2015 aura été sans conteste l’année du badminton. Que ce soit aux Jeux des Iles de l’océan Indien, à La Réunion, ou dans les compétitions africaines, les badistes ont été nettement à la hauteur des espérances. C’est donc tout à fait normal que le titre de Sportif de l’année de Week-End 2015 ne pouvait échapper à un badiste. Et s’il y a bien une joueuse qui s’est élevée bien au-dessus du lot, c’est bien Kate Foo Kune. Il faut cependant reconnaître que la badiste s’est imposée d’une courte tête devant le sauteur Jonathan Drack de l’Association mauricienne d’Athlétisme (AMA), premier athlète a avoir gagné sa place pour les Jeux olympiques de l’année prochaine à Rio au Brésil et finaliste des derniers Championnats du monde de Pékin en Chine. Contrairement à Kate Foo Kune, Jonathan Drack,lui, n’est  pas parvenu à faire un podium, hormis les JIOI. C’est donc en toute logique que ce titre lui a été décerné, alors que la cycliste Kimberley Lecourt de Billot complète elle le podium.
Intraitable, Kate Foo Kune l’aura été pendant toute l’année 2015. Et pas uniquement aux JIOI où elle a d’ailleurs tout raflé avec les trois médailles d’or possibles chez les dames notamment le simple dames,le double dames et  la compétition par équipe. Car au niveau africain, elle aura également fait parler toute sa classe en s’imposant lors des Jeux africains, au Congo-Brazzaville. Elle est devenue la reine d’Afrique en s’offrant la médaille d’or en simple dames et aussi dans la compétition par équipe, sans oublier l’argent dans le double dames. Quoi demander de mieux à celle qui occupe actuellement la première place au classement africaine et le 25e rang au niveau mondial.
Plus très loin des JO
Si ce n’est que de se qualifier pour les JO de Rio. C’est d’ailleurs sa priorité, voire son rêve d’être présent, l’année prochaine, au Brésil pour côtoyer le gratin mondial à la plus prestigieuse des compétitions planétaires dont rêve tout athlète. Avec sa place de No.1 africaine, Kate Foo Kune a toutes les cartes en main et il faudra maintenant se battre jusqu’au bout et conserver ce précieux fauteuil, afin de valider son billet. Ce qui serait une juste récompense pour une athlète qui a toujours fait preuve de détermination, de sérieux et d’abnégation pour se retrouver là où elle se trouve aujourd’hui. Sans compter le soutien inconditionnel de ses parents, Cathy et Jacques Foo Kune, médaillés d’or en double mixte aux JIOI de 1985 à Maurice, et sa soeur Karen, elle-même une ancienne championne qui a fait honneur au pays au niveau international à maintes reprises. De la 71ème place mondiale en décembre 2014 à celui de la 25ème place, Kate Foo Kune a démontré qu’il faudra effectivement compter avec elle.
A la deuxième place de ce classement, on retrouve un certain Jonathan Drack. Malchanceux lors des Jeux du Commonwealth de 2014 à Glasgow en Ecosse où il avait été contraint de déclarer forfait pour cause de blessure, le spécialiste du triple saut a pris une nouvelle dimension cette année et ce, après avoir trouvé le bon tempo avec le soutien du staff médical de son club de Toulouse en France, le CA Balma, mais aussi grâce à ses camarades de clubs et son encadrement technique, plus particulièrement son entraîneur Dominique Hernandez. Depuis, Jonathan Drack semble avoir trouvé des ailes comme en témoignent ses performances réalisées, cette année.
Il a d’abord fait tomber un record national vieux de 21 ans, notamment celui détenu par Vissen Mooneegan depuis les Jeux  du Commonwealth de 1994 à Ottawa au Canada avec un saut de 13m35. Aux Championnats de France Elite du 12 juillet dernier à Villeneuve d’Ascq à Lille, le Mauricien avait d’abord réalisé un saut de 16m44, avant de sauter à 16m53. Ce record national, il n’a jamais cessé de l’améliorer en cette année 2015. Aux Jeux des Iles à La Réunion, il a même réalisé un saut d’anthologie avec un 17m05. Epoustouflant certes, mais pas homologués en raison d’un vent trop favorable  (+3.6 m/s). Malgré cela, il avait facilement surclassé les concurrents dans la mesure où le médaillé d’argent, le Réunionnais Stéphane Greze n’avait pu que faire 15m61 malgré un vent favorable également (+4.0 m/s).  
Ce qui est encore plus important, c’est que Jonathan Drack a déjà validé son ticket pour les JO de Rio en réalisant le minima A (16m90) après avoir réalisé un nouveau record national en août dernier, avec un saut de 16m96 à Castres. Son objectif est de très vite sauter au-delà des 17m et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est plus très loin. Car pour lui, il est très important de pouvoir rallier Rio en août prochain en ayant réalisé, bien à l’avance cette marque. Ce qui le placerait dans de très bonnes conditions avant ce concours. Lui qui disait que tout était possible dans une épreuve de saut si le concours avait été bien préparé avant les Mondiaux, alors qui sait…
S’il y a bien une athlète qui a surpris plus d’un, cette année, plus précisément lors des derniers Jeux africains du Congo-Brazzaville, c’est bien Kimberly Lecourt de Billot. A 19 ans seulement, elle est devenue la reine de la « petite reine », après avoir triomphé lors de la course en ligne. Une grosse performance pour cette cycliste qui ne cesse de gravir les échelons depuis plusieurs mois déjà. Avant d’arriver à cette belle médaille d’or, Kimberly Lecourt de Billot a eu l’occasion de participer, l’année dernière, aux Jeux olympiques des jeunes à Pékin en Chine où elle a fini parmi les cinq premiers. Elle a également remporté l’une des plus grandes courses classiques en Afrique du Sud, soit la « Amashova ». Son objectif est de pouvoir représenter le pays lors des prochains JO de Rio et pour ce faire, elle ne compte rien laisser de côté. Elle a d’ailleurs signé avec le club sud-africain de ….où elle s’entraîne à un rythme très élevé.
Le TFES toujours présent
Hormis ce beau podium, ils ont été nombreux à avoir brillé au cours de cette année, à commencer par inoxydable Fabrice Bauluck de la fédération mauricienne de kick-boxing qui, en dépit du fait de n’avoir pu retenir son titre de champion du monde seniors, a décroché une médaille de bronze aux Mondiaux de Serbie. Le décathlonien Guillaume Thierry  s’est aussi distingué avec une médaille d’or aux Jeux d’Afrique après une d’argent, il y a quatre ans , à Maputo au Mozambique. Bel exemple de courage et de persévérance de la part de cet athlète hors pair. Yannick Lincoln, malgré ses 32 ans, a pu enfin s’offrir un billet pour être présent à Rio, l’année prochaine. Ce ne sera pas en cyclisme, mais bien en VTT et ce, après avoir décroché sa qualification à la faveur de son deuxième rang au classement africain. Sans oublier le nageur Bradley Vincent, lequel a déjà réalisé les minima B pour les JO et qui a pour objectif de réaliser les minima A.
Comme ce fut le cas, l’année dernière et ce, à l’heure d’établir notre liste de sportif de l’année, nos lecteurs constateront, une fois encore, que nombre de ces Sportif de l’année de Week-End 2015 sont des bénéficiaires du Trust Fund for Excellence in Sports (TFES). Sans le soutien de cette organisme et surtout la vision, il est quasi-certain que les résultats obtenus au niveau international n’aurait pas été de la même ampleur. Que certains le veuillent ou non, le TFES a su, à travers sa politique bien établie et bien définie, tailler, avec le soutien du gouvernement et du secteur privé surtout, un programme pour ses bénéficiaires, menant vers l’excellence.
Derrière ce gros chantier, on saluera le travail d’un homme, Michael Glover, Chief Executive Officer et lui-même ancien ministre de la Jeunesse et des Sports. Depuis la création du trust en 2003, il ne s’est jamais départi du moindre effort et ce, avec le soutien de ses proches collaborateurs et du président de cet organisme, pour mettre les athlètes devant. 12 ans après le TFES un modèle même de réussite comme en témoignent les nombreuses performances réalisées au cours de cette année 2015. Gageons à ce que certains en prennent bon exemple pour booster davantage les athlètes vers le très haut niveau.