JAMEER ALLYHOSAIN : J’attends avec impatience ma première parmi les professionnels

Après être passé tout proche de la victoire en deux occasions, Jameer Allyhosain a enfin vaincu le signe indien samedi dernier, lorsque Montante lui permit de remporter la 6e manche du Quantum Insurance Mauritian Jockey Series. C’est sa troisième victoire au Champ de Mars après Van Der Scaler et Punter’s King la saison dernière. Si avec cette victoire il espère bénéficier davantage de la confiance des entraîneurs, l’apprenti qui a fêté ses 25 ans le 8 juin dernier n’a qu’un but dans l’immédiat : s'imposer une première fois chez les professionnels.

Jameer Allyhosain, vous remportez avec Montante votre deuxième victoire au Champ de Mars, votre première en 2017. Quels sont vos sentiments ?
C’est une victoire bonne à prendre. J’ai flirté avec en deux occasions, avec Emaar et Our Jet. Je pense que c’est une victoire méritée tant pour moi que pour Montante, qui frappait lui aussi à la porte. J’espère que, désormais, j’aurai plus de montes et les entraîneurs me feront davantage confiance.

Quelles chances accordiez-vous à Montante en sachant qu’il démarrait d’une très mauvaise ligne ?
Sans diminuer le mérite des autres concurrents, je pense que Montante était de loin le meilleur cheval de la course. Il était le plus régulier du lot. Sa ligne n’était pas une source d’inquiétude étant donné c’est un attentiste confirmé. Même s’il a été lent au départ, cela ne m’a nullement inquiété car je savais qu’au finish il était le meilleur. Il m’a sorti le même coup de reins que la dernière fois et en l’absence d’Alberts Day, je dirai que la logique a été respectée.

Le fait d’avoir été battu sur le poteau ces derniers temps n’a-t-il pas affecté votre moral ?
Écoutez, je pense que dans n’importe quel sport, personne n’aime se faire battre et encore moins se faire battre au poteau. Moralement, c’est bon de remporter des courses, mais le plus important est de remporter des courses pour bénéficier de la confiance des entraîneurs. De là à dire que ça a eu une quelconque incidence sur mon moral, je dirai non. Cela fait mal, certes, mais je préfère finir deuxième que de finir dernier. C’est ma façon de voir les choses.

Depuis la 10e journée vous êtes autorisé à monter parmi les professionnels. Comment avez-vous accueilli cette décision ?
Avec fierté et humilité. Je dois ici remercier mon entraîneur, Simon Jones, qui a intercédé en ma faveur auprès du Licencing Committee. Je ferai de mon mieux pour justifier la confiance placée en moi.

Vous semblez avoir un bon potentiel. N’avez-vous pas pensé à aller vous perfectionner dans une académie de jockeys en Afrique du Sud voire en Malaisie ?
C’est une idée qui m’a traversé l’esprit et si l’opportunité se présente, je la saisirai des deux mains. Mais, pour l’instant, je veux poursuivre ma carrière à Maurice avec l’entraînement Simon Jones. Ce serait quelque part ingrat de ma part de tout plaquer ici et partir alors même que mon entraîneur a plaidé mon cas pour que je sois autorisé à monter parmi les professionnels au Champ de Mars.

Les critiques ne vous ont pas épargné après votre défaite sur Emaar, disant que vous n’êtes pas encore suffisamment aguerri pour monter des favoris. Que leur répondez-vous ?
Emaar était une bonne monte. Pourquoi dois-je refuser une bonne monte ? Je respecte les opinions des uns et des autres, mais je pense que dans ce domaine on ne cesse jamais d’apprendre. En ce qui concerne la cote de mes chevaux, je vais vous faire une confidence qui va peut-être vous étonner : je ne regarde pas la cote des chevaux que je monte, cela pour ne pas me mettre la pression.

Vous êtes toujours un claimer et lors de la 11e journée vous vous retrouvez avec une carte de cinq chevaux. Pensez-vous être physiquement prêt pour monter autant de courses en une seule journée ?
C’est vrai qu’au début ce n’est pas facile car je n’y suis pas habitué. Surtout après ma première journée avec les professionnels, car d’ordinaire je ne montais que dans les courses réservées aux jockeys et apprentis mauriciens. Mais après je me suis habitué. Je connais les exigences du métier et je me suis préparé. D’ailleurs, je ne rate que très rarement mon jogging à la Montagne des Signaux.

Le mot de la fin ?
Je remercie Simon Jones pour la confiance qu’il place en moi. Il ne cesse de m’encourager. Sans lui je ne sais pas si j’aurais été là où je suis aujourd’hui. Je lui suis très reconnaissant. Maintenant, j’attends avec impatience ma première victoire parmi les professionnels.