Lors d’un point de presse à l’occasion de la Journée mondiale des Infirmiers, célébrée aujourd’hui, la Ministry of Health Employees Union (MHEU) a fait ressortir que le 12 mai n’est pour les Health Care Assistants. « Ce n’est pas une journée de célébrations, mais davantage de revendications. Nous ne pourrons célébrer cette journée que lorsque nous aurons notre dû. » Le ministre de la Santé Anil Gayan a été invité à un événement organisé par la Nursing Association (NA) aujourd’hui à l’occasion de cette même journée. Pour la MHEU, qui déplore que depuis 2011 il n’y ait eu « aucune négociation entre le ministre et le syndicat » sur les conditions de travail, « le ministre ferait mieux d’entrer en négociations avec les syndicats pour prendre connaissance des problèmes plutôt que d’aller dans de telles fonctions ».
« Aujourd’hui, le personnel hospitalier souffre d’un stress accru. Ce problème affecte la productivité. Depuis 2013, nous avons attiré l’attention du ministère à ce sujet et avons proposé plusieurs solutions, comme une carte de santé pour chaque membre, des séances de méditation, un centre de fitness dans les hôpitaux, une crèche… Mais aucune de nos propositions n’a été prise en considération », soutient Amaljeet Seetohul, Health Care Assistant (HCA) et président de la MHEU. Le 12 mai, selon lui, est « l’occasion de rendre hommage à tous ceux qui prodiguent des soins » aux malades. Il rappelle que le 12 mai est aussi le jour de naissance de Florence Nightingale, née en 1820 et issue d’une famille aisée, mais qui a voulu servir l’humanité en prodiguant des soins. Cette dernière est considérée comme étant une pionnière dans l’évolution des soins infirmiers. « La journée des Infirmiers est aussi une occasion de faire le point sur les forces et faiblesses du système. »
Alors que les médecins prescrivent des traitements, poursuit Amaljeet Seetohul, et que les infirmiers exécutent leur décision, « celui qui donne les premiers soins aux patients, c’est le HCA », poursuivant : « Le HCA s’occupe de l’hygiène du patient, de son repas, lui donne ses médicaments… Nous sommes plus d’un millier à Maurice et nous sommes dans tous les départements. Notre présence est vitale. Sans les HCA, le système ne fonctionnerait pas. Par ailleurs, la Santé, aujourd’hui, est en pleine expansion, car il y a une augmentation de patients. Il est donc important que nous disposions d’une bonne formation et d’une structure conforme à la loi du travail. »
La MHEU déplore que les HCA fassent partie « d’un grade d’employés qui se retrouve dans un “no man’s land” ». Amaljeet Seetohul poursuit : « Ils ne sont pas reconnus comme des “nursing officers”. Même les Health Care Attendants se retrouvent dans un cadre précis. Nous avons approché le PRB à ce sujet, mais rien n’a été fait. C’est le seul grade qui, jusqu’ici, n’a pas eu de formation adéquate, qui aurait été tout dans l’intérêt des patients. » Il parle en outre d’un manque de personnel. « Nous avons demandé au ministère de tripler l’effectif. »
Autre problème soulevé : la violence au travail, qui concerne tout le personnel hospitalier. « Chaque jour, on est confronté à des agressions verbales. Là aussi, le ministre fait la sourde oreille. » Le syndicat plaide de plus pour « un environnement sain, car on ne peut faire de compromis quand il s’agit de la santé du public, et il est important de trouver une solution au plus vite ». Amaljeet Seetohul déplore que le Performance Management System (PMS) « n’ait pas sa raison d’être » pour les HCA. « Le PMS évalue la performance de l’employé. Et, pour une bonne performance, il faut la motivation. Or, le HCA est le seul grade dans le secteur de la santé qui ne peut être promu à un autre poste. Cela “defeat the purpose” du PMS. »