Après 12 ans au poste de Managing Director de Vivo Energy Mauritius, Kiran Juwaheer cède sa place à Matthias de Larminat. Il occupe désormais les fonctions de Indian Ocean Business Development Manager au sein du groupe Vivo Energy. Il évoque la portée de ses nouvelles responsabilités et dit que le projet de “petroleum hub” peut être bénéfique à Maurice.

Quel bilan faites-vous de votre passage chez Vivo Energy Mauritius ?

Mes débuts dans l’entreprise remontent à 1986. Je deviens Country Chair en 2006 pour ensuite occuper le poste de Managing Director en 2011. Au cours des douze dernières années à la tête de la compagnie, nous avons amélioré la profitabilité, ce qui a aussi positivement impacté le cours de nos actions à la Stock Exchange of Mauritius. Nous avons également lancé une série d’initiatives marketing, soutenu plusieurs projets communautaires et amélioré l’expérience client sur nos stations-service. C’est avec fierté que je cède une société saine et dynamique, avec un éventail de produits et services, pour répondre aux besoins de la clientèle. Pendant ces douze années, la sécurité a été au cœur de nos priorités. Ce n’est par hasard que nous affichons un bilan de zéro accident.

Compte tenu de la compétition, Vivo Energy Mauritius a-t-elle été en mesure d’augmenter sa part de marché durant ces 12 dernières années ?

Dans l’ensemble, je suis satisfait de l’évolution de notre part de marché. Bien entendu, nous devons continuer à batailler ferme pour renforcer notre position. Le succès de Vivo Energy Mauritius repose sur un formidable travail d’équipe qui a été mis en place avec le temps et qui est homogène. Nous occupons une position de leader en termes de part de marché, mais je dois d’emblée dire que ce n’est pas là notre quête. La part de marché est une passerelle pour atteindre nos objectifs. Elle ne se résume pas à un objectif final.

Nous sommes toujours à la recherche de ce petit plus pour faire la différence et satisfaire les consommateurs. C’est dans cette logique que nous avons débuté avec les additifs, introduit la Shell Card, la carte de fidélité, les bonbonnes de gaz légères, entre autres. Vivo Energy Mauritius a toujours été à la pointe de l’innovation. Il n’y a qu’à voir les produits et services que nous avons lancés ces dernières années, dont Welcome Online pour faire des courses en ligne.

Un mot sur votre successeur, Matthias de Larminat…

Mon successeur, Matthias de Larminat, possède toutes les qualités requises pour continuer à faire briller la marque Shell à Maurice. Je suis convaincu qu’il va assurer la succession de manière homogène, en préservant nos valeurs existantes et en apportant graduellement son propre style.

En quoi consistent vos nouvelles fonctions ?

Avec ce nouveau poste, je prends des responsabilités un peu plus larges. Je m’occupe du développement du business dans la région, c’est-à-dire dans l’océan Indien et les pays d’Afrique de l’Est. Je serai basé à Maurice, et cela me fait plaisir.

Il s’agit d’un nouveau poste au sein du groupe. Pourquoi Vivo Energy a créé ce poste et quelles sont les ambitions du groupe dans la région ?

Vous constaterez qu’il y a une importante marge de manœuvre pour se développer dans la région d’Afrique, qui est un continent trop souvent sous-estimé et sous-exploité. Nous allons donc chercher de nouveaux débouchés et de nouvelles possibilités pour contribuer au développement, avec en tête de nouvelles formes d’énergie.

Comment se positionne Vivo Energy Mauritius dans le domaine du “bunkering” ?

Le “bunkering” est devenu un domaine très technique aussi bien que compétitif. Technique, à cause des normes strictes y prévalant. Tout petit incident peut être très coûteux et prendre des dimensions internationales. Compétitif, parce que la compétition n’est pas qu’à l’intérieur de Maurice, mais aussi au niveau régional.

Nous avons une bonne approche au niveau national, que ce soit du côté des opérateurs ou encore des autorités compétentes, ce qui est positif. Et Vivo Energy Mauritius joue pleinement son rôle en se dotant d’une logistique de pointe, comme nous l’avons toujours fait. Je dois ici mentionner que bon nombre de gens pensent que le “bunkering” est tout nouveau. Ce n’est pas le cas car nous opérons dans ce domaine depuis des décennies. Nous avons notre barge depuis 1970.

On a beaucoup parlé de “petroleum hub”. Pensez-vous réellement qu’un tel projet serait bénéfique au pays ?

Potentiellement, le projet peut être bénéfique. Cependant, nous devons bien nous concerter avec les autorités pour nous aligner sur les actions prioritaires. Comme indiqué plus haut, c’est un domaine très technique. Il n’y a point de place pour l’amateurisme ou le bricolage. Toute initiative doit être bien négociée, que ce soit avec le port, les Ong et d’autres parties prenantes.