En 2019, Maurice accueillera pour la troisième fois les Jeux des Îles de l’océan indien, après les avoir organisés en 1985 et 2003. Ce sera la quarantième année d’existence de ces jeux. Organisés chaque quatre ans, les JIOI voient s’affronter les Seychelles, Madagascar, La Réunion, les Comores, Mayotte, les Maldives et Maurice. À un an de l’événement, alors que la mascotte vient d’être dévoilée, les préparatifs vont bon train.

« J’attends que le public vienne raviver une fibre patriotique »

JEAN-PIERRE SAUZIER, CEO DU COJI, RESPONSABLE DE L’ORGANISATION DES JEUX

Dans quel état d’esprit est l’équipe organisatrice en marge des dixièmes Jeux des Îles de l’Océan Indien ?

Jean-Pierre Sauzier : L’équipe organisatrice est dans un état d’esprit excellent, avec une grande motivation et avec des objectifs extrêmement bien déterminés. Nous avons une ligne de conduite très bien tracée. Nous travaillons en coriaces avec une excellente visibilité.

Comment se passent les préparatifs pour l’organisation ?

Jean-Pierre Sauzier : Les quatorze commissions sur lesquelles repose l’organisation sont à pied d’œuvre. Certains dossiers sont complétés, comme celui du logement ou de la mascotte. Nous avons aussi beaucoup progressé avec les cérémonies d’ouverture et de clôture. Nous allons bientôt choisir l’opérateur. Nous allons signer les sponsors dans les semaines à venir; il y en a beaucoup qui se sont déjà manifestés. Nous sommes dans les temps.

Quels sont les défis qui guettent la commission organisatrice de ces jeux ?

Jean-Pierre Sauzier : Le défi est que l’organisation se passe dans les meilleures conditions. Que tous les athlètes se retrouvent dans un environnement adéquat, que les compétitions soient une réussite. Tout réside dans la logistique organisationnelle, qui a été confiée à la Commission Organisatrice des Jeux des Îles (COJI).

Qu’attendez-vous du public mauricien ?

Jean-Pierre Sauzier : J’attends à ce que le public adhère à 100% à cette manifestation d’ampleur internationale. Il faut de l’adhésion et de la participation. J’attends du public qu’il vienne supporter les équipes. J’attends surtout que le public vienne raviver une fibre patriotique.


Historique

C’est en 1979 que furent organisés les premiers Jeux à La Réunion. L’idée d’organiser des jeux sportifs dans l’océan Indien revient au Comité Régional Olympique et Sportif (CROS) de La Réunion, qui a inscrit leur mise en place dans sa convention d’objectifs en 1974. Elle est adoptée par le Comité International Olympique (CIO) en 1976. Initialement baptisés Jeux de l’Océan Indien, les épreuves sportives changent rapidement d’appellation pour devenir les Jeux des Îles de l’océan Indien (JIOI) avant la première édition, qui a finalement lieu en 1979 en l’absence du Sri Lanka, initialement impliqué dans le projet.


Les disciplines au programme

Pour cette dixième édition des Jeux des Îles de l’Océan Indien, 14 disciplines seront au programme : athlétisme, badminton, basket-ball, beach-volley, boxe, cyclisme, football, haltérophilie, judo, natation, rugby, tennis de table, voile et volley-ball. Le rugby à 7 et le beach-volley seront présents pour la première fois aux jeux. Soulignons que l’athlétisme et la natation incluent également le handisport.


Les sites de compétition

Plusieurs sites ont été identifiés pour accueillir les épreuves. Les épreuves d’athlétisme se dérouleront au stade Germain Comarmond à Bambous, le badminton au Centre national de badminton à Rose-Hill, le basket-ball au gymnase de Phoenix, la boxe au Centre national de boxe à Vacoas, le judo au dojo de Grande Rivière Nord-Ouest, le football au stade Germain Comarmond à Bambous et au stade George V à Curepipe, le rugby à 7 au Complexe sportif de Médine, l’haltérophilie au Centre national d’haltérophilie à Vacoas, le tennis de table au Centre national de tennis de table à Beau Bassin, le volley-ball au gymnase Pandit Sahadeo à Vacoas, le beach-volley à la plage de Flic en Flac et la voile sur le plan d’eau de Grand-Baie. Les épreuves de natation auront lieu au complexe sportif de Côte d’Or, qui est en phase de construction.


Dévoilement de la mascotte

Krouink le combattant

Krouink, c’est ainsi que se nomme la mascotte officielle des dixièmes Jeux des Îles de l’Océan Indien. Son sport favori : “fer palab”. Son objectif pour les athlètes mauriciens : “médaille d’or, médaille d’or”. Dévoilé au Château de Labourdonnais vendredi dernier, le cateau vert (Echo parakeet), oiseau endémique de Maurice, a séduit l’audience par sa pointe d’humour et son côté fédérateur. Au panthéon des mascottes des Jeux organisés à Maurice, Krouink succède à Tizan le dodo en 1985 et Momo le dauphin en 2003.
C’est la mascotte de l’agence Cread qui a été primée de l’appel d’offres lancé par le COJI. Ceci après qu’un concours national n’a pas accouché de résultats satisfaisants. Vino Sooklall, directeur de l’agence, explique le cheminement qui a mené à Krouink. “Il fallait travailler à partir d’une plante, d’un objet mauricien ou un animal. On est tombé sur l’Echo parakeet qui, à un moment donné, allait disparaître si la Mauritian Wildlife Foundation ne s’était pas mobilisée pour sauver l’espèce. Aujourd’hui, il y a environ 700 cateaux verts. Le modèle que nous avons utilisé est un mâle, reconnaissable à son bec rouge.

Comme c’est un oiseau qui est un combattant, un survivant, nous avons pensé que ce serait un très bon message destiné à nos athlètes. Quant au nom, nous nous sommes dit que ce sont des Jeux, un moment où l’on s’amuse, s’éclate, passe un bon moment avec nos amis des autres îles. Nous avons pensé que si nous trouvions un nom que l’on n’a pas l’habitude d’entendre, qui est un peu décalé, ce serait parfait. Un perroquet émet le son krouink. Nous avons envie que les gens ajoutent ce terme à la langue créole.”