Après une évaluation en décembre de l’état du Jardin botanique de Pamplemousses, le paysagiste et botaniste français Gilles Clément a indiqué au Mauricien qu’il soumettra son rapport aux autorités mauriciennes à la fin de ce mois-ci.
Lors d’une conférence de presse qu’il a animée aux côtés, entre autres, du ministre de l’Agro-industrie Mahen Seeruttun, à l’issue de son séjour, Gilles Clément avait affirmé que la situation au Jardin de Pamplemousses n’était pas irréversible. Selon lui, le jardin n’est pas en état de « dégradation, mais de stagnation », en raison d’une « mauvaise administration » durant ces dernières années. Après une semaine d’observation, il a pu constater un certain nombre de situations qui sont en déphasage avec le rôle d’un jardin botanique, comme l’asphaltage des allées, le non-entretien de certains sites, la présence des stèles devant des plantes mises en terre par des personnalités, donnant selon lui, « un aspect de cimetière au jardin ».
Il est d’avis qu’on peut « intervenir immédiatement sur un certain nombre de choses pour changer et réorienter le jardin », car, pour lui, l’essentiel est que la collection végétale soit toujours là, « avec des modes comportementaux tout à fait exceptionnels ». Cependant, il tire la sonnette d’alarme, notamment sur la qualité de l’eau du bassin principal. Il souligne qu’« elle est disqualifiée biologiquement », et ce, même si les nénuphars, qui font la fierté et la renommée du bassin, continuent à y vivre. De plus, il suggère d’enlever « les plantes neutrophiles gourmandes qui y poussent ». Gilles Clément observe que la contamination de cette eau dépasse le cadre du jardin et vient de l’extérieur. « La façon dont on s’occupe des terrains agricoles et l’eau grise provenant des maisons et bâtiments qui arrive dans le courant d’eau polluent le bassin », a-t-il fait ressortir. Il est d’avis que seul un programme national de gestion des eaux pourrait remédier à ce problème. « C’est un programme à long terme », a-t-il affirmé.
Après la soumission de son rapport sur le diagnostic et les préconisations d’orientation pour le Jardin botanique aux autorités responsables, il est fort possible que le botaniste revienne à Maurice vers le mois d’août pour un suivi quant à la mise à exécution de ses recommandations.