Jean Michel Babet fait partie des rares Mauriciens à construire des gunpla. Une activité qui séduit plus d’un au Japon et qui se répand peu à peu dans le monde entier. Avec ses grandes mains, il assemble pendant des heures les petites pièces de la maquette Gundam, un anime des années 80. Rencontre avec ce féru de gunpla, qui cherche à faire connaître sa passion au plus grand nombre.

Lunettes, ordinateur portable et trente gunpla de la marque Bandai exposés sur l’étagère de sa chambre. Jean Michel Babet, 27 ans, est indéniablement un otaku. Il consacre son temps libre à construire des gunpla. Cette étrange passion s’est forgée très tôt lorsqu’il collectionnait les figurines de Batman et de Spiderman. “Je construis des gunpla depuis deux ans”, confie ce collectionneur. Il n’hésite pas à aller à la découverte des choses qui, pour certains, semblent absurdes.

Les runners posés sur son plan de travail, Jean Michel Babet est prêt à construire son gunpla

Manuel d’assemblage posé sur son plan de travail, le geek se laisse guider par la musique en arrière-plan. Il monte un gunpla intitulé OO Quanta et commence par détacher les pièces en plastique de la grappe avec une pince coupante. “Je passe cinq à six heures pour construire un gunpla. Le nombre d’heures dépend du grade. Celui que je construis est un real grade. Il prendra trois à quatre heures”, confie le Vacoassien, pince coupante en main.
Les classifications du gunpla désignent la qualité. Il y a le high grade, le real grade, le master grade et le perfect grade. Le high grade est doté d’un niveau de qualité moyen, avec peu de pièces; le perfect grade est le meilleur en termes de qualité et possède un niveau de détail élevé. Tout est différent au niveau des articulations. Il n’y a pas la même quantité de pièces. “Je prends plus de plaisir à construire un real grade. Il est mieux à regarder. Les finitions sont belles. Avec un high grade, il y a peu d’articulations.” Les maquettes, il les achète en ligne sur le site HobbyLink Japan, qu’importe le prix. “Ce kit, je l’ai payé à Rs 700.”

“Cela m’aide à m’évader”.

Son enthousiasme pour le gunpla a commencé lorsque le jeune homme a découvert Gundam, une série japonaise qui s’est vite démarquée par la représentation de robots réalistes. “C’est un défi pour moi de pouvoir construire ces gunpla avec mes grandes mains. Plus je le fais, plus j’ai envie de continuer”, confie l’ex-étudiant du New Eton College, qui comprend les moindres signes d’assemblage sur le manuel.

Toutes les grappes sont numérotées. Il commence par limer les pièces avec une lime, puis se sert d’un couteau. “J’ai toujours aimé travailler avec mes mains; mon père est menuisier.” Il prend son temps à découper les autres pièces du runner, en laissant des ergots avant de les polir. “C’est relaxant pour moi. Cela m’aide à m’évader. J’ai 27 ans et je joue toujours à la poupée”, dit-il, le sourire aux lèvres.

Les pièces sont montées peu à peu

La tête dans les pièces qu’il emboîte une à une avec précision, l’otaku pose un regard sur son premier gunpla, qu’il a construit en 2016. “Le jour où je l’ai reçu, avec mon ex-copine, on a passé presque toute la soirée à le construire. J’étais vraiment content. Je suis devenu addict.” Une obsession qui l’a amené à développer un intérêt pour construire les petits objets.

Une maquette tous les mois.

L’amoureux d’anime explore d’autres avenues. “J’essaie de collectionner les figurines qui ont marqué mon enfance. Quand j’étais petit, je ne comprenais pas trop l’importance de collectionner. Maintenant, cela me tient à cœur.” Attaché à ses robots, il en prend soin comme à la prunelle de ses yeux. “Si c’est un exemplaire unique, je ne l’offrirai pas. Je n’ai donné qu’une maquette en cadeau au fils d’un ami”, affirme celui qui a participé à Animenext l’année dernière. “C’était ma première fois. J’y étais avec mes amis pour exposer. On voulait que notre hobby soit un peu plus connu à Maurice. Les gens ont beaucoup apprécié et voulaient acheter. Mais nous ne voulions pas vendre.” Jean Michel Babet souhaite renouveler l’expérience cette année afin de vendre ses modèles.

Jean Michel Babet

Dernière ligne droite : Jean Michel Babet applique les dernières retouches aux épaules du gunpla. Il est satisfait du résultat. “J’achète une maquette tous les mois. J’aime avoir de la pratique. Je veux m’améliorer.” Pour lui, c’est un plaisir d’avoir un nouveau modèle. Il est toujours en quête de nouvelles maquettes pour compléter sa collection. “Dans dix ans, je construirai et collectionnerai peut-être autre chose”, dit-il, en ajustant une pièce.
Pour l’instant, il n’a qu’une envie : celle de poster des vidéos sur les réseaux sociaux afin de mieux promouvoir le gunpla à Maurice. Il souhaite aussi participer à des compétitions de gunpla au Japon.