L’AFFAIRE DES PILOTES D’AIR MAURITIUS : Sentiment général : en finir avec l’ego…

Un appel au silence qui gêne

Parviendra-t-on à trouver un consensus dans l’affaire des pilotes licenciés à Air Mauritius le 6 octobre dernier? C’est le souhait émis des deux côtés, pilotes et direction, afin que la compagnie d’aviation nationale retrouve sa sérénité. Cette semaine, Bain Ulyate – licencié en même temps que les commandants Patrick Hofman et Frédéric Gébert, ce dernier ayant repris son poste après des excuses à MK – a adressé une nouvelle correspondance à Air Mauritius, demandant sa réintégration. Des échanges ont eu lieu entre la direction d’Air Mauritius et ce commandant, selon Me Gavin Glover. Toutefois, rien n’a transpiré même si l’on apprend que les discussions sont à un stade avancé sur la réintégration des pilotes. Le cas du commandant Hofman devrait être abordé lors de la 3e réunion du comité ad hoc qui se tiendra ce mardi. En attendant, alors que le sentiment général auprès des deux parties est d’en finir avec l’ego, une consigne cette semaine d’Air Mauritius, demandant à ses employés de ne divulguer aucune information relative à la compagnie, notamment à la presse, est susceptible de raviver le feu. 

De nouvelles négociations sont en cours avec la direction d’Air Mauritius pour la réintégration de pilotes. Du moins, le cas du commandant Bain Ulyate est au centre des discussions du board de MK, après qu’il a cette semaine fait parvenir une nouvelle lettre à la direction d’Air Mauritius pour sa réintégration. Selon son avocat, Me Gavin Glover, qui ne souhaite pas divulguer ni commenter la teneur de la lettre de son client, «les négociations avec MK sont à un stade avancé pour la réintégration des pilotes. Il y a eu des échanges productifs entre les avocats des deux parties.» Rien n’a transpiré, cependant, à ce stade quant à l’issue de ce dossier, si ce n’est, selon Me Glover, que «les échanges entre les avocats des deux parties ont été productifs.»  «Je ne peux pas divulguer la nature des décisions qui ont été prises de part et d’autre. Ce que je peux dire c’est qu’il y a eu des échanges de correspondances entre M. Uylate et MK», explique l’avocat. 
Aucune décision n’a, toutefois, été prise par Air Mauritius à ce stade, Bain Ulyate n’étant pas à Maurice. Il rentre au pays le 28 novembre au lendemain de la réunion du comité ad hoc institué le 23 octobre dernier, sous la présidence de Me Patrice Doger de Spéville, et qui se penche sur le cas des pilotes licenciés depuis le 10 novembre. A Air Mauritius, on laisse simplement entendre que “les travaux du comité se poursuivent.” S’agissant du cas du commandant Patrick Hofman, président de l’Airline Employees Association (AEA), les choses semblent avancer moins rapidement. Il devrait être au centre des discussions du comité ad hoc qui se réunit pour la 3e fois ce mardi.
En attendant, le sentiment général auprès des pilotes et de MK est qu’il faut en finir avec l’ego. Chose pas évidente après la consigne donnée par la direction d’Air Mauritius à ses employés, cette semaine, de ne divulguer aucune information à des tiers, dont la presse, vu qu’Air Mauritius est une compagnie cotée en bourse et que la divulgation d’informations relatives à la compagnie pourrait avoir des effets sur la bourse. «In order to ensure that all information imparted to the public is consistent, accurate, fair and timely, only Chief Executive Officer or duly Authorized persons are allowed to provide information to third parties including media», écrit Air Mauritius.
La compagnie aérienne nationale demande, de même, à ses employés de se retenir de partager «sensitive company information to external stakeholders.» Réclamant par là-même que «all queries should be sent to Corporate Communications.» Air Mauritius prévient également «any non-compliance will result in disciplinary action, including dismissal.» Des consignes plutôt mal accueillies par le personnel estimant cela comme «une tentative de musellement. Les relations industrielles lorsque sont tendues doivent parfois être public surtout pour une compagnie où l’Etat est actionnaire majoritaire, estime-t-on.
Un assainissement de la situation à Air Mauritius est ardemment souhaité par la direction aussi bien que par les employés, mais ce genre d’initiative ne peut que faire remonter la tension…