JANE CONSTANCE : “Un appel à l’OPTIMISME”

Jane Constance sort une version locale de son premier album, À travers vos yeux. Une nouvelle étape pour cette artiste âgée de 16 ans, admirée depuis sa victoire à The Voice Kids France. Depuis, elle enchaîne reconnaissance et récompenses. Une vie menée à cent à l’heure entre sa carrière, sa vie de collégienne et d’adolescente. C’est une jeune fille remarquablement déterminée et sûre d’elle qui s’est confiée à Scope.
Alors que la version mauricienne de ton album arrive bientôt, que souhaiterais-tu dire à ces nombreux Mauriciens qui te suivent depuis des années ?
Je n’oublie pas que je suis Mauricienne avant tout et que j’aime mon pays. Je leur dédie cet album, en les remerciant de m’avoir toujours soutenue. Grâce à The Voice et tout ce que j’ai fait après, ils me connaissent et suivent mon travail. Maintenant que l’album est disponible dans une version plus abordable, ils pourront se procurer une copie. J’espère qu’ils aimeront car c’est un appel à l’optimisme. Il parle de tout ce qu’il y a de meilleur dans la vie, comme l’amitié, la famille, la joie de vivre. C’est ma façon de leur dire que la vie mérite d’être vécue à chaque instant.

Quelles sont les prochaines étapes de ta carrière ?
Il y a l’UNESCO. Ayant été désignée Artist for Peace, j’aurai deux ans de responsabilités à assumer. Je prépare actuellement mon planning. Je prends très à cœur de prôner les valeurs de l’UNESCO. Les prochains mois seront consacrés à défendre les causes des autrement capables, l’accessibilité, mais aussi prendre position pour l’environnement, tout en influençant l’opinion publique et les décisions politiques. Je vais beaucoup voyager, chanter et animer des causeries autour de ces thèmes. Ma vie d’artiste se poursuivra en parallèle. D’ici quelques mois, je sors en Bonus en France, avec deux titres inédits qui ne figurent pas sur mon album.

À 16 ans, comment gères-tu tout cela ?
Je dirais très positivement. Je suis toujours moi-même simplement et consciente d’avoir accompli pas mal de choses à mon âge. Mais je sais qu’il me reste beaucoup à apprendre, que ce soit académiquement, artistiquement, et comme être humain. Il ne faut surtout pas avoir la grosse tête. Je mène normalement ma vie. Certes, je me fais aborder dès que je sors. Les gens viennent me demander des autographes ou veulent me prendre en photo, mais cela ne me dérange pas. J’aime ce contact avec mon public, les gens en général. C’est la moindre des choses d’être disponible pour eux.

En dehors des plateaux, des studios, des fonctions officielles, comment t’organises-tu pour tes études et ta vie d’adolescente ?
Les plateaux de télévision et les studios, je ne m’y consacre que durant les vacances scolaires. Ce qui me permet d’être à fond dans mes études. C’est vrai que ce n’est pas évident de gérer en même temps une carrière professionnelle et les études. Mais tout est une question d’organisation. Il y a un temps pour chanter, un temps pour faire de la musique, un temps pour étudier et un temps pour des activités. J’arrive aussi à me détendre grâce à la natation et en faisant du vélo tandem.

Tes épaules ne te semblent pas trop petites pour porter autant de responsabilités ?
C’est moi qui ai choisi le chant, comme me l’a dit Patrick Fiori. Et je suis heureuse ainsi. Il faut savoir que rien ne m’a été imposé et que j’ai toujours eu mon mot à dire.

Y a-t-il des choses que tu dois sacrifier pour mener ta carrière ?
Je chante depuis que je suis toute petite. Je n’ai vraiment pas le sentiment d’avoir sacrifié quelque chose. Une carrière musicale demande beaucoup de travail. Je ne considère pas cela comme un sacrifice. C’est avant tout un plaisir. Sacrifice voudrait dire obligation. Or, chanter n’a jamais été une obligation pour moi. Avec le soutien de mes parents, qui m’ont toujours encouragée, j’arrive à avancer, pas après pas.

Si tu pouvais passer une journée à faire seulement ce que tu veux, tu ferais quoi ?
Me rendre à la mer avec mes cousines, car j’adore nager. Ou flâner dans les rues de Paris, sur les Champs Elysées. J’aime aussi l’univers magique de Disney, et faire du shopping dans les magasins de Disney.

On parle souvent de ton talent et de ta passion. En tant que jeune artiste, peux-tu nous dire s’il faut d’autres choses pour réussir ?
La détermination, la persévérance, mais surtout un minimum d’éducation. Sans éducation, nous n’avons rien dans la vie. Encore plus quand nous menons une carrière professionnelle. Il faut savoir gérer pas mal de choses pour ne pas être embarqué dans n’importe quoi. Je suis actuellement en Lower VI, et je veux avoir un certificat. Je fais tout pour y parvenir et réussir.

Quels souvenirs gardes-tu de The Voice Kids ?
J’ai encore du mal à réaliser que cette aventure a commencé par hasard grâce à une vidéo de moi sur YouTube qui a attiré un dénicheur de talents. J’étais une grande fan de l’émission, mais à aucun moment, je ne m’étais imaginée là-bas. Quand la chance s’est présentée, je n’ai pas hésité à relever le défi. Lorsque j’ai commencé à chanter lors des auditions à l’aveugle, j’ai pensé à mes parents. Ils m’avaient dit que peu importe ce qui suivrait, le plus important était d’y participer.
Deux ans après, toutes ces personnes sont toujours là pour moi, à me soutenir et m’encourager. Je n’oublie pas ma rencontre avec les autres candidats, qui sont aujourd’hui mes amis. Nous partageons la même passion. Il y a aussi un lien avec les coaches. Il n'y a pas que le chant à The Voice Kids. J’ai beaucoup appris des conseils et de l’encadrement qu’ils m’ont donné. J’ai côtoyé une équipe de professionnels : des sophrologues et des psychologues, entre autres. Impossible de ne pas sortir grandie de cette aventure.

Ressens-tu une différence entre tes fans à Maurice et ceux à l’étranger ?
Maurice, c’est mon pays, et les gens m’accueillent chaleureusement. Cela me fait chaud au cœur quand ils me parlent ou me disent que je les rends fier. Quand je me rends à Paris, c’est la même chose, avec des nuances. Ils me connaissent comme la Jane de The Voice et parfois comme la chanteuse française. Disons que l’approche n’est pas la même. Je n’ai pas de préférence entre les fans à Maurice et ceux de France. Quand les gens sont là pour te féliciter, ça te pousse à aller plus loin.
À l’étranger, il existe plus d’opportunités pour permettre aux artistes de percer. Je dis souvent que j’espère que Maurice pourra créer des académies de musique, car cela aiderait considérablement les artistes à évoluer. Aujourd’hui, il faut voyager pour avoir de l’expérience. Un artiste ne peut pas rester les bras croisés et critiquer les lacunes. C’est à nous d’avancer. Je compte me battre dans ce sens. Tout est possible si tu y crois.

As-tu peur que tout cela s’arrête un jour ?
Dans le domaine artistique, il n'y a pas de place pour la peur. C’est un travail permanent. Il faut sortir des albums, écrire, et maintenir une présence sur scène. J’ai mes études à côté; si ça devait s’arrêter un jour, j’aurais toujours quelque chose en background. Je ne suis pas de nature à avoir peur de l’avenir. Je ne serais peut-être pas aussi épanouie et heureuse comme lorsque je fais du chant, mais rien ne sert de s’inquiéter. Je suis maîtresse de mon destin. À moi de faire en sorte que les rêves se concrétisent.

Tu débordes d’énergie, tu affiches toujours un grand sourire et une joie de vivre. Y a-t-il des choses qui peuvent te mettre hors de toi ou te rendre triste ?
J’ai toujours été une fille très positive. La vie est merveilleuse et il faut la savourer. Être triste comme tout être humain, c’est tout à fait normal. Je n’ai jamais été face à une situation pouvant me mettre hors de moi. Mais j’avoue être une personne très directe; s’il y a un truc qui me dérange, je ne vais pas hésiter à le dire. Je m’exprime librement, sans laisser la colère l’emporter.
Il faut avoir une bonne maîtrise de soi; c’est grâce à la musique que j’arrive à être ce que je suis. Mon sourire sera toujours là, même si je regrette de ne pas pouvoir continuer le cursus du Royal School of Music, faute de trouver à Maurice un professeur de musique formé pour m’apprendre la musique en braille. Après avoir atteint le grade 5 en chant et piano, je suis actuellement bloquée, à moins d’apprendre toute seule. Chose qui n’est pas évidente.

À quand ton concert ?
C’est pour bientôt. Il faut savoir que mon album comprend beaucoup de parties vocales et de cordes. En France, j’ai déjà des musiciens qui jouent avec moi. À Maurice, ce n’est pas encore le cas. Comme je tiens à proposer un concert live avec de vrais musiciens, cela demande un peu plus de patience et de travail afin de réunir une bonne équipe autour de moi. Il vaut mieux bien se préparer pour offrir un beau travail.

Percy Yip Tong : “Fier d’avoir repéré Jane bien avant son succès”

C’est le samedi 20 mai que Jane Constance procédera au lancement officiel à Maurice de son album À travers vos yeux. Après la sortie en France en novembre 2016, le public découvrira une version spécialement éditée pour le marché local au coût de Rs 250. Cela a été rendu possible grâce à Percy Yip Tong, qui a obtenu un droit de licence de Universal Musique France. “Les Mauriciens apprécient beaucoup Jane Constance. C’était une de mes priorités de rendre son album plus accessible, car celui importé de France est trop cher. Je suis très heureux d’avoir trouvé cette solution. Mon but est que chaque Mauricien possède une copie de son album et puisse réellement apprécier le potentiel de Jane. J’ai toujours cru en son talent et ceci bien avant son succès.”
Jane Constance était âgée de huit ans lorsque Percy Yip Tong l’a repérée. Le directeur de Cyper Produktion a été dans l’ombre de chacun de ses pas vers la notoriété. “Après avoir lancé Kaya, je considère que Jane est une de mes meilleures réussites. Je l’ai aidée, soutenue et accompagnée. Il n’y a pas eu une année sans que je ne fasse appel à elle pour un concert ou un autre événement que j’organisais. J’ai énormément confiance en elle. Son parcours demeure exceptionnel et unique. Elle nous réserve encore d’autres bonnes surprises.”
Le public a rendez-vous le 20 mai dès 14h au magasin Jennyfer à Bagatelle pour découvrir un mini-concert de la jeune artiste. Une somme de Rs 25 sera prélevée sur chaque album vendu et sera versée au Jane Constance Trust afin de financer des activités caritatives pour les autrement capables.
L’album est déjà disponible chez Jennyfer & Celio (Bagatelle Mall et Phoenix Mall), Mango (Trianon Shopping Park et Grand-Baie La Croisette), DJ Nitish et Librairie Le Cygne (Rose-Hill), Power Music Shop (Curepipe), Lespri Ravann (Caudan Craft Market), Harbour Music (Port-Louis), et London Supermarket (Tamarin).

Les autres projets.
En tête de liste de l’agenda de Percy Yip Tong figure Mauravann. Troupe qu’il a formée l’année dernière et qu’il considère comme “une autre belle histoire musicale”. La formation composée de Linzy Bacbotte-Raya, Kurwin Castel, Emanuel Descroches et Samuel Dubois a été sélectionnée pour la sixième édition du IOMMA, qui se déroulera du 29 mai au 1er juin à La Réunion. Cette nouvelle expérience est attendue avec impatience car “chaque sortie est l’occasion de faire connaître ce style de sega world music”. Les Mauriciens sont attendus le 1er juin à St Pierre avant de s’envoler pour la France au mois de juillet pour une tournée de dix dates.
À retenir également la participation de Koool Kreol Konektion au Festival Rio Loco, le 16 juin. Percy Yip Tong a fait appel à Marie Josée Clency, Roland Fatime, Catherine Velienne, Menwar et Georgie Joe pour représenter Maurice lors de cette 22e édition où les musiques des îles indocéaniques seront à l’honneur. Ceci est une suite logique du succès survenu avec ces mêmes artistes lors du concert Samemsa et la sortie de la compilation Soul Sok Sega, en 2016.
En avant-première, Percy Yip Tong annonce la participation des frères Joseph, de Vallen Pierre-Louis et de son groupe Mannyok (Rodrigues) et celle de Skizofan (Fanio Guillaume) aux Jeux de la Francophonie, qui se tiendront du 21 au 31 juillet à Abidjan.