Il va sans dire que le processus de développement dans son ensemble est, de façon inéluctable, lié à celui de la population, à leur croissance et leur émancipation tant sur le plan économique que social. Lors de la Journée mondiale de la Population qui a été célébrée le 11 juillet dernier, des organisations humanitaires internationales n’ont pas manqué de mettre en exergue un monde à deux vitesses caractérisé par des inégalités persistantes et des défis de taille qui guettent l’avenir. Le thème retenu cette année par les Nations unies est « un monde de sept milliards » vu que ce chiffre symbolique de la démographie mondiale sera franchi le 31 octobre prochain. Il atteindra, selon les projections, les 9 milliards en 2050 et 10,5 en 2110. Alors que l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine connaîtront un sérieux déséquilibre entre les ressources disponibles et une croissance de leurs populations, l’Europe, en revanche, aura à faire face au phénomène inverse. En effet, pour la première fois depuis la mise en place d’une politique démographique intégrale, le Vieux Continent devrait voir régresser sa population d’ici à 2050 car le taux de natalité y est en déclin depuis 1965.
 À n’importe quelle étape de développement, une augmentation de la population requiert toujours plus de ressources naturelles mais produit également plus de déchets et de pollution. En dépit du fait que la dégradation environnementale est imputée aux États industrialisés, la responsabilité des pays en voie de développement (PVD) ne cesse de s’amplifier. Ainsi, si la tendance actuelle de la croissance démographique et du besoin en énergie se maintient, d’ici à 2025, les PVD et les États émergents doubleront leurs émissions en dioxyde de carbone, d’autant que les pays du nord et du sud n’ont pu accorder leurs violons et dégager un consensus pour la mise en oeuvre d’un programme commun efficace lors des conférences internationales de Copenhague en 2009 et de Cancun de 2010.
 D’autre part, il est évident que ce sont la pauvreté et le surpeuplement qui incitent des communautés entières à s’engager dans des pratiques insoutenables : le déboisement et incendies des forêts, la surexploitation des terres agricoles, l’épuisement des ressources en eau et l’entassement dans des bidonvilles avec toutes les conséquences que cela implique sur les conditions d’hygiène et sanitaires. Des dizaines, voire des centaines de millions de personnes, sont ainsi contraintes à consommer chaque jour l’eau contaminée par les déchets industriels et même par les égouts. Ainsi, toute mesure visant à assainir l’environnement et la santé humaine passe essentiellement par la lutte contre la misère mais, en même temps, contre le mode de vie gaspilleur d’une minorité de privilégiés. Car le milliard de gens les plus riches de la planète consomme le plus de ressources disponibles et produit le plus de déchets. Et les 2 milliards de personnes démunies, luttant pour leur survie quotidienne, ont le plus grand nombre d’enfants, presque tous condamnés à grossir éventuellement les rangs de la pauvreté et la malnutrition.