Des possibilités particulières d’investissements existent au Mozambique pour des PME mauriciennes, affirme Jean-Pierre Joomun, nouveau Haut commissaire mauricien à Maputo, en poste depuis août dernier. Selon lui, les contraintes administratives pour s’implanter sur place seraient de moindre importance pour des petites et moyennes entreprises. Parmi les créneaux d’activités économiques où la demande existe à Maputo et dans sa banlieue, dit-il, figurent l’alimentation, le textile/habillement, la quincaillerie et l’ameublement.
Pays d’Afrique australe d’une superficie d’environ 800,000 km2, le Mozambique, qui fait ainsi presque 430 fois la taille de Maurice, se situe sur la côte sud-est du continent noir. Ancienne colonie portugaise, ce pays membre de la Southern African Development Community (SADC), qui compte une population d’environ 28 millions d’habitants, a pour langue officielle le portugais qui est parlé par plus d’un Mozambicain sur deux.
Si ses principales exportations comprennent l’aluminium, le coton, des fruits de mer, le sucre et le bois, le Mozambique dispose aussi d’autres ressources naturelles dont des réserves immenses de gaz naturel découvertes en 2012 et qui attendent d’être exploitées à plein régime. Il est, par ailleurs, estimé que durant toute l’occupation coloniale française s’étentant du 8e au début du 9e siècles, quelque 25,000 esclaves furent envoyés de là-bas à l’île de France. Ce qui fait, donc, du Mozambique un pays de peuplement de Maurice au même titre que l’Inde, la Chine, la France et Madagascar.
C’est le 25 juin 1975 que ce pays accède à l’indépendance au terme d’une guerre de libération d’une dizaine d’années contre le Portugal. Samora Machel devient, alors, le premier président du Mozambique. Deux ans plus tard, ce sera le début de la guerre civile opposant le Front de Libération du Mozambique (FRELIMO) au pouvoir et le Mouvement de la Résistance du Mozambique (RENAMO). Une guerre qui durera jusqu’en 1992. Les premières élections au Mozambique en 1994 virent l’élection à la présidence du ministre des Affaires étrangères d’alors, Joaquim Chissano.
Tout juste élu l’an dernier, Felipe Jacinto Nyusi est le 4e président de la République du Mozambique. Même si ces dernières années, ce pays longtemps miné par la guerre a connu une croissance annuelle moyenne tournant autour de 6%, il reste largement dépendant de l’aide étrangère. Sur une population active de 14 millions de personnes, seulement un million travaille dans le secteur formel. Il est permis de penser que la récente découverte de ces gisements de gaz naturel pourrait, dans un avenir proche, relancer l’économie mozambicaine…
Au pays ces derniers jours, le nouveau Haut commissaire mauricien à Maputo, Jean-Pierre Joomun, dit avoir discuté avec les responsables d’Enterprise Mauritius, d’une part, et ceux de la Chambre de Commerce et d’Industrie, de l’autre, des perspectives immédiates qui s’offrent aux Mauriciens au Mozambique. Selon lui, des possibilités existent surtout pour des PME mauriciennes de s’implanter à Maputo et dans sa banlieue de Matola dans des créneaux allant des produits alimentaires au textile/habillement en passant par la quincaillerie et la fabrication d’ameublements.
Dans ce dernier cas, Jean-Pierre Joomun rappelle la disponibilité sur place du bois. Selon le Haut commissaire mauricien, le poulet aussi est en grande demande alors que, dit-il, compte tenu de l’accroissement du parc automobile dans la capitale mozambicaine, il existerait aussi des possibilités pour des garagistes et autres revendeurs de pièces automobiles. En matière de demandes de professionnels, il cite des possibilités d’emplois pour des mèdecins, des comptables ainsi que pour des enseignants dans des institutions privées qui s’ouvrent aux langues étrangères que sont l’anglais et le français.
Le nouveau représentant mauricien à Maputo reconnaît, quand même, qu’une certaine lourdeur administrative au Mozambique n’aide pas toujours les étrangers à investir sur place. Il rappelle que ce pays se classe à la 133e place sur 189 pays dans le Doing Business Report 2015 de la Banque Mondiale (BM). Mais, selon lui, à valeur du jour, il serait quand même un peu moins contraignant pour des PME de s’y implanter que pour des grandes entreprises. Néanmoins, ajoute-t-il, il convient d’oeuvrer à la signature entre nos deux pays d’un Accord d’échange bilatéral.