La Medical and Health Officers Association a estimé vendredi, lors d’une rencontre avec la presse, à l’hôtel Voilà Bagatelle, être « dans le flou total ». L’association faisait référence à l’introduction, prévue pour le 1er avril, d’un “shift system” dans le département des urgences au sein des cinq hôpitaux de l’île. Si les membres disent avoir eux-mêmes suggéré ce système, ils déplorent cependant la vitesse avec laquelle le ministère veut l’introduire sans pour autant que les médecins soient au courant de toutes les conditions applicables sous le PRB, dont le rapport doit sortir bientôt. Ils disent ainsi regretter « le manque de négociations entre les concernés et le ministère ». Ils demandent dès lors que l’introduction du nouveau système soit reportée, le temps que le rapport PRB soit publié.
Le Dr Wasseem Ballam, président de la MHOA, souligne : « Quatre médecins par groupe de “shift” est loin d’être suffisant, particulièrement quand il s’agit du département des urgences. On a soulevé cette question lors de notre dernière rencontre au ministère. Mais la réponse nous a laissés perplexes. On nous a dit : “Commencez, s’il faut encore d’autres médecins, on vous en donnera.” C’est du “trial and error” ! » Si la MHOA a milité pour le système de rotation depuis quelques années, laisse-t-il voir, « malheureusement, la manière dont le ministère est en train de l’implémenter nous laisse dans le flou total, tout comme les conditions, floues elles aussi ». Depuis que cette question de système de rotation a fait surface au niveau du ministère, selon le Dr Ballam, la MHOA a eu trois rencontres avec le ministère. « La première, en décembre 2013, a été très brève. En janvier 2014, nous en avons eu une autre, qui a été assez constructive, sur les conditions d’implémentation du système. Ensuite, cela a été le silence complet en dépit de correspondances que nous avons envoyées. Ce n’est que la semaine dernière que nous avons reçu un fax pour une rencontre. C’était juste pour nous informer comment cela se passera. Est-ce cela qu’on appelle des négociations avec les parties prenantes ? Il reste encore beaucoup de choses à confirmer. Le ministère veut implémenter le système dans une semaine, c’est-à-dire le 1er avril. Pour nous, ce n’est pas normal ! ».
Parmi les points concrets élucidés lors de la rencontre : les horaires de rotation, qui seront de 8 à 17h et de 17 à 8h. « Il y aura des groupes de quatre médecins chacun pour l’hôpital Nehru, l’hôpital de Flacq et SSRN. Ensuite, trois groupes de cinq médecins pour Victoria et Jeetoo. » Mais, pour les médecins qui travaillent dans le département des urgences, « quatre médecins par groupe ne sera pas suffisant ». La MHOA demande un médecin de plus par groupe « parce que nous sortons de 9-16h à 8-17h, soit 2h de plus ». Elle ajoute : « Ensuite, le nombre de patients par jour a augmenté. Et il y a plus de médecins dans le département “casualty” durant la journée. » Pour le Dr Ballam, tel que le système de rotation a été présenté jusqu’ici, «  au lieu de diminuer le temps d’attente des patients, celui-ci va croître ».
Autre problème soulevé : le rapport PRB, dont la publication devrait arriver bientôt et qui révélera aux médecins concernés par le “shift system” leurs conditions de travail. « Les membres ont exprimé leur appréhension et leur colère. Comment peut-on nous mettre sur le “shift system” alors que nous ne sommes même pas au courant des conditions qui nous attendent dans ce rapport PRB ? Dans le passé, nous avons eu bien des mauvaises surprises et nous n’en voulons pas d’autres. »
La MHOA dit avoir adressé une lettre au ministère pour demander de revoir le nombre de médecins par groupe et de reporter l’implémentation du système de rotation d’au moins deux semaines. Elle rappelle qu’en 2014, « le ministère avait décidé d’introduire le 24/7 pour les mediclinics sans consulter les principaux concernés et ont finalement dû reculer ». Le Dr Wasseem Ballam souligne l’importance des négociations entre le syndicat et le ministère. L’association demande de pouvoir jouir «  des mêmes conditions que les autres fonctionnaires impliqués dans le “shift system” ». S’il y a actuellement un minimum de 6 à 10 médecins durant la journée aux urgences, avec le “shift system”, ce nombre diminuera. Le Dr Wasseem Ballam souligne : « C’est grâce à l’implémentation du “shift system” qu’on a pu recruter 136 médecins. Ce n’est pas la mer à boire si on doit prendre une poignée de médecins parmi les nouvelles recrues. »
Dans un autre volet de la conférence de presse, la MHOA a félicité les médecins ayant été élus au Medical Council. « Mais cela fait trois mois qu’ils ont été élus. Nous souhaiterions qu’ils viennent dire ce qu’ils ont réalisé depuis ces trois mois. » L’association a d’autre part rappelé que le comité exécutif a été réélu pour deux ans de plus. « Notre vision, c’est de regrouper plus de médecins. »