Ayant été délogés de leur localité pour faire de la place au projet Jin Fei, un groupe de planteurs de Riche-Terre s’interroge sur les promesses de certains ministres du gouvernement dirigé par sir Anerood Jugnauth. Ces derniers leur avaient promis, alors qu’ils étaient dans l’opposition, qu’ils allaient régler leur problème après leur prise de pouvoir.
Un groupe de planteurs de Riche-Terre ne sait plus vers qui se tourner. Animant une conférence de presse hier, leur porte-parole, Salim Muthy, a rappelé l’historique de leur problème auquel ils font face depuis dix ans. « Promesses sur promesses, beaucoup d’espoir a été donné à ces planteurs après deux grèves de la faim. Le gouvernement avait par la suite accordé une compensation à 13 d’entre eux alors que neuf autres n’avaient rien obtenu », a-t-il déclaré. Salim Muthy a rappelé que, depuis le temps, deux des 23 planteurs concernés sont déjà décédés alors que plusieurs d’entre eux sont malades.
Selon le porte-parole des planteurs, Vishnu Lutchmeenaraidoo avait, avant les élections générales de décembre 2014, promis de revoir le montant de la compensation offerte à ces planteurs, de leur octroyer des terres à cultiver ainsi qu’un encadrement. « Ces promesses n’ont jamais été tenues », soutient-il. Et d’ajouter : « Il y a trois mois, Vishnu Lutchmeenaraidoo est venu dire à ces planteurs que le gouvernement leur offrira à chacun une portion de terrain d’une superficie de dix perches sur laquelle ils pourront construire leurs maisons. Et qu’ils n’obtiendront pas de compensation. »
Poursuivant, Salim Muthy a également rappelé que le ministère des Coopératives avait offert aux planteurs cinq boeufs dans le cadre d’un projet d’élevage et de “bio-farming”. « Le ministère a repris les boeufs parce qu’un de ces animaux est décédé. Il y a aussi Jagdish Goburdhun, qui nous avait réunis pendant la dernière campagne électorale pour parler politique dans son propre intérêt. Aujourd’hui, il est haut-commissaire de Maurice en Inde et a été décoré par l’État. Et pendant ce temps, nos planteurs n’ont rien obtenu », a-t-il fait ressortir.
Dans le même élan, Salim Muthy soutient que les planteurs ont suivi plusieurs formations en “bio-farming”, « mais ils n’ont pas de terres pour cultiver ». Des planteurs présents ont indiqué être en possession de plusieurs certificats de participation à ces cours, « me zot pa vo nanye ». De ce fait, selon lui, « le secteur agricole est en péril car tous les planteurs sont en difficultés ». Et de poursuivre : « Lorsque les planteurs de Riche-Terre cultivaient leurs terres, le prix des légumes était abordable sur le marché. »
« Le ministère nous dit maintenant qu’il n’y a aucun projet pour nous octroyer des terres et qu’il est préférable pour nous de trouver un emploi », a déclaré une agricultrice, qui raconte sa situation difficile. « J’ai dépensé toutes mes économies dans l’éducation de ma fille, qui n’obtient aucun emploi avec son diplôme obtenu chez EILM », dit-elle. À Salim Muthy de conclure : « Donnez au moins dix perches de terres à chacun de ces planteurs ! ».