S’il y a un homme qui est hyperactif au sein du Club Maurice à Gold Coast, c’est bien Mohammad Dookun. Sans doute le fait d’être un coureur de demi-fond lui impose-t-il un certain rythme et que, finalement, il en a fait une manière de vivre. Chaque matin à 6h sonnantes, il est déjà prêt pour dévaler l’asphalte du village des Jeux pour être fin prêt pour sa course.

Lorsque nous l’avons croisé hier vers 16h (10h à Maurice), il était pressé d’aller voir son ami australien physio, attaché avec The Aussie Team, pour une séance de récupération. « Ki pozisyon ? Ça va chef ? » nous demandons à celui qui défendra les couleurs de Maurice au 1500m. « Ti kapav mye, me ki pou fer, kan ou kontan enn spor, bizin fer sakrifis », lâche-t-il sans détour. La voix nous disait bien que le coureur de fond fait face à un stress et que, sans doute, n’est-ce pas sans conséquence pour son moral. En effet, malgré sa détermination, Mohammad Dokun est freiné dans sa volonté de progresser sur le plan personnel.

Au Mauricien, il confie que depuis son retour des Jeux de la Francophonie, sa vie n’est plus la même. Pour cause, il n’a pu passer son examen d’études de français et kreol du premier trimestre à l’université de Maurice. « Depuis mon retour des Jeux de la Francophonie tenus à Abidjan, tout est à l’envers. Pour ces Jeux, j’ai participé à un stage en France. Des arrangements avaient été faits avec l’université pour que je prenne part à mes examens en août, mais par la suite, l’université de Maurice a refusé », souligne-t-il d’une voix dépitée. En fait, il ne sait plus à quel saint se vouer depuis l’année dernière concernant ses études, d’autant que tout avait été payé. Sans résultat, il n’est pas en mesure de continuer et il nous laisse entendre qu’il serait à la recherche d’une bourse. « Auparavant, Michael Glover était là pour aider. Maintenant, je ne sais pas trop. Sheila Seebaluck m’a dit qu’elle cherchait une bourse pour moi à l’étranger. J’attends toujours », explique-t-il.