Les membres de la CTSP au centre Marie Reine de la paix ce matin.

La Fédération des Travailleurs du Secteur privé (CTSP) a réuni la presse ce jeudi 1er mars afin de mettre plusieurs points en exergue concernant les lois de travail pour les bangladais, ainsi que le Memorandum of Understanding (MoU), signé récemment entre le ministre des Expatriés et de l’Emploi du Bangladesh, Nurul Islam et le gouvernement Mauricien.

Rappelons que ce Memorandum of Understanding (MoU) a été signé suite a une série de problèmes auxquels faisaient face les travailleurs bangladais qui travaillent dans le secteur du textile et de l’habillement à Maurice. Jane Raggoo souhaite avoir des éclaircissements : « nu tou kone ki ena enn MoU ki p prepare mais ki totalement secret, nu pa kone ki ena ladan et le ministre reitere ki sa secret entre deux gouvernement. li pa possible ki garde sa MoU la secret, p coz lavie de bann humains, nu bizin ena drwa kone ki p pase dan sa bann memorandum la ».

Reeaz Chutto, porte-parole de la CTSP déplore que la loi mauricienne ne serait pas appliquée pour ces travailleurs étrangers : « les lois de l’emploi ne les protège pas et c’est dans ce sens, que beaucoup se font exploiter ou se retrouvent en situation irrégulière contre leurs gré. Bokou na pa gayn revision saler, bann rembourseman de bann local leaves, bann travayer etranze mem pa kone sa », avant d’ajouter que cette liste de violation structurelle de la loi du travail ne cesse de s’allonger d’année en année.

Lors de cette rencontre, il a également souligné le laisser-aller qui règne dans le secteur de l’emploi en ce qui concerne les travailleurs étrangers. Il note que les employeurs font la pluie et le beau temps dans le secteur du textile, ou ils n’hésitent pas à mettre sur pied des stratégies pour toujours sous-payer les travailleurs étrangers et les faire travailler plus, tout en se faufilant à travers les filets de la loi.  «Nu pli grand reproche ce ki gouvernement pena control lor l’employeur, souvent ministre du travail pena so mot a dire. Kouma employer pa satisfe li expulse travayer la. Le gouvernement pleinement responsab, car bann plaintes de bann travayers etranze mem pa enrezistre dans livre officiel. Finalement ministre du travail donn ziss enn support de mediateur », a-t-il fait ressortir. Les membres du CTSP souhaitent qu’il y ait dans la réglementation, un same level condition of work pour tous les travailleurs.

Le problème grandissant des agents recruteurs privés a aussi été soulevé. Des travailleurs étrangers se retrouvent à devoir payer une somme de près de Rs 35 000 pour rejoindre nos côtes et pouvoir y travailler. Ils se  font par la suite arnaquer avec des faux passeports par certains agents recruteurs. Dans d’autres cas les employeurs confisquent leurs passeports. « Se enn delit criminel » a fait ressortir le porte-parole. Les membres du syndicat demandent l’arrêt de toutes les activités de ces agents recruteurs.

La source du problème selon les syndicalistes, réside dans l’absence d’une structure publique dédiée à encadrer et protéger ces travailleurs afin qu’ils connaissent leurs droits et qu’il y ait un suivi pour chaque travailleur. « Bizin enn institution pour les bangladais » a ajouté Jane Raggoo.

Les membres de la fédération lancent un appel pour la réintroduction de la « representation status » afin « que nous puissions défendre les sans-voix, aller de l’avant avec les plaintes et les représenter en Cour » et s’engage pour la création d’un réseau entre le Bangladesh et Maurice avec l’implication de la société civile, en concert avec plusieurs organisations afin de pouvoir informer ces travailleurs de leurs droits.