Au départ, tous les espoirs étaient permis. L’équipe de Maurice, comparée à 2007, s’était offert un peu de sang neuf avec l’arrivée de Gary Guillaume, Jonathan Charlot, Christiane Legentil ou encore Annabelle Laprovidence. Puis, une grosse partie des judokas de la sélection était partie en stage de six semaines en France avec une tournée dans plusieurs clubs, amis du judo mauricien avec comme seul objectif de multiplier les partenaires d’entraîneurs afin de développer le côté combatif des judokas. Ensuite sont arrivés les Jeux et c’est la douche froide.
Rien que trois médailles d’or sont tombées dans l’escarcelle mauricienne sur les cinq ou six prévues au départ. Joseph Mounawah, qui voulait la médaille d’or dans la compétition par équipe hommes comme cadeau de départ en tant qu’entraîneur national, a de toute évidence regagné Maurice très déçu.
Il est vrai que le niveau de l’arbitrage pour la compétition de judo, comme dans d’autres disciplines, était catastrophique, mais il est aussi vrai de dire que bon nombre de judokas mauriciens n’ont pas cru en leurs chances sur le tapis à Mahé. À l’image même de Christiane Legentil chez les moins de 52 kg, qui a été amorphe face à une Natacha Bénard qu’elle a pourtant battue à maintes occasions ces derniers mois.
Dans le même registre, on peut inclure Mike Rigobert (-90 kg), qui n’a aussi pas cru en ses chances, alors qu’il avait en face de lui un Thierry Grimaud vieillissant, mais surtout très sur la défensive en raison d’un problème aux côtes. Idem pour Marie-Michèle Godin en moins de 78 kg qui s’est laissé prendre comme une débutante.
Tout cela pour dire que les plans et les stratégies mises en place avant le départ ont foiré, et il va sans dire qu’il y aura des décisions importantes à prendre une fois que l’équipe sera de retour. En effet, il y a d’abord la question du retrait de Joseph Mounawah à régler et aussi celui de Nicolas Hery.
Ce dernier, qui est à Maurice depuis 2007, ne semble pas en mesure d’apporter grand-chose à cette équipe de Maurice. Si on doit l’utiliser, il faut bien le cadrer dans un système de formation. Il ne faut pas oublier que le Pôle Espoir, sous le Trust Fund For Excellence In Sports (TFES), lancé sous sa responsabilité, n’a pas fonctionné comme il le fallait.
Un motif de satisfaction : la prise de pouvoir des jeunes. Les médailles d’or d’Annabelle Laprovidence et de Sarah Sylva et, à un degré moins, celle de McLeod Paulin, augurent de bonnes choses. Mais les résultats dans les quatre prochaines années vont beaucoup dépendre des décisions qui vont être prises dans les semaines qui suivent, tant par la Fédération mauricienne de judo que par le ministère de la Jeunesse et des Sports.
L’arrivée d’un technicien étranger de calibre est plus que jamais nécessaire. Le statut quo suite à ce rendez-vous seychellois n’est pas rassurant.