Aurore Gros-Coissy, une jeune Française de 28 ans, est sortie des prisons mauriciennes, mercredi dernier, après y avoir passé les quatre dernières années pour une charge d’importation de Subutex, une drogue considérée comme dure, dans le pays. Elle avait été condamnée en première instance par le juge Bobby Madhub, en Cour suprême, mais, la Cour d’appel a finalement cassé la condamnation sur la base que le jugement de Madhub ne pouvait tenir.
Selon le panel de la Cour d’appel, composé du Senior Puisne Judge Eddy Balancy et des juges Chui Yew Cheong et Jugessur-Manna, “par moments, le jugement du juge Madhub avait été “hardly intelligible’”.
“Le juge s’est impliqué dans un exercice principalement basé sur des conjectures et il a tiré des conclusions défavorables à l’accusée (Aurore-Coissy) à partir de faits qui n’avaient pas de pertinence sinon que peu de signifiance”, écrit la Cour d’appel.
Originaire de Saint-Romain-de-Popay dans le département du Rhône, la jeune Aurore-Coissy avait été arrêtée à sa descente d’avion à l’aéroport SSRN, le 19 août 2011. Depuis, elle avait toujours affirmé qu’elle croyait que des colis que lui avait confiés son petit ami mauricien pour être remis à la mère de ce dernier contenaient des biscuits. Or, les douaniers devaient découvrir 1680 comprimés de Subutex.
Pour le juge Madhub, Aurore Gros-Coissy savait ce que contenaient ses valises et était donc coupable.
“Il est vrai que la présence de la drogue dans ses valises joue contre l’accusée, mais cela ne constituait pas une preuve suffisante qu’elle savait. The assessment of evidence by the learned judge in the present case is so flawed that his conclusion that the accused knew about the presence of the drug in her suitcase cannot be allowed to stand. Nous sommes également d’avis que la preuve produite ne pourrait même pas raisonnablement mener à la conclusion que l’accusée aurait dû être au fait d’une telle présence”, ont fait ressortir les trois juges.
Aurore Gros-Coissy est rentrée dans son pays, hier après-midi, après s’être accordé trois jours de détente à Maurice au grand dam des autorités de l’Immigration qui, elles, avaient, dans un premier temps, insisté pour qu’elle parte dans les trois heures suivant sa libération.
C’est Me Rama Valayden qui a obtenu la libération de la Française.