INTERNET: La guerre des fournisseurs d’accès est relancée

Bharat Telecom est le nouveau venu dans le paysage de l’internet à Maurice. L’opérateur a présenté hier soir les services qui seront proposés prochainement aux Mauriciens. Si l’Information & Communication Technologies Authority (ICTA) approuve sa grille de tarifs, c’est le consommateur qui devrait profiter de la compétition. Les autres fournisseurs ne chôment pas pour autant : Orange mise sur l’innovation alors qu’Emtel promet des offres plus compétitives.
Avec l’entrée en scène de Bharat Telecom, la guerre des Fournisseurs d’accès à l’internet (FAI) est de nouveau d’actualité. Surfer plus rapidement pour moins cher, les internautes mauriciens en rêvent tous.
Dans six à huit semaines, Bharat Telecom fera connaître ses forfaits. Le public pourra alors découvrir l’internet par fibre optique et constater si la compagnie tient ses promesses. Le fournisseur annonce que la région des Plaines-Wilhems sera la première à être connectée au réseau de fibre optique. Il étendra ses tentacules “fibreuses” à travers le pays en 2013.
Même si l’ADSL (Asymmetric Digital Subscriber Line) est la technologie d’accès principale à l’internet haut débit pour le consommateur, la fibre optique est considérée comme la technologie qui dominera le marché dans quelques années. Si la première offre une connexion à haut débit par la ligne téléphonique, la seconde permet une vitesse de connexion plus élevée et ne nécessite pas de ligne téléphonique.
L’avenir du haut débit est ainsi la fibre optique. Ses avantages par rapport à la paire de cuivre utilisée pour l’ADSL sont : des débits pouvant aller à plus de 2 Gigabits par seconde (1 000 fois supérieur à l’ADSL) et de très faibles pertes de signal sur la distance. Un atout sur lequel mise Bharat Telecom, qui commercialisera bientôt ses offres FTTH (fibre jusqu’à l’abonné).
Mauritius Telecom (MT) opère actuellement des réseaux FTTC dans des entreprises, grands établissements hôteliers et petites et moyennes entreprises avec des besoins élevés en termes de débit. La société a introduit l’année dernière la technologie GPON qui permet des connexions pouvant aller jusqu’à 1 Giga octet par seconde. Son déploiement a commencé aux ministères situés à Port-Louis, dans les centres d’appels et les sociétés BPO à d’Ébène.
Compétition
Avec l’arrivée de Bharat Telecom, la compétition devient de plus en plus féroce. La course aux débits et la diversité des services sont ainsi annoncées avec plusieurs projets des différents FAI. Orange, qui dit bien accueillir la compétition, compte miser sur l’innovation et la continuité de son plan de développement pour le broadband, notamment à travers des investissements majeurs dans les câbles à fibre optique.
Les offres internet d’Orange varient de 256 kbps à 4 Mbps pour les clients résidentiels. Le fournisseur continuera ainsi à promouvoir l’accès haut débit et proposera des « offres innovantes » à travers le « Broadband Mauritius ». Cette stratégie a démarré en juillet 2006 avec l’introduction de l’offre haut débit, IPTV (30 chaînes de télévision actuellement), la vidéo à la demande (aujourd’hui plus de 600 films en catalogue) et le WiFi grâce à la Livebox.
Les offres ADSL et My. T connaîtront aussi une croissance soutenue, affirme-t-on. Orange mise sur leur atout qui est la disponibilité de la bande passante rendue possible grâce aux investissements dans les câbles sous-marins à fibre optique (SAFE, LION 1, LION2, EASSy et EIG). L’opérateur compte 120 000 abonnés au haut débit (59 000 pour le service ADSL et 61 000 pour My. T). En 2015, il est prévu que trois Mauriciens sur quatre soient connectés à internet.
Emtel n’est pas en reste. L’opérateur a annoncé depuis quelques temps déjà des investissements importants en vue d’accroître la vitesse de la connexion. Il compte également proposer des offres plus compétitives.
Quant à Data Communications Ltd (DCL) qui avait annoncé en 2009 son projet de WiMax (Internet via les ondes radio hertziennes), elle ne considère pas l’arrivée Bharat Telecom comme « un choc frontal ». La compagnie se concentre actuellement sur un ADSL « corporate version », notamment un service de fixed IP pour les sociétés. Dans le pipeline : une offre au grand public. Le directeur de DCL, Ganesh Ramalingum, directeur de DCL, n’en dira cependant pas plus, stratégie marketing oblige. Il faudra attendre ainsi juin 2012.
Ganesh Ramalingum semble toutefois accueillir favorablement la venue d’un nouveau fournisseur sur le marché. « C’est une très bonne nouvelle pour le public. Rien (Ndlr : aucune technologie sans fil) ne peut remplacer le câble. Sortir du cuivre pour évoluer vers la fibre optique, c’est une excellente nouvelle. Reste à voir les services proposés. »
Du côté de Mahanagar Telephone (Mauritius) Ltd (MTML), l’on ne s’aligne pas non plus sur ce type de service internet. Comme le précise son Chief Technical Officer Rajesh Rai, la société ne possède pas de ligne et ne fournit qu’un service de téléphonie et d’internet mobile.
L’offre MTML comprend une clé USB à Rs 1 999 et des tarifs de connexion à partir de Rs 299 + TVA (pour 1 Giga octet). MTML et Bharat Telecom n’évoluent pas dans le même segment, la première offrant de l’internet sans-fil. De plus, il est improbable qu’elle puisse à court terme se tourner vers un modèle ISP à la Mauritius Telecom ou Bharat Telecom.
Nombreuses sont les personnes qui attendent de juger la prestation de Bharat Telecom. « Avec Mauritius Telecom, qui est considéré comme le Big Boss de l’Internet à Maurice, nous n’avons pas eu trop le choix jusqu’à présent. Nous disposons d’une connexion qui parfois laisse à désirer », explique un internaute mauricien, Murveen Veerapen. Et d’ajouter : « Avec l’arrivée de Bharat Telecom, je pense qu’il y aura des changements au niveau de la distribution, en particulier avec son offre comprenant la TV et une connexion internet de 2 Mega à Rs 280 + TVA. Ce sera une bonne chose pour les consommateurs. Avec un autre distributeur qui pourra relever le challenge de MT, on aura j’en suis sûr un meilleur service et une meilleure connexion ».



L’internet mobile : l’avenir du web
FAI, développeurs et informaticiens l’ont bien compris : l’avenir de l’internet c’est le mobile. En quelques années, le téléphone mobile s’est imposé comme un élément indispensable de la vie quotidienne. Avec le développement des réseaux 3G et des smartphones, l’utilisation de l’internet mobile augmente.
Maurice compte plus de 100 000 propriétaires de smartphones. Le marché des smartphones est ainsi appelé à croître de manière significative. Avec cette tendance en hausse, la guerre des FAI devra aussi se jouer sur un autre terrain : celui du mobile. Pratiquement tout le monde possède un téléphone mobile qui l’accompagne à tout moment.
Mahanagar Telephone (Mauritius) Ltd a ainsi comme projet des « sms and wireless internet value-added services in one month », indique Rajesh Rai, son Chief Technical Officer. Concrètement, il s’agit de l’exploitation du filon technologie mobile mais M. Rai n’en dira guère plus.
Emtel pour sa part travaille sur un projet visant à rendre la connexion à partir du mobile plus rapide. La compagnie a annoncé lors de l’ouverture d’un Emtel Data Centre à Arsenal, fin janvier, une vitesse de transmission des données augmentée à 100 mégabytes par seconde d’ici fin 2012.
Le gouvernement mauricien propose quant à lui « Wi-fi Mauritius ». Pour faire de l’île Maurice une île WiFi, il faudra installer environ 1 000 hotspots. Le ministère des TIC apporte sa contribution au projet en soutenant l’installation de bornes WiFi dans les conseils de district et municipalités. L’inauguration est prévue bientôt.