Après une évaluation de l’état du Jardin de Pamplemousses cette semaine, le jardinier et paysagiste français Gilles Clément indique qu’il n’y a pas de dégradation des lieux, mais plutôt une stagnation des projets. Cependant, il alerte sur la qualité de l’eau dans certains bassins, une situation qui dépasse le simple cadre du jardin et qui concerne la qualité de l’eau sur le plan national. Ces observations ont été communiquées à la presse hier lors d’une conférence de presse au Château Mon Plaisir, au sein du jardin, en présence du ministre de l’Agro-industrie et des membres du conseil d’administration du jardin.
Selon Gilles Clément, la situation au Jardin de Pamplemousses est réversible. Après avoir fait le tour plusieurs fois cette semaine, il a établi un plan avec des points particulièrement importants sur lesquels « on peut intervenir immédiatement », ajoutant que l’on peut « changer et réorienter le jardin ». Selon lui, l’essentiel, c’est-à-dire la collection végétale, est toujours là « avec des modes de comportement tout à fait exceptionnels ».
Cependant, le point le plus grave est la qualité de l’eau, qui est en danger. « Elle est disqualifiée biologiquement, affirme-t-il. Et même si les nénuphars continuent à y vivre, il faut venir enlever les autres plantes nitrophiles gourmandes qui y poussent. » Le spécialiste en botanique affirme : « L’eau qui est à l’origine de cela vient de l’extérieur. C’est la façon dont on s’occupe des terrains agricoles et l’eau grise provenant des maisons et bâtiments qui arrivent dans le courant d’eau qui pollue le bassin. » Et même si cette alimentation a été stoppée au profit d’un puits hertzien, « là aussi, il semble que l’eau soit d’une qualité inférieure qu’il y a 15 ans ». À cela, il indique que c’est seulement un programme national, et non local, qui pourrait y apporter une solution. Il précise qu’il s’agit d’un « programme à long terme ».