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Difficile, aujourd’hui, de se passer de l’Internet, et plus encore du Wi-fi, qui offre une totale couverture de la toile sans aucun câble. Pour autant, le Wi-fi a déjà fait son temps. Aussi fallait-il lui trouver un successeur. Celui-ci s’appelle LiFi (“Li” pour lumière et “Fi” pour fidélité). Sylvain Leroux, directeur marketing LiFi chez Orange, explique tout sur cette technologie de demain.

Sylvain Leroux, directeur marketing LiFi chez Orange

Le Wi-fi a bel et bien trouvé son successeur. Il s’agit du LiFi : Light (Li) pour lumière, Fidelity (Fi) pour fidélité. La technologie de communication sans fil de demain, qui pointe déjà le bout de son nez, est plus rapide, plus sécurisée et plus écologique que sa grande sœur. Elle pourrait être proposée aux particuliers d’ici quelques années. Mais qu’a-t-elle réellement à offrir et quelle peut être sa véritable utilisation ? Sylvain Leroux, directeur marketing LiFi chez Orange, répond.

Qu’est-ce que le LiFi concrètement ?

C’est une technologie qui permet à la fois d’envoyer et de recevoir des données grâce à la lumière. Elle fonctionne avec n’importe quelle lampe LED du marché. Si on la compare à d’autres technologies, elle est plus rapide, plus robuste et davantage sécurisée. Elle n’est pas du tout gourmande en énergie, puisqu’elle s’appuie sur le réseau électrique et sur les ampoules LED. Elle a une vraie particularité : comme on utilise les lumières LED, cela veut dire qu’on doit se trouver en dessous du flux lumineux pour recevoir ou renvoyer l’information. C’est un avantage, dans le sens où ça ne traverse pas le mur (donc pas d’ondes électromagnétiques, Ndlr), et un inconvénient car on ne peut pas se balader sur plusieurs dizaines de mètres, comme on peut le faire avec le Wi-fi.

Peut-on se faire une idée de ce à quoi ressemble, physiquement, cette technologie ?

L’image du LiFi, c’est vraiment une lumière avec du flux lumineux qui envoie des 1 et des 0. Plusieurs lampes LED, associées à un modem, transmettent les données par le flux lumineux. Et pour réceptionner l’information, on utilise des dongles, qui font la taille d’une clé USB, ou de la clé Wi-fi d’il y a quelques années. Donc nous sommes dans la même problématique qu’à l’époque. À terme, d’ici deux ans, ou peut-être même avant, on aura ces dongles directement intégrés dans l’ordinateur.

Techniquement, quelles différences de puissance y a-t-il entre le Wi-fi et le LiFi ?

On sait que le LiFi est plus rapide sur le long terme (on l’estime 10 à 20 fois plus rapide que le Wi-fi, Ndlr). On a une capacité de diffusion du signal LiFi qui est plus restreinte certes, mais avec une vraie qualité du débit ; une réelle stabilité du signal et une vraie sécurité de ce dernier, puisqu’on n’est pas capable de le hacker comme les Wi-fi dans les hotspots publics. Le Wi-fi, lui, est génial pour des zones plus denses. Si vous vous souvenez, le Wi-fi est arrivé dans les années 90’, et les premiers PC équipés sont arrivés une dizaine d’années plus tard. C’est exactement la même dynamique avec le LiFi, le même cycle de l’arrivée d’une innovation technologique sur le marché.

Qu’en est-il du LiFi sur mobile ? Peut-on le faire cohabiter avec le Wi-fi sur un même appareil ?

On a procédé à des tests. Le LiFi nous permet de surfer sur Internet à très haut débit sur ordinateur, pour recevoir la télévision, etc… C’est la norme standard 802.11.bb. Et nous avons la norme 802.15.7 qui permet d’envoyer des informations contextualisées, avec des débits beaucoup plus faibles (quelques dizaines, voire quelques centaines d’octets). Ça fonctionne bien sur mobile et sans dongle.

Il suffit juste de télécharger une application pour avoir accès au service. C’est super intéressant par exemple dans un supermarché ou dans un musée. Si je suis dans un musée, je peux recevoir une information très précise qui correspond à l’œuvre qui est en face de moi, et non pas à celle qui est à 1m50 à côté de moi. Ça envoie juste un lien, et c’est le téléphone qui, sur le réseau, va aller chercher la bonne information. Même chose dans une grande surface, où je peux avoir des informations augmentées sur le produit.

Sur la cohabitation des deux technologies (Wi-fi et LiFi), on peut imaginer que c’est tout à fait possible. L’idée, c’est qu’elles sont complémentaires, puisque le LiFi est adapté aux espaces fermés (maison, bureau), dans des espaces figés, alors que le Wi-fi est idéal pour des lieux plus ouverts (gares, aéroports, hôtels). On peut passer de l’un à l’autre. Il y a des lieux où le Wi-fi fonctionne mal (parking) et où il n’est pas autorisé (crèches, avions…), et pour cela, le LiFi représente une superbe alternative.

Contrairement au Wi-fi, ses ondes ne traversent donc pas les murs. Alors comment imagine-t-on son utilisation dans un lieu constitué de plusieurs pièces, un appartement par exemple ?

Le fait de s’équiper de LED n’est pas bloquant. C’est une vraie dynamique de marché. Pour des raisons d’économie d’énergie, ça devient la norme légale aussi en France et en Europe. Ce qu’il faut imaginer, ce que si on désire équiper sa maison, il faudra qu’on puisse mettre un petit modem, qui fait la taille d’un boîtier. On peut l’installer dans un faux plafond ou juste à côté de la lumière LED. On peut placer un modem à côté de chacune des lumières LED, ou bien utiliser le courant porteur en ligne (CPL), qui permet de faire transiter localement des données numériques par l’intermédiaire des prises électriques. Mais pour ce dernier, cela n’est possible que si notre lieu d’habitation possède une infrastructure électrique neuve ou récente, de moins d’une dizaine d’années.

Ce qui est intéressant également, c’est qu’on peut gérer des débits différents dans chaque pièce, des contenus différents aussi. On peut aussi gérer l’accès à Internet de la chambre des enfants par exemple. Si vous coupez le Wi-fi chez vous, vous le coupez pour tout le monde. Avec le LiFi c’est différent, on peut couper quand on veut où on veut.