KAYSEE TEEROOVENGADUM, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L'AMVB ET PRÉSIDENT ZONE 7 : « J'ai pris la décision de ne pas constituer d'équipe pour ces élections… »

L'espoir est permis, dit l'adage. Après plusieurs années, Kaysee Teeroovengadum, secrétaire général de l'AMVB, a décidé d'ouvrir ses portes à Week-End pour une interview. Un exercice qui s'est déroulé dans son bureau du Comité olympique de Port-Louis, en début de semaine, et qui nous a permis d'évoquer quelques questions d'actualité avec celui qui occupe également la présidence de la Zone 7. Le sujet de l'Assemblée générale élective de l'AMVB a notamment été au centre des discussions, Kaysee Teeroovengadum confiant qu'il n'y aura pas « d'équipe » pour contrôler la fédération. « J'ai pris la décision de ne pas constituer d'équipe pour ces élections… », nous annonce-t-il. Démarche électoraliste ou tentative de coup d'éclat de celui qui reste le mal-aimé du volley-ball mauricien ?

Kaysee Teeroovengadum, cela fait un certain nombre d'années que vous n'avez pas accordé d'entretien à Week-End. Pourquoi avoir accepté cet exercice de questions-réponses ?
(L'air étonné) Sans doute est-ce une question de compréhension mutuelle. C'est vrai de dire que cela fait longtemps, très longtemps même, que je ne me suis pas adressé à Week-End. Mais cet état de choses était les conséquences de beaucoup de mauvaises interprétations de part et d'autre. Comme on dit, l'eau a coulé sous les ponts et j'espère que cette interview me permettra de mieux me faire comprendre.

Vous êtes quand même un peu, voire beaucoup, allergique aux critiques…
Au départ sans doute. Mais l'expérience m'a démontré que les critiques, qu'elles soient bonnes ou mauvaises, m'ont permis d'avancer. J'espère aller dans la bonne direction.

Vous voulez dire que vous avez changé et que ce Kaysee Teeroovengadum qui sanctionne à tout-va ceux qui se mettent sur son chemin n'est plus ?
(Éclats de rire) C'est une mauvaise perception de ma personnalité. Quand on assume un poste de responsabilité, il faut aussi assurer les bonnes comme les mauvaises décisions. Mais Kaysee Teeroovengadum n'a jamais pris de décision seul, y compris celles qui ont sanctionné au sein du volley-ball mauricien.

Venons-en maintenant à l'actualité de cette discipline. Vous êtes le président de la CAVB Zone 7, quels sont vos sentiments sur le déroulement du championnat de la Zone 7, qui s'est tenu à Maurice du 26 novembre au 3 décembre 2016 ?
Je suis plus que satisfait de l'organisation de ce championnat qui a vu la consécration de Madagascar et des Seychelles. La réussite de cette compétition a été avant tout le fruit du travail d'une équipe soudée et je dois remercier en premier le secrétaire de la zone, Jean-Michel Dedans, qui a abattu un travail énorme au sein du comité de contrôle et comme trésorier de l'AMVB, organisatrice de la compétition. À ce propos je dois aussi dire qu'il reste un homme passionné par le volley-ball et fait un excellent travail dans la zone pour un contrôle rigoureux des compétitions en salle ou de beach-volley.
La fédération, avec Feyzal Bundhun, a aussi assumé ses responsabilités en mettant sur pied une équipe de volontaires pour que toutes les conditions soient réunies afin qu'il y ait une compétition de ce niveau. D'autant que les sponsors, Vélogic, Crystal et Go Sports nous ont assuré un soutien indéfectible.

Autant de satisfaction de la part d'une personne qui assume la présidence de la zone ne nous étonne pas…
Il ne faut pas que vous soyez étonné, car c'est mon devoir de rendre hommage à ces personnes, dont la plupart sont des inconnus. Car sans eux, cette compétition n'aurait pas été possible. Le public et les journalistes ont toujours tendance à voir la compétition et ses manquements, mais vous oubliez la somme de travail qu'il y a derrière et le nombre de personnes nécessaire pour faire bouger une structure organisationnelle.

Vous êtes donc aussi satisfait du niveau de l'arbitrage de cette compétition ?
Je sais dans quelle direction vous voulez me conduire avec cette question. Ce n'est pas pour me défendre, mais sachez avant tout que nous étions en manque d'arbitre pour ce championnat. La délégation malgache est arrivée sans arbitres. Le responsable de l'arbitrage, Rohit Caullychurn, a eu toutes les peines du monde à classer les arbitres tout en prenant en ligne de compte les considérations de chaque match. Surtout que le premier jour, nous étions aussi à court de juges de lignes. Il a fallu prendre des décisions drastiques afin que la compétition puisse commencer le premier jour.
Malgré quelques manquements inhérents à une compétition de ce niveau, je reste très satisfait du travail des arbitres, qui ont assuré le beau jeu et pris des décisions spontanées et courageuses. Et également lourdes de conséquences.

L'arbitrage a malgré tout été l'objet de critiques acerbes. On comprend mal votre satisfaction…
Sans arbitre, il n'y a pas de compétition. L'arbitrage a été pointé et sera toujours pointé du doigt dans une défaite. Mais on ne peut pas critiquer l'arbitrage qui a sanctionné les mauvais gestes des joueurs ou de leurs proches. Il y a un dicton qui dit, à chacun son métier et les vaches seront bien gardées. Donc, si chacun assume sa responsabilité dans une compétition, il ne devrait pas y avoir de problème.

Nous avons noté une bonne initiative de l'AMVB avec le live streaming de cette compétition. Comment cela a-t-il marché au niveau de la connexion ?
Je considère qu'effectivement l'AMVB a frappé un grand coup avec le live streaming de cette compétition. Vous ne vous rendez peut-être pas compte, mais cette simple initiative a placé Maurice dans la cour des grands en ce qui concerne le marketing du volley-ball et de la Zone 7. Du reste, la FIVB et la CAVB ont toutes deux diffusé nos vidéos sur leur site web. Pour une première, j'estime aussi satisfaisant le nombre de connectés.

Vous êtes à la tête de la zone 7 depuis 2005, ne considérez-vous pas avoir fait votre temps ?
Vous savez, le vin se bonifie avec le temps. Certes il est vrai de dire que je suis à la tête de la Zone 7 depuis 2005, mais je pense que si j'y suis encore, c'est que les membres sont satisfaits. Aujourd'hui nous avons une zone qui est stable et structurée et la Zone 7 a une belle notoriété au sein de la FIVB et la CAVB. La communication entre les membres s'est améliorée considérablement. Mon mandat termine en 2019 et les membres prendront leurs décisions.

Parlons de l'actualité la plus importante du volley-ball mauricien : l'Assemblée générale élective de l'AMVB. L'équipe de Kaysee Teeroovengadum est donc plus forte que jamais ?
Cette actualité dont vous mentionnez est prévue pour le 22 décembre à 18h30 au siège de l'association, à Vacoas. Laissez moi vous dire que depuis 2002, j'ai toujours participé à la constitution ou à constituer moi-même une équipe pour diriger la fédération. Aujourd'hui, ce temps est révolu. J'ai pris la décision de ne pas constituer d'équipe pour ces élections…

… Kaysee Teeroovengadum, croyez-vous que Week-End avalera cette couleuvre ?
Ce n'est certainement pas une couleuvre que je cherche à vous faire avaler. Ni à vous ni à personne d'autre.

Qu'est-ce qui motive une telle démarche alors ?
Après avoir bien analysé la situation, et de par mon expérience de ces quatre dernières années, j'ai pris la ferme décision de ne pas constituer d'équipe pour ces élections du 22 décembre. Je suis de ceux qui croient désormais que le concept d'équipe a fait beaucoup plus de tort que de bien à la discipline. Aujourd'hui il faut encourager les gens à se porter candidat rien qu'en raison de leurs compétences, car le concept d'équipe bloque le dynamisme et encourage davantage les parasites. Pour preuve, regardez les documents de notre Assemblée générale. Vous verrez que chaque candidat aura à se présenter à l'assemblée pour dire ce qu'il compte faire pour la discipline s'il est élu. Cela donnera la chance à l'assemblée de l'évaluer avant de voter.

Vous avez évoqué dans votre réponse « les parasites ». C'est donc un sentiment de dégoût qui vous motive, ou est-ce le cas logé en Cour suprême par votre frère et ancien président de l'AMVB qui est à la base de cette décision ?
Ceux qui me connaissent vous diront que je ne baisse jamais les bras même quand je suis au plus bas. J'ai été président de l'AMVB de septembre 2003 à décembre 2012. J'ai pris le poste de secrétaire général en 2013 pour assurer une continuité, car j'avais placé quelqu'un de nouveau à la présidence. La suite de l'histoire, vous la connaissez mieux que moi, car vous avez écrit dessus dans votre journal. L'AMVB fait désormais face à une affaire en civil, avec en toile de fond que j'ai forcé Bharun Teeroovengadum, qui se trouve être mon grand frère, à démissionner. Cette situation est pour moi à la fois rigolote et fortement ennuyeuse. Car j'ai imposé un président en 2013. Et j'ai décidé que tout cela doit cesser.

Un président sans groupe et sans leader, n'est-ce pas la défaite assurée et une porte ouverte à toutes les guerres après la constitution du comité de direction ?
C'est dans le domaine du possible. Mais pour la bonne direction d'une discipline, il est important d'évoluer dans une atmosphère paisible et de compréhension. Un leader qui n'est pas président peut aussi engendrer des conflits au sein du groupe, ce qui n'est pas non plus une bonne chose. À vrai dire, c'est un des facteurs qui m'a poussé à ne pas constituer une équipe. De ce fait, le président, une fois élu, pourra assumer pleinement ses responsabilités et son autorité.

Il va sans dire que vous vous préparez à assurer, à nouveau, la présidence de l'AMVB puisque vous vous définissiez comme un leader ?
We will cross the bridge when we meet it.

Votre réponse veut tout dire ?
On verra.

Cette décision aura des conséquences…
Je le sais parfaitement et, comme je vous l'ai dit, je vais assumer mes responsabilités.


Assemblée générale élective de l'AMVB
Un nouveau président à l'ordre du jour ?

  •  Les candidats seront appelés à s'adresser à l'assemblée avant l'élection
  •  Les six candidats de D2 élus d'office, tout comme celui de Rodrigues, seul comité régional en lice

Cette fois, pas de lieu classe ni d'hôtel. L'Association mauricienne de Volley-ball (AMVB) tient son Assemblée générale élective ce jeudi 22 décembre dans ses locaux au gymnase de Vacaos, en vue d'élire un nouveau comité directeur pour la période 2017-2020. Rendez-vous est donné à 18h30, où on pourrait assister à un drôle de spectacle. Sans doute plombée par les mauvaises expériences du passé ou encore par l'absence d'un leader capable de renverser la vapeur, cette assemblée ne connaîtra pas de réelle élection pour élire les représentants de la D2…
Selon nos informations, sur les sept postes à pouvoir au sein du comité de 15 membres, il n'y a eu que six candidatures. Ce qui veut dire primo que le prochain comité directeur de l'AMVB ne sera composé que de 14 membres. Secundo, est-ce vrai que la question d'équipe ne se pose plus au sein de cette fédération, comme nous l'a déclaré Kaysee Teeroovengadum, secrétaire général l'AMVB, dans l'interview qu'il nous a accordé cette semaine ?
Pour le moment, nos informations glanées auprès des clubs nous laissent comprendre que Jean-Claude Dedans de Busvell VBC, Kaysee Teeroovengadum de l'Association Sportive Baie du Cap ou encore Bryan Mootoosamy de l'Association Sportive de Vacaos-Phoenix, sont déjà IN.
The one and only Rodney Castel
C'est aussi le cas pour Rodrigues, où Rodney Castel est le seul représentant des comités régionaux — quasiment inexistant à Maurice alors que les clubs de volley-ball se trouvent dans chaque coin de rue dans les villages de Maurice — pour ces élections. Il sera donc « the one and only » à représenter les régions rodriguaises.
Par contre, la situation est légèrement compliquée au niveau des représentants de la D1. Pour les sept places disponibles, ils seront neuf sur la ligne de départ. Ce qui veut dire que les élections seront nécessaires à ce niveau. Parmi les noms cités, on retrouve en tête de lice le président sortant, Fayzal Bundhun de Port-Louis Red Star, qui a ouvertement déclaré qu'il est candidat à sa propre succession. Ranjit Jokhoo actuellement membre du comité sera à nouveau le représentant du Club Sportif Pamplemousses. On retrouve aussi sur la liste Mervyn Buckland de Margalkhan VBC, Patrice Godère du CSSC et Pascal Virsami d'Azur Sports Club entre autres.
Surprise de taille, nous apprenons que le fidèle lieutenant de Kaysee Teeroovengadum mais aussi l'actuel assistant secrétaire de l'AMVB, Bose Soonarane, n'a pas eu d'investiture de l'Union de Beau-Bassin/Rose-Hill (USBBRH) pour la D2.