Cela fait deux ans aujourd’hui depuis que les pluies meurtrières se sont abattues sur Port-Louis et ses quartiers. Ce matin, comme l’an dernier, les familles des 11 victimes de l’inondation se sont réunies autour d’une stèle érigée en mémoire de Keshav Ramdharri, Sylvia et Jeffrey Wright, Amrish et Trishul Tewary, Vikesh Khoosye, Simon Henriette, Christelle Moorghen, Retnon Navin Sithanen, Rabindranath Bhobany et Vincent Lai, les 11 Mauriciens qui périrent sous les eaux, le 30 mars 2013, ce “samedi noir”. La souffrance est encore présente, tant dans les regards que dans les paroles des uns et des autres. En parallèle, les 11 familles ont constitué un front commun et des actions légales ont été entamées.
C’est une mère dévastée, dont chaque parole est empreinte de sa souffrance indicible, qui s’exprimait ce matin. Brinda Tewary, mère d’Amrish (24 ans) et de Trishul (19 ans), rappelle que « sa dram la finn pran kat zom for ki ti ena dan nou trwa fami ». Keshav Ramdharri, Amrish et Trishul Tewary, et Vikesh Khoosye étaient cousins et ont tous péri les dans le tunnel à l’entrée sud du Caudan Waterfront. « Kat garson ki ti tou pou zot bann paran. Zot mem ti pe travay e swagn nou. Aster zot inn less nou tousel. Kot mwa, mo retrouv mwa ek sink ti zanfan. Ek mo pansion Rs 5 000, kouma mo pou kapav get zot ? Bizin nouri zot, avoy lekol, abiye… Kot pou rod kas kan bann seki ti pe amen larzan lakaz mem ine ale ? » Retenant péniblement ses larmes, le temps de trouver le courage nécessaire pour évoquer son calvaire permanent qui dure depuis deux ans, Brinda Tewary demande « que le gouvernement nous donne une attention particulière ». Elle poursuit : « Ce n’est pas facile pour des familles de perdre ceux qui étaient leur “bread winner”, comme ça, du jour au lendemain. »