INTERVIEW Alain Ramanisum : Dans l’intimité du Sentimental

Quand il prend le micro, c’est pour faire Viré son public à travers ses mélodies entraînantes et rythmées. Bat Séga a toujours été sa passion. Il a Tourné tourné avec le groupe Cassiya à partir de 14 ans avant de se décider de voler de ses propres ailes. Quinze ans plus tard, Alain Ramanisum est un artiste confirmé, une vedette montante de la musique locale.

Mais loin de la scène et de la foule, nous découvrons un homme un tantinet timide et de nature très sensible. Alain Ramanisum est aussi quelqu’un qui n’a pas peur de rêver et qui ne peut vivre sans amour. En concert au J&J, à Phoenix le 9 juillet, l’artiste en profitera pour dévoiler ses différentes facettes à ses fans.

Quinze ans que vous êtes connu du public. Confiez-nous une chose que vous n’avez jusqu’ici jamais osé dévoiler ?

Il n’y a pas plus honnête homme que moi (éclats de rires). Autant que possible, je dis tout ce que j’ai sur le cœur et dans la tête. S’il y a une chose que je dissimule facilement, c’est certainement ma tristesse intérieure. Je suis de nature très sensible et il suffit d’un rien pour me faire fondre en larmes. Les actions émotionnelles, qu’elles soient tristes ou gaies, me touchent énormément. La preuve : je me munis toujours de mon mouchoir quand je m’apprête à visionner un film romantique ou sentimental. 

On dit de vous que vous êtes un fêtard invétéré…

Ce n’est pas moi qui vais vous dire le contraire. C’est vrai que j’adore faire la fête et m’amuser. C’est une façon pour moi de rattraper le temps perdu. Car si aujourd’hui j’ai la possibilité de profiter du night life à fond, il y a 20 ans, cela m’était totalement interdit. J’ai eu des parents stricts, qui avaient des principes rigoureux. Ils étaient contre le fait que je traîne les rues au-delà de 17h avec les copains de la région. Ce qui fait que durant l’adolescence, je n’ai pas eu l’occasion de fréquenter les boîtes de nuit. Mo ti enn zanfan lakaz. Mais une fois passée l’adolescence et la découverte du circuit hôtelier, les choses ont beaucoup changé. J’étais souvent absent de la maison car je faisais le tour des pubs et discothèques de l’île. Ce qui m’a valu le surnom de “coq de nuit”. Depuis, j’ai adopté ce mode de vie et ne peux plus m’en défaire. J’ai l’âme d’un fêtard et c’est justement ce qui me permet de faire danser mon public. 

Ceux qui vous connaissent disent aussi que vous n’êtes pas du tout matinal. Mais y a-t-il une chose qui pourrait vous inciter à quitter votre lit le matin ?

Étant de nature très pensive, il m’arrive d’avoir une belle inspiration durant mon sommeil. (Sourire) J’entends au loin une mélodie et vois défiler devant mes yeux de magnifiques paroles. Cela se produit d’ordinaire très tôt le matin, aux alentours de 5h ou 6h. Dans ce cas précis, je préfère sortir du lit et coucher sur papier mes idées. Il est hors de question de laisser filer ce genre d’inspiration.

Y a-t-il une chose à laquelle vous êtes attaché ?

Je ne suis pas le genre de personne à accorder de l’importance aux choses matérielles. Je vous aurais peut-être mentionné mon portable, sauf qu’il s’agit d’un outil de travail. J’arrive facilement à me passer de mes instruments de musique. Donc, il n’y a vraiment pas une chose à laquelle je suis vraiment attaché.

Vous semblez avoir trouvé le look qui vous convient. D’où vous vient cette attirance pour le style “bling bling” ?

Comme je l’ai dit plus tôt, mes parents étaient très sévères. Pour eux, une personne qui se fait percer l’oreille ou qui se fait tatouer est un voyou. Ils me l’ont donc interdit durant de nombreuses années. De mon côté, j’ai toujours été attiré par ce look quelque peu extravagant et par la mode en général. C’est une de mes passions. Me retrouver un jour avec pas moins de dix piercings sur le visage et une bonne dizaine de tatouages était donc inévitable. Chaque tatouage rappelle un événement ou un bon souvenir de ma vie.

Parlons de choses plus sérieuses. Cela fait quinze ans que vous avez démarré votre carrière musicale. Essayons de comparer ce que vous êtes aujourd’hui à l’artiste que vous étiez à 20 ans. 

Avec le recul, je constate que j’ai pu vaincre cette timidité qui me désavantageait quand j’étais sur scène à mes débuts. Je trouve aussi que j’ai beaucoup mûri et que je gère mieux les situations. Sur le plan musical et vocal, j’ai fait de grands pas en avant. Aujourd’hui, j’ai plus confiance en moi.  Au début, je me rappelle que je ne pouvais m’écouter chanter, car je n’arrêtais pas de me dire que j’avais une voix de canard (éclats de rires).

La différence entre l’Alain Ramanisum d’aujourd’hui et celui d’avant est qu’à mes débuts, mon circuit de déplacement se limitait à Cassis et Port-Louis alors que maintenant, je voyage de pays en pays. Où je chante pour des milliers de fans. Dans le passé, je me suis déjà retrouvé à jouer et chanter dans un concert où seule une vingtaine de personnes, y compris mes proches et mes parents, étaient présentes.

Ce qui est sûr, c’est qu’à présent, j’ai une autre vision de la vie et que je peux me permettre de rêver et de penser à l’avenir. Ce que je ne pouvais envisager à mes débuts au sein du groupe Cassiya.

Justement, en tant que benjamin du groupe Cassiya, comment avez-vous vécu cette expérience musicale ?

J’ai débuté avec le groupe à l’âge de 14 ans. J’étais jeune et sans aucune expérience. Cassiya, se enn lakaz fami avek ki monn konn lamizer e viv “lavi lari”, ki nou ti apel liniversite koltar. Avec le groupe, j’ai aussi su ce qui signifie mendier pour avoir une place dans le domaine. On devait supplier des gens pour qu’ils nous laissent jouer un ou deux morceaux dans un concert. Les autres membres et moi-même avons rencontré des hauts et des bas. Cela n’a pas toujours été facile. De ces mauvaises expériences, j’en ai tiré beaucoup de leçons. C’est ce qui a fait de moi ce que je suis aujourd’hui. J’ai appris qu’il y a de bonnes et de mauvaises choses dans la vie. Mais pour les surmonter, il nous faut savoir les prévoir et toujours nous attendre au pire.

Vous avez parcouru un long chemin depuis…

La route a démarré avec mon premier album solo, Séga séga, en 2001. Un démarrage qui s’est fait lentement et qui n’a pas été sans embûches. Mon premier concert la même année fut un fiasco total. Les gens m’ont écouté chanter pendant quinze minutes avant de quitter les lieux. Je suppose qu’à l’époque, ils n’appréciaient pas ce que je faisais. C’est avec la chanson Tourné tourné que ma carrière solo a vraiment décollé. Un an plus tard, en 2002, mon deuxième album m’a permis de me faire connaître davantage à Maurice comme en Europe. Année après année, j’ai conquis le cœur davantage de personnes, qui appréciaient de plus en plus mes chansons. Toutefois, un souci personnel viendra freiner les choses. Un stress que je suis parvenu à surmonter grâce au soutien de ma famille et de Laura. Après une courte pause, j’ai ainsi repris les choses en main, et vous connaissez la suite : un parcours brillant depuis 2004.

Après le trophée “Coup de cœur” que j’ai reçu de Week-End Scope en 2004 pour l’album Prisonier, la chance m’a souri. Les divers prix qui m’ont été attribués par la suite sont des récompenses pour mes sacrifices. Les témoins de mon succès. Je suis fier d’avoir pu faire de ma passion pour la musique mon métier.

Parlez-nous de cette amitié qui a grandi entre le public réunionnais, après l’échec en 2001…

J’ai moi-même vécu à la Réunion vers la fin des années 90. Durant les années passées là-bas, j’ai appris à connaître et à apprécier le peuple réunionnais. J’ai découvert que si l’on parvient à toucher son cœur, il s’accroche à vous. En choisissant d’introduire La Réunion léla dans l’opus Prisonier en 2004, je savais que j’allais séduire les Réunionnais. À partir de là, c’est une belle amitié qui a pris naissance entre eux et moi. Un lien s’est créé. Ce qui m’invite à les retrouver chaque année depuis 2004, pour un unique concert au théâtre St Gilles. D’ailleurs, c’est à la Réunion que je réalise les meilleures ventes de mes albums. J’ai un grand fan-club là-bas.

Comment vous imaginez-vous dans les prochains 15 ans ?

C’est certain que je serai toujours sur scène à jouer pour mon public. Un public composé de personnes de tous les âges. Mais je me verrai mieux en arrangeur musical et pianiste. Un artiste en constante évolution avec son époque. Tout en gardant mes racines, je moderniserai ma musique. Mes textes seront sûrement d’actualité.

De quoi vous inspirez-vous pour écrire les paroles de vos chansons ?

De mon environnement, mon entourage. Mais aussi des histoires vécues par d’autres et moi-même. L’amour est mon thème de prédilection. C’est un sentiment à la fois beau, doux et agréable, qui m’inspire.

Justement, quelle place occupe l’amour dans votre vie ?

Ma vie sentimentale est primordiale. Sans elle, je ne suis rien. Je ne peux aboutir à des choses si ça ne va pas côté cœur. Le manque d’amour peut avoir des répercussions sur ma musique. Pour me sentir bien dans ma peau, je dois respirer l’amour. Il doit impérativement faire partie de mon âme, mon cœur et mon corps.

Cet amour, allez-vous le partager avec votre public le 9 juillet ?

J’ai eu l’occasion de jouer dans plusieurs pays, où j’ai reçu des accueils chaleureux et passé de très bons moments. Toutefois, chanter pour mes fans mauriciens est ce que j’ai toujours préféré. Ce sera avec un immense plaisir que je m’amuserai avec eux le 9 juillet. Je leur montrerai également à quel point je les aime. Mon amour pour le public mauricien ne cessera jamais de grandir.

 

Le 9 juillet au J&J Auditorium à Phoenix

Alain Ramanisum donne rendez-vous à ses fans le 9 juillet au J&J Auditorium à Phoenix à partir de 20h pour un unique concert. Organisé dans le cadre des 15 ans de carrière de l’artiste, l’événement accueillera plusieurs invités, dont Sandra Mayotte, Bruno Raya, Nitin Chinien, Blakkayo, Laura Beg, Serge Lebrasse, Désiré François et Benjam de la Réunion. Les artistes seront accompagnés par les musiciens du groupe Ravanna et interpréteront chacun un titre au choix d’Alain Ramanisum. “Ce sont des chanteurs que j’apprécie et estime énormément. Ils ont tous été présents d’une manière ou d’une autre durant ces 15 ans”, confie Alain Ramanisum.

Le concert est signé Culture Events de Jimmy Veerapin. La chorégraphie du spectacle live sera assurée par Giovanni Bouton. Les billets sont en vente à Rs 300, Rs 400 et Rs 500 dans les magasins Otentikk Paradize Burning (Rose-Hill, Flacq, Grand-Baie, Curepipe et Port-Louis), Dodo Music Shop de Mahébourg et Roots Collection à Goodlands.

Jimmy Veerapin : “Avec Culture Events, je ne me fixe aucune limite.”

Le concert d’Alain Ramanisum marque le lancement de la boîte événementielle de Jimmy Veerapin, Culture Events. Également propriétaire de Paradize Burning Co. Ltd depuis 1997, Jimmy souhaitait depuis quelques années déjà se spécialiser dans le domaine de la communication et de l’événementiel. Son objectif : élargir son champ d’attaque et attirer un maximum de gens à travers divers types de programmes. “Avec Culture Events, je ne me fixe aucune limite.” Parmi les projets à venir de Culture Events, notons les concerts des BlackMenBluz et de Menwar.

Le concert se jouera à guichets fermés

Tous les billets émis pour le concert marquant les 15 ans de carrière d’Alain Ramanisum ont été écoulés. C’est ce qu’ont confirmé les organisateurs de l’événement. “C’est une première et ça me fait chaud au cœur de voir que mes fans répondront présents”, indique Alain Ramanisum.

Commentaires

Bonjour Alain,
Je souhaiterais savoir si vous étiez en HSC au collège Eden site de Vendermesch, en 1981/82.
Merci de me répondre sur mon adresse mail, car maintenant je suis sur la Réunion.
REAGAN

Bonjour,
je suis une Réunionnaise qui est fan de vous Alain; a chaque fois j'écoute vos chansons sa me réconforte, sa me bouste et aussi me redonne le sourire.
Pour moi vous êtes un grand respect car tout vos paroles sont vraies et sincères, sa se voit quand vous chantez,
vous chantez avec beaucoup d'amour............
J'espère un jour vous rencontrez..

Cordialement
MARIE

COMMENT ACHETER LE SINGLE sega lé la d'Alain