Décontracté, Kevin Razy se la joue cool. Ce Franco-mauricien, né en France, ne renie pas pour autant ses origines. Son humour est pertinent, il tacle les maux de la société et s’autorise des dérisions, surtout en ciblant son entourage. « Il y a des choses qu’on ne peut pas faire en France, mais j’ai la chance d’avoir cette double culture franco-mauricienne… », confie-t-il lors d’une rencontre avec la presse.

Kevin Razy a cartonné au Marrakech du Rire de même que sur le plateau de son émission, Rendez-vous avec Kevin Razy, sur Canal +. Il vise à transmettre des messages profonds à travers son humour, tout en racontant l’anecdote où une assistante d’un Call Centre répondait sèchement au téléphone. « On l’appelait la Sarkozette. Je me suis mis à l’imiter et, un matin, elle m’a demandé si c’est ainsi qu’on la voyait. Du coup, elle a radicalement changé de comportement », explique-t-il.

Toutefois, l’humoriste se défend de faire de la provocation. « J’essaie toujours de trouver la bonne formule, j’exerce un travail d’équilibriste et j’opte pour une forme d’humour où tout le monde peut être d’accord. »

Au Marrakech du Rire, avoue Kevin Razy, « on ne peut pas vraiment parler de sexe ». Il poursuit : « Le public reste fermé. Il faut savoir doser l’humour de manière à ce qu’il soit accessible. Partager la scène du Marrakech du Rire avec Jamel Debouze et Gad Elmaleh, qui m’ont inspiré alors que j’étais encore jeune, c’est un truc de dingue car rien ne me prédestinait à un tel avenir. Ma mère n’a jamais eu de doute sur ma réussite. D’ailleurs, même si je voulais être pâtissier, elle y aurait cru. » Et qu’en est-il des humoristes féminines, telles Anne Roumanoff, Florence Foresti ? À cela, Kevin Razy répond : « Florence fait dans l’humour intelligent, Roumanoff est géniale et il y a aussi Nawad Naddi, la Beyoncé de l’humour, qui cartonne. Pour moi, il n’y a pas vraiment d’humour au masculin ou au féminin, mais tout simplement un humour avec un grand H. »

« Utilisez les réseaux sociaux »

Kevin se dit d’emblée touché par l’accueil que lui ont réservé les Mauriciens. Il a d’ailleurs des conseils à donner aux jeunes humoristes mauriciens : « Utiliser les réseaux sociaux car Internet, c’est une vitrine internationale. Faire du théâtre permet aussi de se cadrer. » En parlant de son style d’humour, Kevin Razy souligne que celui-ci évolue avec sa personnalité. « Autrement, les gens ne m’auraient pas suivi. J’ai aussi appris à connaître d’autres types d’humour. » Et quid du One-Man-Show ? Il sourit et reconnaît qu’il rêve aussi de mettre en place une comédie musicale. « Cela me plairait d’avoir une équipe qui dégage un vrai esprit de famille. »

Son One-Man-Show, « Mise à jour », il se base sur certaines expressions typiquement mauriciennes et sur ce qui se passe autour de lui. « C’est incroyable comme on peut jouer avec les mathématiques, du genre to pe fer mo 14 vinn 28. En France, ils ne comprennent pas ce genre d’expression. Je suis aussi assez superstitieux, c’est inné dans la famille. Si on tombe malade, on dira : “Pas disel pou tir lizie, tir mofinn”. Une fois, je me souviens avoir dit que j’avais de mauvaises notes, tir lizie lor mwa et c’est un coup de savate que j’ai reçu. » Il ajoute : « Ce sera assez particulier. Il faut venir assister au show pour comprendre… »

L’humoriste parvient à habiter chacun de ses personnages avec lesquels il compose. Avec lui, pas de demi-mesure, l’homme est à l’aise sur scène aussi bien que dans l’exercice de questions-réponses. Il sourit, rigole, fait des jeux de mots mais surtout reste confiant dans ses projets. « Après Maurice, je reprends mon spectacle au Trianon de Paris. Et, aussi un projet de long-métrage qui parlera des vieux », indique-t-il.