qui a par la suite été révisé à Rs 2 284.89 », déclare-t-il.
Salil Roy estime que les planteurs « devraient bénéficier de 50 % du prix LEI », ce qui arrive à Rs 3 000, pour l’instant, en rappelant qu’ils avaient obtenu Rs 3 016 pour leur mélasse en 2009. « Ce n’est pas aux grandes entreprises qui achètent cette matière première de déterminer le prix car elle nous appartient. Il est temps d’enquêter sur ce sujet car ce n’est pas normal qu’une entreprise, qui produit de l’éthanol et qui exporte, paie sa mélasse à Rs 1 989 la tonne », fait-il ressortir.
Le président de la PRA appelle les autorités à prendre « des mesures rapides » en vue de redresser la situation. « Si une enquête est requise, il faut le faire. Mettons de l’ordre au niveau endogène, là où nous le pouvons. Ne prétendons pas aller mettre de l’ordre au niveau exogène, là où nous n’avons aucun mot à dire », soutient notre interlocuteur, avant d’ajouter : « On s’étonne de la disparition des planteurs. Si on continue sur cette voie, cette disparition s’accentuera cette année. Je suis triste car je crois encore que la canne à sucre est bel et bien viable. »