Le Parti travailliste, qui tenait sa conférence de presse hier à son siège à Port-Louis, a commenté l’affaire BAI-Bramer Bank. Avant de réclamer le retour au pays de Dawood Rawat, pilier de la BA Insurance, les rouges ont fait une sortie contre Roshi Bhadain, ministre de la Bonne gouvernance.
“Au nom de la transparence, le ministre Roshi Bhadain devrait rendre public le rapport intérimaire sur le MTC ! “ C’est avec insistance qu’Arvin Boolell, porte-parole du Parti Travailliste, a réclamé la publication de ce rapport. S’il est arrivé à faire cette demande, c’est parce que, déclare-t-il, le ministre de la Bonne gouvernance, qu’il a sévèrement critiqué, est en train de s’octroyer des prérogatives qui ne lui reviennent pas dans l’affaire BAI-Bramer Bank.
Arvin Boolell, très remonté, a reproché au ministre Bhadain “de donner des instructions à des institutions qui sont censées agir en toute indépendance” dans le sillage de l’affaire BAI-Bramer Bank. “Dans ce cas, si le ministre Bhadain croit dans la transparence, qu’il rende public le rapport sur les paris au MTC car, apparemment, il y a des ministres qui en sont concernés ! Le public a droit à la vérité”, a insisté Arvin Boolell.
S’agissant de l’affaire BAI-Bramer Bank, il est revenu sur la révocation de la licence de la banque, entre autres, et a aussi souhaité que “la bataille juridique ne s’éternise pas”, cela au détriment des employés, des détenteurs de polices d’assurance et des épargnants. C’est dans cette optique qu’il a lancé un appel à Dawood Rawat, le grand patron de cet empire financier.
“Malgré le communiqué émis, (…) Dawood Rawat a l’obligation morale de rentrer au pays au plus vite. Sinon, il violera la confiance de la population. La transparence et la bonne gouvernance sont essentielles”, a déclaré le porte-parole des rouges. Par ailleurs, Arvin Boolell dit s’attendre que le gouvernement adopte des positions plus claires sur les intentions de l’État sur cette affaire et revoie “son approche jusqu’ici piece meal”.
Et de se demander : “Y aura-t-il une vente des actions, une forme d’amnistie ? “ Car, entre-temps, dit-il, le PTr a noté que le gouvernement est “en train d’accumuler des faux pas dans cette affaire”. Et met en péril la réputation financière du pays. “Nous sommes victimes de l’amateurisme d’un gouvernement en chute libre”.
Commentant l’appel du ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, vendredi dernier, pour le recensement complet des placements des 24 000 clients du Super Cash Back Gold, Arvin Boolell a déploré le caractère discriminatoire de cet exercice. Il est aussi d’avis que l’emploi du personnel dans les différentes filiales de l’empire Rawat est en péril.
Il estime par ailleurs que des promesses faites par le gouvernement pour la survie de ces emplois ne reflètent pas la réalité, d’où son appel pour une participation massive à la manifestation de demain à Port-Louis. D’autre part, Arvin Boolell a déploré la décision du ministre des Finances d’imposer à la SICOM d’investir dans la création des Smart Cities.
Prenant la parole, le président du parti, Patrick Assirvaden, a d’emblée commenté le meurtre d’Helena Gentil. Il a lancé un appel à Aurore Perraud, ministre du Développement de l’Enfant, pour renforcer la loi et introduire un plan d’ensemble pour protéger les enfants contre des prédateurs.
Patrick Assirvaden s’est aussi dit satisfait que la CID ait pu établir la vérité sur la mort par suicide de Kumar Ramdhony. Rappelant que la mort de celui-ci avait été souvent associée au vol survenu dans le bungalow de l’ex-Premier ministre, Navin Ramgoolam, par sir Anerood Jugnauth, le président du PTr est d’avis que l’actuel chef du gouvernement devrait présenter des excuses au Dr Gungadin pour avoir mis en doute l’expertise du médecin légiste pendant la campagne électorale.
Remonté contre l’ancien ministre rouge Mahen Gowressoo dans le cadre de l’enquête sur l’affaire Betamax, Patrick Assirvaden a fustigé celui-ci pour avoir reconnu son incapacité dans ses fonctions ministérielles. “Premye fwa mo trouv enn ansien minis aksepte li ti enn maryonet (…) pandan 5-an. Misye Gowressoo pe vinn rapel nou misye Gooljaury ! Li pe transfer so responsabilite kom ansien minis lor lezot dimounn. Eski enn meday kapav aste ou ?” s’est insurgé Patrick Assirvaden.
Ce dernier a demandé que Mahen Gowressoo rembourse le salaire qu’il a touché pendant les cinq ans où il a été ministre. “Puisqu’il a été une marionnette et qu’il ne pouvait agir en tant que ministre, il ne méritait pas son salaire. S’il y avait pression comme il l’a stipulé, il aurait dû avoir démissionné”, a déclaré Patrick Assirvaden.