JOURNÉE MONDIALE DE LA SANTÉ MENTALE : Ces associations à votre écoute

Dépression, stress, schizophrénie, addictions, démences, trouble bipolaire... Selon une estimation, il y a aurait à Maurice, selon le ministère de la Santé plus 15 à 18% de personnes touchées par les troubles mentaux. Elle touche les personnes de tous les âges et de tous les horizons. Pour améliorer le quotidien des personnes atteintes de troubles mentaux, de nombreuses associations proposent des conseils, des services et des actions répondant à leurs attentes. La Journée mondiale de la santé mentale célébrée le 10 octobre est l’occasion de vous présenter quelques-unes des associations à Maurice oeuvrant pour le bien-être et l’épanouissement de ces personnes vivant avec des troubles mentaux.

 

Association Dominique Savio
Le handicap intellectuel porte des noms divers : épilepsie, trisomie, autisme, et chacun d’eux nécessite des soins et le plus important est l’accompagnement personnalisé afin de progresser vers le plus d’autonomie possible. Les associations constituent des acteurs essentiels dans le domaine du handicap. Certaines d’entre elles, comme l’association Dominique Savio, a pour mission d’oeuvrer pour le bien-être et la réhabilitation des personnes porteuses d’un handicap intellectuel âgées de 15 ans et plus, dans le but de les aider à vivre leur vie au mieux, malgré leur handicap. Dans l’établissement de Beau-Bassin ouvert de 9h30 à 14h30 du lundi au vendredi, ces personnes accèdent aux activités disponibles : informatique, foot, lecture, écriture, natation, yoga, athlétisme, menuiserie et artisanat.
Tout a commencé en 1999, quand Marlène Mineur, une habitante de Stanley, Rose-Hill, constate que les habitants de sa localité gardent leurs enfants porteurs d’un handicap intellectuel à la maison par manque de ressources. Avec l’aide de son curé, elle ouvre le centre Dominique Savio avec 7 élèves et 3 bénévoles à la cure de St Anne en janvier 2000. En 2002, Désiré Flore, lui-même porteur d’une déficience intellectuelle, met sa maison à la disposition de l’association. Le centre fonctionne avec 5 animateurs à temps plein et 4 à temps partiel.
Depuis 2005, les volontaires reçoivent un argent de poche. La quête annuelle, le NGO Trust Fund, les dons individuels, et l’écolage des membres constituent leur source de financement.
 
Autisme Maurice
Pour soutenir les autistes et aider leurs parents, de nombreuses associations proposent des conseils et des services répondant aux attentes des malades et de leur entourage. L’association Autisme Maurice a été créée en novembre 2009 découlant d’un besoin des parents d’enfants porteurs d’autisme et autres troubles de développement, de se regrouper pour combattre l’ignorance, l’indifférence et le manque de structures et d’accompagnement pour leurs enfants. Selon l’association, la prévalence à Maurice est le même qu’au niveau mondial, c’est-à-dire 1% de la population (1 sur 68 aux Etats-Unis). Et touche tous les âges. « L’autisme est un handicap, un spectre qui touche tous les âges, et cela dès la naissance. L’enfant naît autiste, il ne le devient pas. La différence c’est que les signes/symptômes (retard de langage, troubles du comportement, trouble de la socialisation) ne se remarquent pas avant que l’enfant ait atteint l’âge de 15 mois minimum. Il/elle restera autiste toute sa vie, avec toutefois de nettes améliorations de son état si détecté et prise en charge de façon précoce », nous dit Géraldine Aliphon, directrice Autisme Maurice.
Un accord de jumelage avec l’association Autisme Reunion a été signé le 2 avril 2011 à Maurice, suite à une rencontre fructueuse entre parents des deux associations lors d’un colloque sur l’autisme tenu en mai 2010 à l’île de la Réunion. A travers ce jumelage, Autisme Maurice bénéficie non seulement d’un plus grand éclairage de la part des médias locaux, ce qui fait avancer la cause, mais aussi de l’expérience et de connaissance plus poussées des professionnels d’Autisme Réunion, concernant la formation et la mise en place de structures pour les autistes. En 2012, l’association ouvre une école spécialisée en autisme à Rose-Hill ainsi qu’un centre de diagnostic sur l’autisme. Objectif : améliorer la qualité de vie des enfants autistes et de leurs familles et proposer une solution éducative aux enfants autistes. Elle compte 6 classes spécialisées pour les enfants autistes, qui accueillent des élèves de 5 à 20 ans à Rose-Hill, Quatre-Bornes, Montagne-Longue. L’ouverture de classes intégrées dans des écoles de l’Etat est un des principaux projets d’Autisme Maurice.
 
Friends in Hope
Située à la rue Victor Hugo, Beau-Bassin, Friends in Hope est une association qui, depuis 1997, accueille, écoute, soutient, et accompagne les patients vivant avec des troubles mentaux, ainsi que l’entourage de ces derniers. A son centre du jour et de réhabilitation, Friends in Hope offre des activités thérapeutiques pour ces adhérents : elle compte en moyenne 30 bénéficiaires qui viennent régulièrement au centre. Ces derniers apprennent à mieux comprendre les symptômes de leur maladie et comment vivre avec. L’objectif principal du centre est de les aider à la réinsertion sociale et professionnelle. Organisé et centré autour des bénéficiaires, le Day Centre offre, du lundi au vendredi des activités thérapeutiques : soutien psychologique, thérapie de groupe, musicothérapie, activités sportives, art et créativité, relaxation ainsi que des sorties. Après que les bénéficiaires qui ont suffisamment progressé ont suivi un programme, leur intégration sociale est facilitée à travers divers ateliers : art et créativité, cuisine, jardinage, librairie et entretien. Friends in Hope a aussi pour mission de déstigmatiser les troubles psychiatriques. Par ailleurs, l’association souhaite aussi mettre une résidence à la disposition des personnes atteintes de maladies psychiatriques.

 
Sensibiliser aux “mental health problems at work”
Organisée par l’OMS, la Journée mondiale de la santé mentale est célébrée chaque année le 10 octobre. Après avoir lancé l’année dernière une campagne d’une durée d’un an sur le thème “La dépression : parlons-en”, l’organisation cette année se penche sur le thème “Mental health problems at work”.
Le travail joue un rôle important dans la promotion de la santé mentale. Il peut être une source de plaisir et de bien-être psychologique ou bien une source de problèmes de santé physique et mentale. Les problèmes de santé mentale sont les principales causes d’absentéisme au travail, de la perte d’emploi, des prises de retraite anticipée et d’hospitalisation. Selon le Dr Abdullah Gopee, psychiatre à l’hôpital Brown Sequard, divers signes indicateurs permettent de déceler les signes des problèmes de santé mentale au travail : la dépression, le burn-out, l’anxiété, le surmenage. D’autres troubles comme les troubles psychotiques peuvent aussi apparaître.
Pour le Dr Gopee, de nombreux facteurs provoquent les problèmes de santé mentale au travail : “Il y a parfois le overload of work, le fait de travailler sous pression, le stress. Mais aussi son contraire, c’est-à-dire pas assez de travail, l’oisiveté; ce qui provoque l’ennui, qui à son tour peut être une porte ouverte vers la dépression. Les conflits avec son supérieur ou ses collègues peuvent aussi être responsables de problèmes de santé mentale au travail. Ces problèmes peuvent aussi survenir lorsqu’il y a un déséquilibre entre la maison et le travail”, dit-il. Pour le psychiatre, il est important de détecter les symptômes. “La dépression par exemple se caractérise souvent par la tristesse, une perte d’intérêt ou de plaisir, un sommeil ou un appétit perturbé, le repli sur soi, une certaine fatigue et des problèmes de concentration”. La dépression peut perdurer et entraver ainsi de façon substantielle l’aptitude d’un individu à fonctionner au travail ou à faire face à sa vie quotidienne. À son paroxysme, elle peut conduire au suicide.
Elle touche plus de 350 millions de personnes, tous âges confondus, dans toutes les communautés, et contribue de manière importante au fardeau mondial de mortalité. L’objectif de la campagne sur la dépression, d’une durée d’un an et qui se termine le 10 octobre prochain, était de faire en sorte que davantage de personnes souffrant de dépression dans le monde entier demandent et bénéficient d’une aide.
 
15 à 18% de la population touchée
Maurice environ 90 000 patients suivent un traitement à l’hôpital psychiatrique Brown Sequard, ce qui représente 7.5 % de la population locale. Prenant en considération les 5 hôpitaux généraux, les AHCs et le nombre de patients suivant un traitement psychiatrique en privé, le ministère de la Santé estime que 15-18% de la population mauricienne suivent un traitement psychiatrique.