Elle s’est faufilée dans le milieu de la photographie, tête baissée. Khatleen Minerve, 22 ans, en a fait son passe-temps. Ambitieuse et créative, c’est dans les rues de Londres qu’elle découvre son nouveau péché mignon.
“J’avais 16 ans lorsque j’ai flâné dans les rues de Londres. Les expositions m’ont inspirée, et je me suis immédiatement mise à prendre des clichés d’enfants et de vieilles personnes.” Le photographe Norman Jean Roy sera celui qui éveillera son admiration pour les photos de mode mais aussi pour celles de rues.
De retour à Maurice, elle s’exerce avec des amis, dont une certaine Sasha. “Je voulais tenter de faire un premier shoot fashion.” Les photos mises en ligne, elle se fera un nom dans le milieu de la mode.
Emma Grigoryan.
Khatleen Minerve estime qu’elle ne serait jamais là sans la talentueuse photographe Emma Grigoryan : “Emma m’a appris à prendre confiance en moi, à gérer mes clients et mes modèles. C’est vraiment la base d’un bon photographe.” Grâce aux précieux conseils de l’Arménienne, Khatleen Minerve compte aujourd’hui des collaborations avec des photographes comme Karen Pang, Brian Dean, Siddick Mohamed; des mannequins, dont Jasmina Ruben, Delphine Dholah, Emilie Chung, ou encore Sean Craig; et des campagnes pour Envy, Coco Millen, entre autres.
Femmes.
Son atout : être une femme. “Tout est plus simple quand on est une fille. Cela me permet de diminuer les frais parce que je peux moi-même coiffer et maquiller mes mannequins. Et c’est aussi plus simple avec les mannequins femmes car il y a moins de gêne, surtout pour un nude shoot.”
Khatleen Minerve précise qu’il est essentiel de comprendre le mannequin. “J’adore faire des self-portraits. Quand je n’ai rien à faire, je prends la pose, me mets du rouge à lèvres, et je m’imagine en mannequin. Cela me permet de savoir ce que la personne ressent lorsque je lui demande de prendre une certaine pose.”
Dévoiler.
Ancienne journaliste web, elle se décrit comme féministe. “J’aime photographier des femmes. Mon but est de montrer leur sensualité, sans être vulgaire. C’est sûr qu’il faut une certaine chance en photo concernant la lumière par exemple, mais pour les détails, rien n’est le fait du hasard. Je dévoile la femme sous son meilleur jour.”
Elle travaille également avec des hommes, mais trouve qu’ils sont plus complexés. “J’ai aussi des idées de shoot avec des mecs, mais c’est plus difficile d’en trouver. Un jour, j’ai contacté un garçon pour poser avec un style de jupe japonais, mais il a refusé. Pourtant, la photo aurait eu l’air viril.”
Projet.
En préparation pour ses examens qui auront lieu en mai, Khatleen affirme que c’est quand elle est sous pression que les idées de concept fusent dans sa tête. Elle nous confie qu’un gros projet de photographie verra bientôt le jour. “J’y travaille depuis six mois. Je prends mon temps parce que je veux choisir la bonne tête. Je dois tout fabriquer de A à Z. C’est la maison Lionnet et Fauzou qui confectionne la robe que portera le modèle. Mon thème : le noir romantique…”
Métier.
Khatleen Minerve est une jeune femme déterminée. Elle s’investit à fond et sait changer de perspective pour prendre les meilleurs clichés possibles. Bien qu’elle soit un peu stressée, elle est convaincue que c’est un facteur nécessaire pour réussir.
Forte personnalité et bonne attitude : elle a tout pour évoluer dans ce métier. “À Maurice, la photographie est banalisée. Il y a une immense différence entre les prix des photos à Maurice et à l’extérieur.”
Cette étudiante en dernière année de Law and Management à l’université de Maurice veut se faire un nom dans le domaine légal. Elle s’empresse d’ajouter qu’elle connaîtra toujours la vraie valeur de la photographie…