Plage de Pereybère

Vous avez sûrement dû l’apercevoir à Péreybère, seul, en train de nettoyer la plage. La photo de Jérôme Rochecouste, jeune musicien, fait depuis quelque temps le tour des réseaux sociaux. En tenue de plage avec deux gros sacs d’ordures dans les deux mains, le jeune homme arpente Péreybère depuis plusieurs années pour garder sa plage propre.

« Avec le temps, j’ai observé un changement auprès des gens dans la manière de jeter les ordures. Alors qu’au départ j’avais identifié trois tas d’ordures, au fil du temps, il n’en reste plus que deux. Donc, les personnes changent leur comportement en voyant qu’il y a une personne qui prend le temps de nettoyer derrière. De temps en temps, je parle aux gens, je leur dis de faire attention de ne pas laisser traîner leurs affaires derrière », confie Jérôme Rochecouste. Ce citoyen normal est connu des habitués de Péreybère. Depuis des années, ce jeune homme nettoie la plage, pas parce que les autres ne le font pas, mais parce que, lui, il le peut. C’est aussi simple que ça.

Jérôme Rochecouste (photo prise par Sean Moon) »

C’est à son retour de France, après ses études universitaires, qu’il décide de prendre les choses en main. « Mes amis s’étonnaient lorsque je leur disais que je n’allais jamais à la plage alors que je vis sur une île. C’est suite à cela que j’ai décidé d’y aller au moins deux fois par semaine », dit-il. « Ça a commencé de manière vraiment anodine. Je l’ai fait par pur égoïsme au départ, parce que je voulais que ma plage soit propre », avoue Jerôme Rochecouste, qui nous explique que ce sont surtout les valeurs que lui ont inculquées ses parents qui l’ont poussé à faire cela. « Notre environnement ce n’est pas que la nature, les arbres, etc. C’est tout ce qui nous entoure », dit-il.

“On doit arrêter de polluer”

Depuis près de cinq mois, il a placé 14 poubelles tout le long de la plage de Péreybère. Et en cinq ans, seulement une poignée de Mauriciens ont osé l’aider lorsqu’il nettoyait. « Ce sont tout le temps des touristes qui ont fait le premier pas. » Louant au passage le travail de nettoyage des petites dames de la plage, Jérôme Rochecouste soutient que l’État fait son travail du mieux qu’il peut, mais qu’il est grand temps que les citoyens leur donnent un coup de main. « On ne doit plus attendre que les autres le fassent à notre place. On doit arrêter de polluer. Il faut que le besoin devienne individuel », dit-il. « J’ai appris énormément de choses en faisant cet exercice qui est devenu pour moi comme une habitude, une nécessité de garder ma plage propre. C’est une sorte de méditation active », confie le jeune homme.

Persuadé de son impact, aussi petit soit-il, sur son environnement et sur les personnes qui l’entourent, Jérôme Rochecouste continue à arpenter la plage de Péreybère, en espérant que d’autres lui emboîteront le pas. « Si les gens comprenaient que c’est nous qui faisons les systèmes, ils se rendraient compte qu’un petit changement d’attitude ou de comportement de leur part pourrait aider à faire évoluer ce même système. Il ne suffit pas de tout attendre des autres ou du gouvernement. Nous devons pouvoir faire les choses nous-mêmes. »