Dès ce 1er janvier, l’utilisation des sacs en plastiques sera interdite, et ce dans le cadre de l’Environment Protection (banning of plastic bags) Regulations 2015, promulguée le 6 août dernier. Mais dans la pratique, à la veille de l’échéance du 1er janvier, les commerçants évoquent certaines difficultés pour écouler leur stock de sacs en plastique. Ils dénoncent une confusion concernant les alternatives proposées à la clientèle.
« Que ferons-nous des sacs restants le 1er janvier ? », se demande Prem Khoosy, marchand de pommes d’amour au marché central de Port-Louis. Il faut dire que les maraîchers distribuent quotidiennement à leurs clients l’équivalent de Rs 300 à Rs 400 de sacs plastique qu’ils se sont procurés chez les distributeurs et fabricants. Mais à la veille de l’entrée en vigueur de la mesure concernant l’interdiction d’utiliser ces sacs, le flou règne chez les vendeurs de fruits et légumes rencontrés au marché central, bien que ces derniers concèdent qu’ils n’auront d’autre choix que de se plier aux règlements.
Les maraîchers sont en effet dubitatifs concernant les alternatives qu’ils pourront proposer à leur clientèle dès ce vendredi. « Kouma nou pou recevwar ene clian ? Clian-la li vine bazar lamain vide », fait remarquer Prem Khoosy. Comme lui, de nombreux maraîchers se retrouveront demain avec un stock de sacs plastique qu’ils ne pourront écouler. D’autant que ceux-ci ont passé commande d’un important stock en prévision des ventes de fin d’année.
Isoop Soobedur, président de la Market Traders Association, explique de son côté avoir emmagasiné un stock de vieux journaux chez lui en attendant des solutions alternatives proposées par les fabricants. Il regrette en effet le manque d’informations concernant les adresses où il pourra se procurer ces sacs alternatifs. Les maraîchers réclament du coup un moratoire. « Ine mette ene move pression lor nou », affirme Prem Khoosy.
C’est Rodrigues qui a été la première à déclarer la guerre aux sacs jetables. Et à partir de demain, ce sont les Mauriciens qui devront utiliser les sacs alternatifs : sacs en tissu (coton, lin, écru, soie); à base de fibres naturelles (aloès, vétiver, banane, rotin, raphia, vacoas, bambou); en papier, biodégradables et compostables, ou en jute.
L’interdiction d’utiliser les sacs plastiques avait été annoncée lors du discours budgétaire. Viraj Teelwah, vendeur de brèdes et de laitue, figurent parmi ceux qui accueillent favorablement cette décision. « Li ene bon zafer elimine sac plastik. Sa pou diminie polisyon et desord lor sime ek pou encouraz dimoune amen so tant. Si Rodrigues ine kapav fer li, kifer pas Moris ? » s’interroge notre interlocuteur.
Le ministère de l’Environnement a pour sa part publié une liste de sacs qui seront exemptés par cette mesure, à savoir les sacs transparents de type “roll-on”, utilisés uniquement pour contenir des fruits de mer, de la viande, de la volaille et des abats frais, réfrigérés ou congelés, mais aussi les sacs-poubelles, les sacs à usage agricole; les sacs utilisés pour l’échantillonnage et les analyses, les emballages dans lesquels les marchandises sont scellées avant leur commercialisation sur le marché local ou pour l’exportation, ou encore les sacs biodégradables et compostables imprimés et certifiés. À noter que tout contrevenant risque une amende pouvant aller jusqu’à Rs 10 000.